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Shiva le destructeur

les oeuvres > MENACES COSMIQUES

Shiva le destructeur par G. Benford et W. Rostler, Opa éd., 1980, coll. "CLA", 1 vol. cartonné, in-octavo, 515pp. jaquette illustrée par Jean-Louis Verdier. roman d’expression anglaise (USA)
1ère parution: 1979   titre original : Shiva descending
menaces cosmiques


Gregory BENFORD

(1941-) Ecrivain américain de science-fiction. Doctorat ès sciences. Astrophysicien de formation (Université de Californie). Impliqué dans la SF par le fanzinat. Des nouvelles dans de nombreuses revues (Magazine of SF, Amazing). Ecrit souvent en collaboration. C'est l'un des auteurs prééminents du courant de la "hard science". Récompensés par 4 prix Hugo et 12 prix Nebula.

William ROSTLER

(1926-1997) Réalisateur, acteur, scénariste et directeur de photographie américain. Collabora avec G. Benford.

Au début du XXIème siècle, la technologie a permis de mettre sur orbite des satellites opérationnels ; l’homme a installé une base permanente sur la lune et même visité Mars. Mais une menace baptisée « Shiva » se profile sur l’horizon astronomique. Il s’agit d’un essaim de météorites de belle taille avec, au centre, un noyau de deux kilomètres de diamètre et de 30 000 milliards de tonnes, essaim appartenant au groupe des « Apolliniens », appelés à croiser l’orbite de la Terre depuis plusieurs millions d’années.
Mais cette fois-ci la collision est inévitable et imminente. Certains signes avant-coureurs se sont déjà manifestés par la destruction entière de quelques villes. Encore n’est-ce qu’un hors d’œuvre puisque Shiva, de retour de son aphélie, percutera la terre de plein fouet assurant à coup sûr la destruction de l’espèce humaine. Il reste environ deux années avant le choc et l’Amérique, toujours en avance technologique, est le seul état capable de réagir.
Le président Knowles prend immédiatement contact avec les Russes ainsi que toutes les nations susceptibles d’aider les USA. Il s’agit d’envoyer à l’encontre de Shiva l’ensemble de missiles atomiques disponibles, de les y faire exploser, ne serait-ce que pour dévier l’énorme masse centrale de l’orbite terrestre. Toutes les énergies doivent concourir en ce but et une équipe de cosmonautes mêlant Russes et Américains deviendra opérationnelle rapidement. Elle comprendra à la tête de la fusée « Alpha » le colonel Carl Jagens, un être dominateur et rationnel dont l’unique mission sera de sauver la terre du péril qui la menace :
« Menchov resta muet et Jagens lui en fut reconnaissant. Il lui fallait se concentrer totalement sur la tâche à venir. Rapidement, il passa la situation en revue. S’ils n’avaient pas dévié Shiva d’ici deux heures, plus rien n’aurait de signification. La collision se produirait et même si elle ne se produisait pas de plein fouet, le choc n’en prendrait pas moins des proportions colossales. La terre se trouverait toujours sur le passage. Ce qu’ils allaient faire au cours des deux heures suivantes déciderait du sort de l’humanité. »
La fusée « Oméga », celle qui devra parfaire le travail en dispersant l’essaim, sera commandée par Lisa Bander, une jeune femme sensible mais accrocheuse. Les équipages seront entraînés à Cap Carnaveral en même temps que de nombreuses autres bases, éparpillées sur le territoire américain, qui toutes participeront à l’effort de guerre. Avec la bombe russe de quatre cents mégatonnes, Shiva devra encaisser le coup central. Elle sera suivie par une vingtaine de bombes de vingt mégatonnes chacune. Une opération à haut risque tenue par Knowles d’une main de fer alors que la décomposition des sociétés humaines a déjà commencé :
" Le chaos. Même dans l’armée. Mutineries sur les navires, désertions, sabotage. La Royal Navy perdit le Repulse, dont l’équipage, imitant celui du Bounty, mit le cap sur Tahiti. Les Russes perdirent deux bâtiments, coulés par leurs équipages, dont tous les membres disparurent pour consacrer à la débauche leurs ultimes semaines. Les Français eurent un navire sabordé dans le port du Havre, les Boliviens aussi. Les coups d’Etat se multiplièrent en Amérique du Sud. La mère de Mort Smith découverte assassinée dans son appartement de Fort Lauderdale. La loi martiale ne s’appliquait pas encore sur l’ensemble du territoire, mais on n’en était pas loin. Le président Knowles réussissait à faire garder son sang-froid au gouvernement bien qu’il y ait eu des émeutes provoquant des centaines de morts. Du moins n’avait-on pas dynamité le Capitole ni le monument de Washington, la tentative ayant échoué. Un monde devenu fou. Littéralement fou. "
