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On se bat dans l'air

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

On se bat dans l’air par Roger Labric, éd. Publicité et Edition H.Baron, sd., (1939 ?) 1 vol. broché, in-12 ème , 247 pp. couverture illustrée par Jacques Bauguet. roman d’expression française
1 ère  parution : sd
guerres futures 1

Roger LABRIC

(1893-1962)  Cycliste, coureur automobile, grand aviateur, journaliste et écrivain français. Spécialisé dans le sport (aviation) il a contribué à maints articles dans des magazines spécialisés et écrit plusieurs ouvrages (notamment des récits se déroulant durant la 1ère guerre mondiale). Son ouvrage "On se bat dans l'air" a été couronné par l'Académie française.

Des avions stratosphériques du type U-1236, en provenance de Minsk, bombardent sans préavis la capitale française. La Russie soviétique, avec la neutralité bienveillante de l’Allemagne, entre en guerre contre la France, une guerre essentiellement aérienne qui devrait donner aux Soviétiques la domination du ciel :
« Il était bien établi que chaque avion stratosphérique était porteur de cent bombes de cinq kilos, dénommées « bombes vertes » et terriblement offensives, en raison de leur action incendiaire immédiate et puissante.  Ces bombes lancées en « arrosage » et tombant de 15000 mètres d’altitude sur une ville comme Paris, devaient provoquer une multitude de foyers d’incendie, absolument impossibles à éteindre par les moyens actuels. »

Les Français les attendent de pied ferme et lorsque l’escadre russe bombarde Metz-Frescaty, lorsque le danger se fait pressant, toujours disciplinés, les Parisiens se dirigent en masse vers leurs abris souterrains.
Le pays se repose entièrement sur ses pilotes. Ce sont les exploits héroïques d’une de ces patrouilles aériennes qui feront l‘objet du récit. Le groupe du capitaine Servin, un brin paternaliste (« En route les enfants !… »), qui compte notamment en ses rangs Anceny le héros, fonce « crânement» au-devant de ses adversaires. Audacieux dans les combats aériens, ils défont les escadrilles ennemies, porteuses de bombes mortelles. L’escadrille 135, celle de Servin, basée à Neufchâteau, se verra confier une mission particulière : détruire les immenses aérostats volants qui servent de porte-avions aux armées ennemies. Sans préavis, Paris est à nouveau sauvagement bombardé :
« Des ruines fumantes, des immeubles écroulés montaient des cris de douleur, tandis que la nappe nocive des gaz s’infiltrait par les prises d’air éventrées de certains abris qui avaient cédé sous la violence d’explosion des projectiles, des bombes vertes « Elektron » de 10 kilos, exclusivement incendiaires, dont l’incandescence dépassait très certainement 3000 degrés. »

C’en est trop. L’escadrille 135 se réunit au-dessus du SkagerRak, en mer du Nord, près du Jutland : là sont basés les dirigeables porte-avions ennemis. Une lutte serrée s’engage contre les monolithes qu’il est très difficile d’atteindre. Lorsque, désespérée, l’escadrille des Français décroche, Anceny se met en embuscade dans les nuages, attend le moment favorable et, seul, se lance à l’assaut :
« Un fracas terrible soudain déchirait l’air, Anceny avait bien placé ses bombes. Le dirigeable S-17, touché à mort, faisait explosion et de l’énorme carcasse métallique qui se repliait en deux avant de s’abattre, les hommes d’équipage atterrés, mi-asphyxiés, cherchaient à s’enfuir par toutes les issues. D’aucuns sautaient en parachute, d’autres se jetaient par-dessus bord pour ne pas périr calcinés dans l’immense brasier qui, durant quelques minutes, allait incendier le ciel.»
Il regagne sa base de Neuchâteau où l’attend une surprise: l’arrivée d’une escadrille de femmes, elles aussi décidées à en découdre. Il y retrouve une amie d’enfance, Ariane de Rivet, à qui le lie bientôt un tendre sentiment. Il propose au général Hardier un plan risqué et grandiose : celui de s’infiltrer en territoire ennemi, accompagné d’Ariane (elle seule maîtrise parfaitement le russe) afin de saboter l’usine de production des dirigeables-cargos. Hardier accepte. La mission, quoique périlleuse, se déroulera sans anicroche. Près de Smolensk, leur objectif, ils camouflent leur petit avion de reconnaissance, infiltrent la base en se fondant parmi les Russes, y déposent des explosifs à retardement et reprennent la voie des airs. A Smolensk, se déchaîne le chaos:
« En dix minutes, le centre de Smolensk, si majestueux dans le calme paisible qui l’entourait alors , était devenu une véritable cité de l’horreur et du désastre. Sur la ville même, d’énormes blocs de granit ou d’acier, projetés en l’air par la déflagration, avaient crevé les toits des habitations. Femmes et enfants s’enfuyaient en pleines ténèbres et l’on n’entendait qu’un seul cri de détresse se prolongeant dans la nuit : -Smolensk brûle !… Smolensk brûle ! »

Les Russes en colère (on les comprend) ont décidé d’abattre les téméraires. Sur le chemin du retour, alors que les deux tourtereaux se croyaient déjà à l’abri, s’abat sur eux l’escadrille de Smirnoff, en embuscade au-dessus du territoire allemand. Un combat homérique allait se dérouler là, à un contre quarante… Anceny, stimulé par Ariane et l’odeur de la poudre, accomplit des prouesses, mais ne peut s’empêcher d’être grièvement blessé dans son cockpit et… sauvé finalement par ses amis de la 135 qui s’étaient portés opportunément à son secours.
La guerre se poursuit. Les Soviétiques, prêts de perdre la supériorité aérienne, engagent leur infanterie :
« Les derniers rapports reçus ce soir des groupes II et III, après plusieurs missions de reconnaissance à basse altitude, situent la position des armées ennemies sur une ligne fictive Aix-la Chapelle-Mayence-Fribourg., avec de très nombreux renforts dissimulés dans l’Eifel et dans la Forêt-Noire. »

La nouvelle cible est Le Creusot que les Russes espèrent détruire pour priver les Français de leur production d’acier. La 135, toujours d’attaque avec Servin en tête, est sommé de briser l’offensive. Dans l’engagement, les Russes fléchissent et commencent à se replier, mais, lors d’un dernier accrochage au-dessus de Lunéville, Servin est blessé à mort. Comme Bayard  jadis, il meurt en héros :
« Le major, qui s’apprêtait à faire une nouvelle piqûre, se releva et à voix basse : -C’est fini, dit-il, le cœur ne bat plus. Un lourd silence suivit ces paroles. Muets, au garde à vous, ces hommes rudes et courageux refoulaient difficilement leurs sanglots, tandis que dans le ciel d’une limpidité rare, d’un bleu intense, d’une pureté due à tant d’héroïsme, montait l’âme généreuse et fière du capitaine Servin, mort pour la France. »
Grâce à l’armement perfectionné des Français, à leur courage et leur ténacité, à ses alliés tardifs (le Japon et la flotte américaine du Pacifique), les Soviétiques demanderont grâce.
Une guerre future et… rêvée, telle que les  Français auraient aimé qu’elle se déroulât dans la réalité. Ce roman, écrit par un spécialiste de l’aviation, comporte tout un descriptif technique qui le rend vraisemblable et intéressant malgré les défauts inhérents à ce type d’ouvrage : sentimentalisme doucereux, patriotisme exacerbé, paternalisme et culte du chef, mythe du héros  combattant.


couverture du roman "On se bat dans l'air"
couverture du roman qui a paru en plusieurs couleurs différentes
 
 
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