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Paris en l'an 3000

les oeuvres > ARCHEOLOGIE DU FUTUR

Paris en l’an 3000 par Henriot, Henri Laurens éd., sd, coll. "Plume et Crayon", 1 vol. cartonné, in-octavo, 106 pp. illustrations de Henriot. roman d’expression française. notice biographique in " Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°s 2 et 2 bis, sept. 1990 et Sept./Déc. 2000 "
1ère parution: sd. (1885 )
la nouvelle glaciation –  archéologie du futur


HENRIOT

(1857-1933) De son vrai nom Henri Maigrot.  littérateur, dessinateur, caricaturiste. Directeur littéraire du "Charivari". Collabore à "l'Illustration", au "Pélerin" et à "l'Almanach Vermot". Créateur du journal satirique "la Baïonnette".

La comète de Halley a eu raison de l’indifférence des citoyens de la Terre à son égard. Lors d’une de ses réapparitions, en 1985, sa queue balaie la surface du globe provoquant une catastrophe mondiale et notamment, le détournement du Gulf-Stream:
"New York, Londres, Paris, Pékin, Berlin, le Maroc, la principauté de Saint-Martin, le val d’Andorre et le Japon lui-même s’effacèrent de la carte du monde. Ainsi que jadis Troie, Herculanum, Pompéi, toute la terre habitée en 1985 s’ensevelit sous les couches de cendre de boue ou de glaces.
Je dis de glaces, car la température tomba partout à 55° au-dessous de zéro. Un amas prodigieux de bolides et d’aérolithes, une pluie de scories recouvrit tout. Villes et villages, collines et montagnes, rivières et routes, tout fut ballotté, cahoté, écrabouillé."

Le Pôle Sud devient l’une des seules régions tempérées qui accueille les rares survivants , alors que l’Europe est ensevelie sous de vastes étendues glaciaires.
Mille ans après, en vue de favoriser la vérité historique, l’Académie des Sciences de Pôle-Sud dépêche " l’Obus-32", un navire volant dernier cri, pour explorer ces confins glacés et de redécouvrir Paris.
A son bord prennent place deux distingués Académiciens, messieurs Pudding et Ventrepotte, aussi dissemblables au physique qu’au figuré. L’un se réfère aux (fausses) mémoires historiques de Valtermoche pour situer la ville, l’autre analyse et déduit son emplacement à partir de preuves fossiles et géologiques.
Ils s’arrêtent tout d’abord dans leur voyage au-delà d’un équateur glacé, au-dessus d’une plaine en mettant à jour ce qui apparaît comme une ancienne boîte de foie gras, preuve incontestable qu’ils survolent bien le territoire français.
Les découvertes se multiplient, toujours plus prodigieuses et toujours plus frustrantes : une statue sans bras (c’est la Vénus de Milo), un ancien couloir de métro effondré (c’est la station Rome), le tombeau de l’empereur Napoléon, des morceaux de fer (c’est la Tour Eiffel).
Pudding et Ventrepotte se chamaillent, l’un en faveur de l’hypothèse de l’origine  " romaine ", l’autre croyant indéfectiblement à l’origine " parisienne " des trouvailles:
" C’était un spectacle étrange que celui des dix hardis explorateurs, lampe électrique à la main suivant ce tunnel où mille ans auparavant circulèrent des trains de voyageurs.
On marcha pendant dix minutes ; les ferrailles, les fils tordus s’enchevêtraient de plus en plus. Puis un amas informe de débris sans nom: restes de plates-formes et de wagons assurément, car on retrouvait des roues de fer, des plaques blindées, et, spectacle horrible, sous l’amas de terre, de bois pourri, le capitaine Balthazar retira un ossement humain.
Pudding s’écria: -Messieurs, ce sont les débris d’un train... d’un train rempli de voyageurs au moment où se produisit le cataclysme. "

L’ambiguïté sera levée  en la personne de Gallichard, un vrai de vrai de Pantruche, qui a décidé en son temps de se faire congeler et de ne se réveiller qu’au bout de cent ans:
" C’était en effet, entre deux rocs, une sorte de boîte, de parallélépipède de glace qu’avait aperçu le lieutenant, et dans la glace transparente, on voyait distinctement les formes d’un corps humain, admirablement conservé. On travailla toute la journée à remonter le bloc, et on décida de remettre l’ouverture au lendemain. L’aurore vit ce spectacle inoubliable, extraordinaire et pourtant véridique: les parois de la glace fondant doucement à la chaleur d’un chalumeau, et débarrassant de son enveloppe réfrigérée le corps d’un homme ayant vécu mille ans auparavant. "
Au grand contentement des savants polsudiens, Gallichard rétablit la vérité historique en traçant un portrait flatteur de l’empereur.
Pressé cependant de faire connaissance avec le doux climat de Pôle-Sud, il s’empare de " l’Obus-32 " en compagnie de Ventrepotte, abandonnant les hardis explorateurs à leur sort, en leur promettant de leur envoyer vite du renfort. Ceci fut fait. Une flottille d’engins volants viendra à leur secours, explorera en profondeur le site et tout le monde rentrera au bercail avec une ample moisson de renseignements sans prix.
Un ouvrage cataclysmique français, tout en ironie et bonne humeur, destiné au public enfantin de l’époque. Henriot y fait courir son admiration envers la personne de Napoléon. Au-delà de l’humour, subsiste l’hypothèse de l’hibernation (déjà utilisée par Boussenard dans "les secrets de M. Synthèse ").



couverture du roman"Paris en l'an 3000"
couverture de ce roman que l'on rencontre encore fréquemment
 
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