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SI LA BOMBE M'ETAIT CONTEE

les oeuvres > MENACES ET GUERRES NUCLEAIRES

SI LA BOMBE M’ETAIT CONTEE par Yves Thériault, éd. du Jour, 1962, coll. : " les Romanciers du jour ", 1 vol. broché, in-12 ème , 124 pp. couverture muette.  recueil de nouvelles d’expression française (Canada)
1 ère  parution : 1962
menaces et guerres nucléaires


Yves THERIAULT

(1915-1983) Ecrivain québécois. Divers métiers de subsistance à Montréal, issu d'une famille modeste. Livraisons littéraires périodiques et nombreux sketchs pour la radio, puis des articles pour les journaux. Fait un tour du monde par cargo. Devient Directeur des Affaires cullturelles indiennes à Ottawa. Auteur prolifique. Une quarantaine de romans, une centaine de nouvelles, dont la majorité à destination des adolescents. Divers prix littéraires canadiens.

01 . Akua Nuten (Le Vent du Sud),  pp. 11 –25
Kakatso le Montagnais est un solitaire. Il est heureux dans ses chères montagnes où il se débrouille sans le secours de la technologie. Laissant femme et enfants, il part pour une virée dans les Laurentides. Au bout de quelques jours, il ressent une angoisse que rien ne vient étayer. S’établissant au bord d’un lac magnifique, il y vit soudain amerrir un hydravion. Le pilote, une femme et son mari, un enfant, semblent terrorisés. Ils lui apprennent qu’une guerre atomique a éclaté dans le sud et qu’ils ont besoin de ses services pour survivre en ces lieux isolés. Kakatso, méprisant l’argent offert, entrevoit en un instant la possibilité pour l’indien qu’il est,  de prendre sa revanche sur le blanc qui l’a maintenu en tutelle de si longues années. Alors, il les abandonne à leur sort et s’enfonce dans la forêt. Deux mois après, les radiations, amenées par un vent du sud, laissent sur son corps les premiers stigmates de la mort radioactive.
02. la Continuation,  pp. 37 – 49
" Après la bombe, il ne restait de tout Paris que des quais de la Seine –mais peu, des pans ici et là, une amorce de pont, les piliers d’un quai de bateaux-mouches – et bien au loin, les ruines surprenantes d’une tour de radio-contact, en direction d’Orly. Le reste n’était qu’un amas de débris, de miettes pierreuses. Tout ce qui était combustible avait péri, le reste avait été réduit en cette couche presque égale, creuse de deux mètres et plus, qui marquait l’emplacement de la Capitale du monde. "
Flavie a survécu à la grande explosion. Du côté de la Loire, la jeune fille vit chichement élevant deux poules et une chèvre. Parfois, elle voit passer des gens sombres qui se dirigent en pèlerinage vers la capitale détruite. Alors, elle aussi se sent prise de la même envie. Avec l’arrivée de Jean, qu’elle prendra pour mari, ils abandonnent la petite exploitation pour " monter " sur Paris. Les monceaux de ruines, les cendres soulevées par le vent achèvent de les désespérer. Ils trouvent refuge pour la nuit dans un souterrain, celui de l’ancien hôpital des enfants malades où ils sont mis en contact avec des aiguilles de radium abandonnées. Les vomissements de Jean se déclenchent quelques jours après. Flavie, moins malade, retourne à sa petite ferme. Enceinte des œuvres de Jean, elle accouchera d’un monstre.
Ironie désabusée et désespoir tranquille se partagent la vedette en cette nouvelle.
03. le Monde meilleur, pp. 57 – 70
Une bombe atomique tombée sur Manhattan laisse un délai suffisant pour que dans un abri souterrain de Brooklyn survive un groupe de new-yorkais. Livrés à eux-mêmes, effondrés, ils se ressaisissent à l’exhortation d’un vieux curé qu’ils connaissent bien. Celui-ci leur dit que des temps nouveaux sont venus; qu’il faut remercier Dieu pour sa bienveillance; qu’il est l’heure de bâtir un monde meilleur et plus juste. Ses auditeurs en ont les larmes aux yeux. A ce moment, arrive, titubant sur les escaliers, venu d’en haut, un métis. Heureux d’avoir été épargné, celui-ci leur annonce que c’est par pur miracle qu’il n’a pas été irradié. La foule se recule avec horreur devant lui. Avec répugnance et par peur de la contamination, ils le projettent sur les rails du métro où il s’électrocute.
Une nouvelle brève et désespérée.
04. Yuri, pp.  75 – 88
Yuri le moscovite est renversé par une Zim, conduite par un aparatschik. Admis à l’hôpital public, il fait la connaissance de Vassily, dans sa chambre. Celui-ci lui explique les règles du jeu : dans cette société où tout le monde espionne tout le monde, où chacun se tient mutuellement, il faut  parler plus fort que les autres, montrer sa hargne. Yuri y gagnera en considération car la crainte en face de quelqu’un de si sûr de lui est un sentiment universellement partagé par ses concitoyens. Yuri, l’éternel opprimé, met longtemps, trop longtemps à mettre en pratique les leçons de vie de Vassily. Lorsqu’il s’y décide enfin, il est transformé en énergie pure comme tous ses semblables par une bombe atomique de cinquante mégatonnes larguée sur Moscou.
Une nouvelle à l’ironie amère et au ton juste.
05. Rocco, pp. 95 – 105
Rocco a deux amours. " Suzanne et les Vieillards " et " la Vénus au bain ". Ce sont elles qui ont décidé de sa vocation de gardien de musée aux Offices de Florence. Pour le reste, comme les tensions internationales, cela ne le concerne pas. Aussi n’est-il même pas surpris lorsque la ville de Florence est soufflée par une bombe atomique. Seul survivant dans ces ruines  – par quel miracle ? – avec un enfant dont il se désintéresse – Rocco  suit une seule obsession : celle de repeindre les tableaux disparus – mais pour qui ? –
Une nouvelle brève qui démonte le mécanisme de l’âme humaine.
06. le Monde éclaté, pp. 113 – 122
L’action se situe dans une salle de rédaction, au Québec, à Montréal, peu de temps avant le jour fatal. Drolet, bien que très compétent, a été mis depuis longtemps au placard par Jullien, le rédacteur du matin, journaliste engagé dans la politique séparatiste du Québec. Drolet, qui a travaillé toute la nuit à comparer les données internationales, sait que le monde court à sa perte. Il suggère à Jullien un titre pour la parution du matin, soit : " le monde éclate ". Ce dernier accueille  avec mépris la proposition. Il connaît, lui, un bien meilleur titre, soit : " Triomphe des séparatistes : au pouvoir dans deux mois. " Lorsque le journal paraît, tout sera obsolète : Montréal a été rasée par la bombe.

Un petit texte qui insiste sur le dérisoire quotidien comparé à l’apocalypse.

couverture du recueil "Si la bombe m'était contée"
seule édition de cet ensemble de nouvelles d'un auteur canadien
 
 
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