A la stratégie de la NASA s’opposeront les « Gabriélistes », ainsi nommés à cause de « Frère Gabriel », un ancien commercial qui s’est reconverti en sentant son heure venue. L’arrivée de Shiva est pour lui le signe de l’apocalypse et seuls survivront les forts après que l’humanité aura été balayée. Pour cela, la marche de Shiva ne devra pas être contrariée et les Gabriélistes, de plus en plus nombreux et efficaces au fur et à mesure que le danger se précise, s’y emploieront jusqu’à envisager la destruction des tours de lancement des deux fusées. D’autres religions de la fin naissent comme celles qui proposent le suicide ou l’orgie. Les échanges commerciaux se ralentissent puis s’arrêtent. Le troc prend place. Les rues sont envahies par des bandes braillardes qui, en proie à la peur de la mort, se livrent aux pires exactions.
Les personnages suivent leur destin individuel dans ce délire collectif. Knowles, par exemple, qui apparaît comme un maillon essentiel de la survie humaine, écrasée par sa mission, se réfugiera dans son adolescence en jouant de la guitare et en couchant avec sa secrétaire. Carl Jagens, décidé à tout prix à empêcher la collision, après l’envol de la mission et en approche de l’ennemi, se transformera en fou paranoïaque allant jusqu’à éliminer ses coéquipiers  pour s’assurer la victoire à lui tout seul. Il y gaspillera ses missiles et , chevauchant la bombe, (clin d’œil à « Dr Folamour »), il disparaîtra, transformé en énergie pure. Lisa Bander, malgré ses hésitations et son affection envers Diego, un autre membre de l’équipe, placera ses missiles à bon escient. Quant à Frère Gabriel, il convainc par le truchement médiatique, des millions d’hommes à se sacrifier.
L’on suit aussi l’action essentielle d’obscurs sans-grades, tels ce sergent Saperstein qui aide à contenir la ruée des Gabriélistes vers les tours alors que d’autres se sacrifient pour assurer l’alimentation électrique nécessaire au relais chargé de communiquer les dernières informations techniques essentielles à la précision du tir aux deux fusées Alpha et Oméga. Dans la ville de Houston, en pleine anarchie, ils « emprunteront » l’alimentation électrique à un hôpital pour assurer les communications, condamnant à mort du même coup de nombreux blessés :
« Saperstein regarda autour de lui. Une centaine de personnes – dont quelques enfants- gisaient à l’intérieur du périmètre. Des milliers étaient empilés en tas muets et obscènes le long de la clôture, qui crépitait encore en jetant des étincelles. Un corps tomba comme une masse et resta étalé dans une posture indécente. C’était celui d’une jeune femme. »
Les derniers instants avant l’impact seront précédés par des chutes de météorites qui, bien que de taille modeste, creuseront de profonds cratères, ressusciteront d’anciens volcans, provoqueront des raz de marée gigantesques, pulvériseront des cités ou des régions entières. Finalement Shiva le Destructeur se transformera en Shiva le Sauveur. Les derniers missiles lancés par Lisa ont infléchi sa course et l’ont amené à se satelliser autour de la terre, avec dans ses flancs une immense fortune, des milliards de tonnes de ferro-nickel qui fourniront à l’humanité, transformée par l’épreuve, une longue prospérité économique. Lisa et Diégo, seuls survivants de l’aventure cosmique, seront hissés au
rang de héros planétaire.
« Shiva le destructeur » est un roman complexe, touffu, étonnant. Mélangeant personnages et situations dramatiques, préparation minutieuse des événements, malaxant destins individuels et collectifs de manière hyperréaliste, Benford et Rostler ont signé une grande fresque humaniste. Ils ont rénové un thème archétypique du genre cataclysmique en faisant de ce récit le substrat d’une œuvre angoissante par son réalisme.

couverture du roman "Shiva le destructeur"
couverture de la jaquette du roman paru au C.L.A.
 
 
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