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Vuzz...

les oeuvres > EPIDEMIES

Vuzz… par P.A. Hourey, Hachette éd., 1955, coll. " le Rayon fantastique " N°53, 1 vol. broché, in-12 ème , 187 pp. couverture illustrée.  roman d’expression française
1 ère  parution : 1955
menaces cosmiques - épidémiesla cité foudroyée

P.A. HOUREY

(1890-1971) Romancier français. A publié dans la collection le Rayon fantastique (autres références?)

Un aérolithe gigantesque s’abat sur la région parisienne écrasant et engloutissant bourgs et campagne sous une chape noire de blocs erratiques en phase de solidification. Sous la pierre lisse et dense bouillonne un magma rougeoyant :
« Humains, animaux, végétaux, l’immense tombe précipitée des espaces célestes les ensevelissait à jamais. (…) par endroits on eût dit  d’immenses icebergs noirs. Brutalement stoppée, la masse s’était fractionnée en éclats gigantesques affectant les formes les plus imprévues. Des lieux, qui, deux jours auparavant, auraient offert des tableaux achevés de paix bucolique, s’étaient mués en champs infernaux parsemé de monolithes, auprès desquels des pierres énormes telles que les rochers de Fontainebleau ou les menhirs de Carnac n’étaient que des petits cailloux. »
Deux journalistes de Paris-Jour, Morfil et Vincendon sont envoyés sur les lieux où un spectacle désolant et grandiose provoque leur étonnement. L’ami de Morfil, le savant Noël Mayen lui avait demandé de rapporter des échantillons de la pierre cosmique. Il n’en aura pas le temps.Comme des milliers d’autres badauds que la curiosité a attiré vers le point de chute, il sera contaminé par le gaz qui s’échappe du minéral en un soupir discret : Vuzz… :
« A ses pieds gisaient des fragments plus ou moins gros du champignon de pierre brisé par le choc. Il en ramassa trois ou quatre de la taille d’une noix pour les examiner de près. Et c’est alors que… la chose se produisit. Comme il plaçait l’un de ces rognons noirâtres bien à portée de son regard, il entendit –et Vincendon l’entendit aussi et se retourna – un petit déclic suivi d’un susurrement aigu, comme d’un gaz qui s’échappe. Vuzz… En même temps, il ressentit à la figure une cuisson légère, comme si une fourmi l’eût piqué.»
La marque distinctive du Vuzz (nom donné par défaut au phénomène) est l’apparition d’un point triangulaire et noir sur la pommette du contaminé. Les symptômes en seront identiques pour tous les êtres humains : d’abord l’apparition d’une exaltation passagère, puis une apathie profonde vaincue temporairement par l’ingestion d’aliments, enfin une totale immobilité se terminant par la mort :
« Une masse compacte d’une vingtaine de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants encombrait la tête de pont, quelques-uns debout, mais immobiles, la plupart assis par terre les uns contre le autres, sans bouger, sans parler - ou trop bas pour qu’on les entendît - tous visiblement dans un état de lassitude extrême. »
L’épidémie se propage à une vitesse formidable par contact direct. Les premiers « vuzzés » en fuite vers Paris, achèveront de contaminer la capitale où la désorganisation sera complète en l’espace de quelques jours, les hommes n’ayant même plus la force de lever leurs bras :
« A l’Etoile, l’arc de triomphe était en partie écroulé. Tout le pilier gauche faisant face aux Champs-Elysées avait cédé, enfouissant sous ses décombres le grand bas-relief de Rude. Il était à prévoir que l’édifice entier, en équilibre instable, s’effondrerait s’il n’était pas étayé à temps. Mais qui donc pourrait, dans les conditions actuelles, entreprendre ce travail ? »
La vie sociale cesse. Morfil sait que son temps de réaction est limité. En des efforts gigantesques, il s’approprie un échantillon de matière noire et, avec son collègue, tente de réintégrer la capitale. Le chemin est couvert de gisants éparpillés. La force publique n’existe plus. Se nourrissant sans arrêt pour progresser, Morfil arrive à l’Institut des recherches cosmiques, trop épuisé pour signaler sa présence à son ami :
« La sueur lui coulait à grosses gouttes le long du visage. Jambes flageolantes, il hésita longtemps avant de lâcher prise et de faire un pas. Par bonheur, le sentier était bordé d’arbustes suffisamment rapprochés les uns des autres et c’est ainsi qu’il put progresser sans risque de retomber, en empoignant une branche après une autre, jusqu’à la route. Pour déboucher sur celle-ci, il dut abandonner son dernier soutien. De nouveau ses jambes ne le portèrent pas et il tomba, brutalement cette fois, sur le bas-côté pierreux. Mais à cent mètres devant lui, il y avait l’imposante masse de l’Institut de la recherche cosmique : cube rose dans le soleil couchant… »
A l’Institut, Noël et sa fiancée Hélène, ont fixé un protocole expérimental. Le jeune savant se fera contaminer et, dans des conditions d’isolement rigoureuses, il lui faudra découvrir le facteur inconnu qui parasite les êtres humains. Il attendra longtemps près de sa fenêtre ouverte qu’un vuzzé veuille bien passer dans les parages. Grâce à Morfil dont la présence lui fut signalée par Hélène, il prit possession des échantillons et se contamina. Couvée anxieusement par la jeune femme, il recherchera sans succès l’agent morbide. Epuisé, il allait sombrer à son tour dans le coma, lorsque Hélène, renversant par inadvertance de l’eau salée,  trouva le catalyseur salvateur :
« Ce qu’elle entend et voit l’immobilise. Les secondes qui suivent, elle ne les oubliera jamais. Elle perçoit un grésillement de sels en effervescence, tandis que sous ses regards, se forme contre la joue de Noël, à l’endroit même où le Vuzz avait apposé son sceau mortel, une petite excroissance sphérique, noire et brillante, comme une bille de jais, laquelle presque aussitôt se détache, roule et s’arrête sur le carrelage au milieu de l’eau salée qui stagne à présent. »
Dès que le sel entra en contact avec la marque noire du Vuzz, celle-ci se retira du corps humain, se transformant en une petite bille lisse et noire plus dure que le diamant. Noël quoiqu’épuisé, redevint lui-même. Avec Morfil et les premiers libérés du parasite, ils organisèrent les secours. Rapidement, les édiles politiques rétablis, l’on mit en place un plan de grande envergure pour soigner les millions de personnes infectées. Certains, trop atteints et à l’agonie, furent euthanasiés miséricordieusement. Les conséquences de l’infection eurent des répercussions inattendues : la petite bille noire devint un minéral onéreux et rare ; la végétation poussa plus drue et les gens se sentirent en bien meilleure forme : le Vuzz avait décuplé leurs forces vitales. Morfil, Noël et Hélène eurent droit à la reconnaissance républicaine en tant que sauveurs de l’humanité. Plus tard, une exploration souterraine de l’aérolithe, où abondait le Vuzz, transforma profondément Mayen et Morfil qui semblèrent  désormais vivre en symbiose avec cet agent extraterrestre.
« Vuzz » est un livre d’une lecture facile. L’action est rapide, les descriptions détaillées et les personnages, quoique stéréotypés, restent suffisamment souples pour que le lecteur leur manifeste de l’intérêt. Enfin un roman-catastrophe qui mène à une « bonne fin » !


couverture du roman "Vuzz..."
couverture de l'édition originale
 
 
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