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une Exploration polaire aux ruines de Paris

les oeuvres > ARCHEOLOGIE DU FUTUR

une Exploration polaire aux ruines de Paris par Octave Béliard, in «Lectures pour Tous» , septembre 1911. illustrations par Lanos (rééditée in " le Décapité vivant et autres récits d’outre temps " sous le titre " la Découverte de Paris ", pp. 197-222, 1 vol. broché, in-12 ème , couverture illustrée par J.A. Dupuis.) nouvelle d’expression française. notice bibliographique in "Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°19, déc. 1997 et 24 bis sd : 2000)
1 ère  parution : 1911
la nouvelle glaciationarchéologie du futur


Octave BELIARD

(1876-1951) Après des études de médecine, se tourne vers l'ésotérisme et la spiritualisme. L'influence martiniste le pousse à continuer l'oeuvre du "Chevalier inconnu". Il devient le chef de l'Ordre Martiniste Traditionnel, écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire de l'ésotérisme , participe au groupe "Atlantis", est étroitement mêlé aux combats spiritualistes du temps.

"L'aéronef planait dans la nuit polaire. On était, le lecteur l’a compris, au dernier âge du monde. La terre était envahie par le froid. (…)La double calotte blanche qui couvre les pôles de la terre était descendue lentement, avec les siècles, vers les contrées tempérées, et maintenant sa frange atteignait presque les tropiques. "
Trois intrépides explorateurs, Tulléar, Fandriana et Atanibé, en provenance de Tananarive et amoureux de Victor Hugo, comptent vérifier l’existence des ruines de Paris, englouties sous les glaces. Par un heureux coup du destin, ils atterrissent avec leur avion là où des monuments encore reconnaissables signalent la présence de la cité détruite. Cachant l’aéroplane dans ce qui reste du Panthéon, ils vont de merveilles en merveilles reconnaissant les tours de Notre-Dame qui se dressent dans une île de la Cité environnée de séracs, ainsi que la Tour Eiffel. Ces lieux funèbres et noirs sont hantés par divers animaux :
" Les vieilles tours se dressaient, formidables, vivantes, animées. Un peuple entier en occupait toutes les anfractuosités, courait sur leurs galeries, agitant des bras noirs, bombant des ventres en tuniques blanches, poussant des clameurs discordantes. L’usure du temps avait rongé les pierres, creusé partout des escaliers, transformé en rocher l’œuvre des hommes, et par ces escaliers, par ces crevasses, montaient de terre des défilés bizarres, archaïques, jamais vus. Tout à coup Atanibé poussa un grand éclat de rire. " Ce sont des pingouins " fit-il.
Quand ils aperçoivent des rennes qui fouillent le champ de ruines du Louvre, ils n’hésitent pas à faire un carton sur ceux-ci et, à l’instar des hommes préhistoriques, ils les font basculer dans les ravins qui s’ouvrent au-delà des blocs pierreux. Puis, ce sont les chiens sauvages qui se mettent de la partie. Efflanqués, affamés, ils pourchassent nos amis.
Tulléar, Fandirana et Atanibé n’entendent pas leur servir de plat principal. Ils leur échappent en se calfeutrant en un lieu souterrain et découvrent – ô merveille ! – la Vénus de Milo encore entière (si l’on peut dire) parmi d’autres trésors artistiques éparpillés dans les salles souterraines du Louvre.
Tout en admirant ces découvertes, ils entrent en contact avec un Parisien primitif et dégénéré vivant dans les ruines. Celui–ci rameute ses congénères pour une poursuite impitoyable dans les tunnels et couloirs désaffectés du métropolitain de l’ancienne capitale. De justesse, ils échappent aux primitifs en émergeant près du Panthéon, regagnent leur aéroplane, décollent en hachant menu les quelques acharnés qui s’étaient accrochés à l’engin. Mettant cap au sud, ils regagnent leur douillet pays tropical pendant qu’un printemps tardif caresse le champ de ruines parisien :
" La ville se dévêtait lentement de ses robes d’hiver qui glissaient avec un frou-frou soyeux le long des murs pleurants. Quelques jours les grands cadavres des édifices furent mis à nu, puis l’herbe, les mousses les recouvrirent d’un duvet nouveau. Les bouleaux et quelques autres arbres allongeaient avec précaution leurs feuilles hors des bourgeons, comme de petits doigts timides. Et les rennes, par troupes, reniflant l’air, menèrent leurs faons nouveau-nés boire au fleuve, animèrent de leurs galopades folles les plaines herbues des Tuileries et du Luxembourg. "
Une petite nouvelle imprégnée de romantisme. Octave Béliard n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine de la conjecture et son récit a l’avantage d’être l’un des premiers à envisager le thème sous cet angle,  à la manière de Marie Shelley et en souvenir de Victor Hugo. De troublantes ressemblances y apparaissent avec le " Paris en l’an 3000 " de Henriot.


couverture du recueil "le Décapité vivant"
nouvelle reprise dans la recueil "le Décapité vivant"
 
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