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Opération brouillard

les oeuvres > MENACES IDEOLOGIQUES

Opération brouillard par Jules Hardouin, Librairie des Champs Elysées éd., 1956, 1 vol. broché, in-12 ème , 252 pp. couverture illustrée (photo Chifelle). roman d’expression française (Suisse romande)
1 ère  parution : 1956
menaces idéologiques


Jules HARDOUIN

(1911-1979) Pseudonyme de André Duquesne, alias Peter RANDA. A emprunté de nombreux pseudonymes. Ecrivain de littérature populaire: romans policiers, de science-fiction, érotiques; plus de 300 ouvrages, pour la plupart parus au "Fleuve Noir", avec des titres plusieurs fois réédités.

Deltour, ancien lieutenant de l’armée et baroudeur interlope, est tiré de sa prison par le colonel Garnier qui lui demande d’intervenir, en ayant les coudées franches, en Suisse où les morts ne se comptent plus,  autour du discret et pacifique professeur Dowsky. Sous le pseudonyme de Maubert, jouant le chien dans un jeu de quilles, notre agent secret sur mesure s’attire immédiatement toutes les foudres. Celle de Dupré, l’ami de Natacha, fille du professeur Dowsky. Acoquiné avec Seldon, un militant moldo-valache,  et ses sbires, Dupré a monté une ingénieuse combinaison pour voler les plans du professeur ainsi que les échantillons biologiques de ce dernier,  en vue de les revendre au plus offrant.
Car le professeur Dowsky a un passé trouble. Ancien collaborateur nazi récupéré par les Soviétiques, il élabore depuis, patiemment, les éléments d’une guerre biologique totale. De nombreux laboratoires disséminés dans le monde, et surtout dans sa maison de Lausanne, située au Chemin des Dames, contiennent de nombreux échantillons utilisables de suite :
« -Les recherches de ton père présentent donc un grand intérêt ?
-En elles-mêmes certainement ; et, en fonction de la guerre, encore plus. Il a fait équiper des laboratoires semblables à celui qu’il dirige à Neuchâtel dans la plupart des pays européens… Ce sont des laboratoires secrets, bien entendu.
-Une sorte de cinquième colonne biologique ?
-Si tu veux. »
La situation se complique lorsque Maubert tombe amoureux de la seconde fille de Dowsky, Nadia, qui elle, contrairement à Natacha, ignore tout des menées subversives de son père. Lorsque l’on saura que Dupré et l’agent ABZ7384, le contact de Maubert initié par  Garnier,  sont une seule et même personne, l’on comprendra que tout ce beau monde à intérêt à s’éliminer mutuellement, l’arrivée de Stephenson, chef du FBI sur le terrain suisse, servant de déclencheur. D’un autre côté, les Russes ne restent pas inactifs. La mort accidentelle de Dowsky, tué maladroitement par Seldon, donne le signal de la tuerie. Les morts s’accumulent sans que l’on sache (surtout le héros !) sur qui l’on tire et pourquoi.
Recomposant peu à peu le puzzle, Maubert, avec l’aide de Nadia, échappe aux meurtriers moldo-valaches et à Dupré, se sort des griffes du FBI, évite les balles de Natacha. Avec un coup de pouce de Petrov (agent russe), qui voue une admiration inconditionnelle à Nadia, il récupère les documents dans la villa du professeur, ne laissant en lice que Stephenson et Dupré :
« Stephenson a mis une chambre à ma disposition et je suis réveillé à neuf heures par le chauffeur noir qui m’apporte mon petit déjeuner sur un plateau. Je n’ai pas dormi beaucoup, mais j’ai dormi fort. Tous mes muscles tiennent encore un meeting de protestation, mais je crois qu’en faisant un gros effort, je parviendrai à me traîner jusqu’à la fenêtre. Bien entendu, si je réussis cet exploit, rien en s’opposera à ce que je le répète jusqu’au bout du monde. »
Quant à la police helvétique, totalement débordée en cet échange, elle a fort à faire avec l’occupation armée de l’ambassade de Valachie à Neufchâtel que des terroristes radicaux à la solde de Seldon tiennent, tel un fort Chabrol. Eux aussi ignorent qu’ils sont manipulés par Dupré qui élimine Seldon, lequel a fini de lui servir. Finalement c’est Maubert qui tirera les marrons du feu (en doutions-nous ?). Non seulement il gagne le cœur de Nadia (et le reste) mais aussi sa liberté définitive en remettant les documents top secrets à Garnier.
« Opération Brouillard », au titre bien trouvé, est un roman d’espionnage lisible se déroulant sur fond de guerre froide et de menace biologique. Le style savoureux et distancié ne manque pas d’humour, l’auteur s’amusant beaucoup avec l’imbroglio dans lequel il lance ses multiples personnages.


couverture du roman "Opération brouillard"
un jaune flashy pour ce récit méconnu et classé parmi les romans policiers (à juste titre, d'ailleurs)
 
 
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