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péril jaune, guerre des races

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PERIL JAUNE ET GUERRE DES RACES


Il s'agit d'un thème ancien déjà largement diffusé par le roman conjectural dès la fin du XIXème siècle et qui a pris de l'extension avant la première guerre mondiale. Depuis il n'a pas disparu, tout en s'adoucissant ou en changeant de phraséologie. En lui se cumulent toute la haine, le racisme, la xénophobie, que montre l'homme blanc face à une civilisation qu'il ne comprend pas. les Occidentaux,  s'effrayant de la prodigieuse fécondité de ces races , sentiment alimenté par les diverses expéditions en Asie et par l'action des missionnaires, affubleront le Jaune de la fourberie, de la cruauté, de la dissimulation dont eux-mêmes, naturellement, étaient exemptées, oubliant leur responsabilité dans les génocides commis en Amérique du Sud ou l'esclavagisme africain lors de l'expansion de l'empire colonial
L'image du Jaune se confondra en celle d'un être cruel et haineux, capable d'infliger toutes sortes de tortures raffinées et qui met sa science au service du mal (entendez le communisme), jaloux et envieux de la prospérité occidentale qu'il convoite. Sacrifiant les siens à l'instar des fourmis, les Jaunes attaquent l'Occident, leur nombre compensant leur manque de technologie, laissant derrière eux des champs de ruines, pulvérisant la magnifique civilisation blanche. Par exemple, dans "Aéropolis" de Henri Kistemaeckers, un roman dédié aux gloires de l'aviation naissante, le héros se réveille un matin constatant avec étonnement que sa ville se trouve sous gouvernance chinoise. Alors que les siens sont appelés à se suicider, il s'en sortira en devenant instructeur du "noble art" (la boxe, ou la savate) pour des Jaunes avides de pratiques occidentales.
La guerre sino-japonaise a aussi largement inspiré les auteurs conjecturaux. Dans "Bansaï" de Para Bellum (quel beau pseudonyme!) les Jaunes menacent militairement la côte ouest des Etats-Unis et s'en prennent à la puissante marine américaine. Dans le "Mascaret rouge", ils sont en route vers la France, s'appuyant sur des traîtres blanc ou des scientifiques parjures à leur pays, défaisant les forces d'opposition. Leur triomphe sera heureusement de courte durée car l'Europe a la puissante Amérique comme alliée. Et le jeune premier ne pardonnera jamais au libidineux dictateur asiatique d'avoir (en plus de toutes autres avanies) enlevé sa fiancée!
L'idée fixe des empereurs mongols, car pour les Blancs tous les Jaunes se ressemblent, c'est de devenir maîtres du monde. Cette idée les définit, en quelque sorte. Voyez les magnifiques pages finales du secret de l'espadon de E.P. Jacobs, qui montre Basam-Damdu, le type même du répugnant dictateur obsédé par le pouvoir. Les Jaunes se "ruent"  sur l'Occident (la Ruées des Jaunes) ou se livrent à une "Guerre infernale". Le long roman-feuilleton de Giffard et Robida est un catalogue à lui tout seul de tous les méfaits (tortures, morts violentes, haines raciales) qu'ils leur attribuent. Certaines descriptions sont tellement réalistes qu'elles seraient, aujourd'hui, frappées par la censure. L'idée de la conquête militaire de l'Occident par les Jaunes résiste bien dans le roman conjectural. Avec "le Combat fatal", Eric  Harry développe la même thématique, liée à l'expression des mêmes sentiments que jadis contre l'Asie.
Ce thème peut aaussi être étendu à d'autres peuples qui se détestent cordialement, selon les circonstances. Le matériau est si abondant que nous mentionnerons pour mémoire seulement les 30 000 pages consacrées au sujet par le colonel Driant : "la Guerre de Demain". S'il y a quelqu'un à haïr, le vaillant militaire ne l'oubliera pas: Jaunes, Noirs, Anglais, Allemands, primitifs, tout y passe.  Le racisme anti-noir est donc bien vivant de nos jours . Dans "le Rat blanc", l'Angleterre succombe à l'immigration massive sur son territoire de ressortissants africains affamés, une multitude revancharde qui déstabilise le royaume de sa Gracieuse Majesté. "L'Hiver éternel" oppose les immigrants blancs chassés par la glaciation européenne à des Noirs nonchalants et rigolards auxquels ils se soumettront.
Le Maghreb n'est pas oublié. Depuis de début du siècle Spronck s'inquiète dans " l'An 330 de la République". La démocratie occidentale est balayée par des Arabes fanatiques et incultes qui pratiquent le Jihad vengeur, mettant pour un très long temps l'Europe sous un étouffoir. Ce thème est du pain béni pour des auteurs se situant franchement à droite. Ainsi "la Toussaint blanche", "Poitiers demain" "la France de Babel-Welche" s'articulent autour de la menace terrible que fait peser sur l'Occident l'impérialisme arabe, comme dans "l'Ange de l'abîme", où le terrorisme anti-européen est très intelligemment mis en scène par l'auteur. Même le roman "le Triomphe des suffragettes", géniale description de la prise du pouvoir par les femmes, expose en filigrane une guerre menée contre les Chinois qui menace leur prospérité. Comme quoi, deux ingrédients valent mieux qu'un...
Le péril jaune et les guerres raciales ont encore de beaux jours devant eux. S'il suffisait de gommer du dictionnaire le mot "race" pour en circonvenir les effets, cela se saurait, tant il est vrai qu'un Jaune de Malaisie ne se confond ni avec un Bantou ni avec un Breton français. C'est pourquoi, constamment, les sentiments négatifs qui surgissent , liées aux différences de la peau,  doivent toujours être largement équilibrés par la raison .



 
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