sociétés post-cataclysmiques 2 - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

sociétés post-cataclysmiques 2

les thèmes

LES SOCIETES POST-CATACLYSMIQUES 2

Le cataclysme a l'immense vertu de faire "table rase du passé", ce que souhaitait d'ailleurs l'idéologie communiste. Les cartes sont redistribuées aux survivants, enfin libres de promouvoir la société de leur choix. Le thème sert, par conséquent, de laboratoire à divers auteurs qui exposent, selon le point de vue de Sirius, leurs propres convictions sociales.
Dans la quasi-totalité des situations, le droit a disparu, la loi a été remplacée par la force. La désorganisation sociale, la diminution des aliments disponibles, les dangers  d'agression dans un monde devenu hostile et rétréci, réactivent les jeux de pouvoir et de domination. La vie humaine ne compte plus guère et d'ailleurs, qui punira le déchaînement des instincts? En réaction à cette brutalité, se reconstituent de petites communautés, repliées sur elles-mêmes qu défendent farouchement leur pré carré. Pas d'étranger, car les vivres ne sont pas en quantité suffisante. Pas d'idées nocives, car tous doivent participer à la défense du territoire. Pas de contestation, car le souci d'efficacité prime. La communauté instaure ses propres lois. A la barbarie du dehors s'oppose la dictature du dedans.
"Fausse aurore" fait partie des nombreux récits dans lesquels le couple survivant s'oppose aux conditions épouvantables d'un environnement hanté par des hordes pillardes et déviantes. Le héros est devenu inflexible, comme dans "la Grande Nuit". Cela est d'autant plus évident quand la perversité et la folie sont la norme. Le héros du "Jour des fous" d'Edmund Cooper mettra longtemps à stabiliser, loin de tout danger, les couples dont il est devenu le noyau central.
Les prédateurs sont divers dans leur comportement ou leurs idées. Parfois c'est autour de la science que s'organise la résistance. On ressuscite le moyen âge, on brûle les livres et les femmes, redevenues des sorcières, on torture les savants rendus responsables de la chute.  Dans "Morituri" , un colon humain en provenance de Mars, traverse les pires difficultés pour acheminer l'antidote aux savants, encore seuls capables d'éradiquer le virus qui a provoqué la faillite humaine, dans un monde en proie à la sauvagerie.
L'espace, s'étant singulièrement agrandie avec la disparition des sociétés, il permet à divers groupes humains de prendre enfin leur revanche. Comme ces adolescents du récit "Journal de la fin du monde" qui sillonnent le paysage sur des motos en appliquant leurs propres lois aux survivants. Ou comme dans le récit jubilatoire de  J.B. Pouy,  "Spinoza encule Hegel" où des groupes idéologiquement marqués s'agressent mutuellement dans les cités détruites. Enfin, la série de Hugues Douriaux "un Homme est venu", évoque un héros musicien et sensible que la catastrophe transforme, qui entraîne son petit groupe  à la recherche d'un abri sûr dans l'est de la France.  Pour vivre heureux, vivons cachés! Mais rien ne se substitue à la merveilleuse nouvelle de  Fritz Leiber,  "la Vieille petite miss Macbeth" où de gentilles dames fort âgées se partagent le territoire immense des cités vidées de leurs habitants, en harmonie avec quelques formes mutantes. Qu'il est difficile de prendre le thé ensemble à cinq heures! Cette terre déserte est d'ailleurs immédiatement colonisée par d'autres animaux, comme les rats ou... des extraterrestres. Ainsi, "Thomas" l'adolescent, forme une espèce d'Homo-Gestalt  avec quelques mutants et un rat pensant,  pour mieux pouvoir évoluer dans un paysage piégé. Chez Ballard aussi, spécialiste des milieux urbains délaissés, les individus vivent leur vie propre et leurs fantasmes sans réellement s'unir.
Les formes de gouvernement les plus nombreuses après celles des "seigneurs de la guerre"  ou des "monarques improvisés" sont les dictatures. 'Tout va bien" répète à l'écoeurement le chanteur Jean Guidoni , usant de la méthode Coué, et traversant un Paris sinistré,  gouverné par une dictature militaire. "L'Odyssée barbare" d'E.R. Burroughs a des vues plus dégagées. C'est l'Europe entière, une Europe barbare et sauvage, qui est la proie d'un Gengis Khan moderne et seul civilisé, en provenance d'Asie. Parfois les vestiges des sociétés passées présentent encore de beaux restes, comme dans la série "le Survivant" où une cité de l'Amérique démocratique - c'est à dire appuyée sur l'armée - veut à nouveau se refaire une place dans un pays envahi par les Russes. Enfin, de toutes les formes d'oppression, les plus haïssables sont les sectes, illuminés, mystiques de tous poils qui mêlent leur dieu à la reconstruction du pays. Sans pitié pour les mécréants, les fornicateurs, les prévaricateurs -en fait les gens normaux - ils permettent à leurs adeptes de libérer leurs instincts en une immense fête du sang et de mise à mort ritualisées. Dans ce type de roman, que de figures patriarcales, qui sont en réalité d'infâmes salauds, à qui les circonstances ont donné l'occasion d'exprimer leur noirceur. La magnifique BD de Corben présente l'un des ces spécimens - un clone manqué - en lutte contre l'empire du mal , c'est à dire contre la science qui l'a crée.
Le thème des sociétés post-cataclysmiques réunit un nombre important d'ouvrages satisfaisant le goût des lecteurs pour la spéculation sociale. Chacun pourra y découvrir sa société idéale et une humanité selon son coeur.


 
Retourner au contenu | Retourner au menu