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Morituri

les oeuvres > SOCIETES POST-CATACLYSMIQUES 2

Morituri par Michael Kurland,  Opta éd., 1977, coll. "Anti-Mondes",N°34, 1 vol. broché, in-12ème, 251 pp. couverture illustrée par Caza.  roman d’expression anglaise (USA)
1ère parution: 1975  titre original: Pluribus
sociétés post-cataclysmiques 2



Michaël KURLAND

(1938-) Ecrivain américain  dans le domaine de la SF, du roman policier et d'énigme,  dans la continuité de ceux de Sherlock Holmes. Editeur d'anthologies. De nombreux ouvrages non romanesques dans ce même domaine.

" Un siècle auparavant, les savants avaient pénétré le secret des particules à l’intérieur des particules des atomes, leur regard avait atteint les étoiles des galaxies les plus lointaines, et ils avaient envoyé des hommes sur d’autres mondes. Aujourd’hui, soixante dix ans après l’apparition de la Mort, " science " était un mot maudit à l’extérieur des enclaves, et n’était plus, à la limite, qu’un souvenir à l’intérieur. Une fois de plus, l’atome était inviolable, les galaxies lointaines invisibles, et les hommes exilés sur les autres mondes condamnés à y rester, car un obstacle infranchissable s’était dressé sur le chemin du retour vers la Terre : le virus mutant ECHO, plus connu sous le nom de "mort ".
Les Etats-Unis en 2080 après le passage du virus ECHO. Un continent dépeuplé, où subsistent diverses enclaves. Celles des scientifiques, en contact entre elles, qui travaillent à redonner au pays un niveau technologique convenable. Celles des agriculteurs où des Américains, traumatisés par la catastrophe, obéissent, en bons puritains, aux lois d’un dieu vengeur qui abomine les agissements des scientifiques ainsi que toute manifestation de tendresse. Peter et Ruth se sont fait prendre la main dans le sac. Ils ont été jugés et seraient exécutés par pendaison sans le secours de Mordecaï Lehrer, un marchand ambulant âgé, en fait un scientifique déguisé.
Par ailleurs, il subsiste une colonie martienne autonome du temps de la splendeur des Américains. Quoique isolés,  les colons martiens survivent, épargnés par le virus qui a frappé les Terriens, au même niveau technologique qu’auparavant. Voici qu’un message est recueilli par les rares appareils radio encore en état de marche: Mars aurait trouvé un antidote au virus qui s’apprêterait à muter une nouvelle fois. Un colon l’apporterait aux scientifiques en se servant d’une navette en orbite terrestre encore opérationnelle.
Mordecaï, accompagnés par Peter et Ruth, se chargeront de l’accueil de l’astronaute, en sillonnant le territoire, du Duché de Californie jusqu’à l’enclave de Chicago, pour rencontrer une communauté scientifique après l’autre afin de les prévenir de cette venue et leur livrer les toutes dernières informations scientifiques.
Le voyage n’étant pas exempt de danger, ils circuleront sous le déguisement de bateleurs de foire, supposés apporter un peu d’animation dans les différentes zones traversées. Leurs rencontres seront variées et parfois animées. Bien accueillis par la confrérie des bateleurs de Mme Bonecia et du Dr Admirab, qui leur fourniront des contacts, ils ne tarderont pas à rencontrer des Américains plus primitifs, sortes de gardiens de bisons, dont l’économie repose sur le troc. Lorsque leur chef John D. Septième leur propose de troquer Ruth contre quatre chevaux, rien ne va plus. Mordecaï  la tirera de ce mauvais pas en les menaçant de son arme:
" Le cavalier qui avait échangé les cadeaux avec Mordecaï fit un geste en direction des quatre poneys. " Chevaux, " dit-il - " Oui " approuva Mordecaï. " Des chevaux " - Nous offrons des chevaux. Quatre chevaux. Bon Prix. " - " Certes, " dit Mordecaï soupçonneux. " Contre quoi? " - " Elle, " dit l’homme. " Contre elle. Contre votre fille. Le patron veut votre fille. Il offre quatre chevaux. " - " Le patron ? " - " John D. le Septième. " Il montra du doigt le petit homme chauve qui souriait de ses deux dents et hochait vigoureusement la tête. Les autres buffalo-boys, rassemblés autour de leur patron, hochaient la leur avec une vigueur identique. On voyait même un bras s’agiter. - " Oh non,  fit Ruth . "
A Ogallala, après leur visite habituelle à l’enclave des scientifiques, ils se livrent à des tours de prestidigitation et d’hypnose devant un public hostile à la magie. Le révérend de la communauté leur permet de s’enfuir à condition qu’ils ne remettent plus jamais les pieds en cette région.
Le capitaine Sterling de la libre communauté du Nebraska les met en garde contre les agissements de Brother Simon, roi des Simples,  sorte de seigneur de la guerre, qui hante des lieux plus au nord et qui a déjà soumis de nombreux villages, tout en étendant son propre domaine.
A la sortie de Grand Island ils seront accueillis par une délégation de Simples qui les amènent devant frère Simon. Homme étonnant quoique inculte, Brother Simon, au charisme indéniable, estime Mordecaï à sa juste valeur. Il rêve de redonner à l’Amérique la splendeur du passé, en réunissant les différentes enclaves lors d’une guerre sainte. Il  laisse nos héros libres de rendre visite à Frère Randall qui n’est autre que le Principal de la communauté scientifique de Lincoln. Mordecaï lui annonce l’imminence de l’arrivée de l’émissaire de Mars.
Brother Simon, qui souffre d’une maladie de peau,  consent à libérer les trois voyageurs à condition que Mordecaï le guérisse. Le faux magicien et vrai scientifique s’attelle à la tâche, lui préparant une décoction d’herbes inoffensives que Simon doit ingurgiter tout en accomplissant des gestes rituels qui leur donneront le temps de prendre la fuite.
Ils arrivent enfin à l’enclave scientifique de Chicago Spaceport où doit se faire l’atterrissage. La communauté est doublement en alerte: elle remet en état les vieux appareils informatiques pour que Socrate Proudfood, le cosmonaute, puisse effectuer un atterrissage sans risque. Elle contient aussi les exaltés qui, ayant eu vent de l’affaire, s’assemblent de plus en plus nombreux  devant Chicago Spaceport pour empêcher l’atterrissage de la navette. Les manifestants ayant franchi toutes les barrières et mis le feu à l’appareillage scientifique, Mordecaï accueille Proudfoot, à bord de sa navette bringuebalante. Celle-ci est incendiée par les émeutiers tandis que le petit groupe, muni du précieux antidote, court se mettre en sécurité au sein de l’enclave. Proudfoot sait qu’il ne quittera jamais plus la terre:
" Le bus démarra de la tour de lancement juste avant que la foule ne l’atteigne. La horde se divisa et une moitié se rua vers la navette. Dix minutes plus tard, alors que leur bus rejoignait le chariot à l’extrémité opposé de la piste, une boule de feu éclatante jaillit derrière eux, bondit jusqu’au ciel et brûla les yeux de tous ceux qui s’étaient retournés pour regarder. Quarante secondes après, l’onde sonore les frappa, et ce fut comme si la main d’un géant invisible s’était violemment abattue sur le bus. Mordecaï se tourna vers Socrate assis à côté de lui. " Bienvenue sur la Terre, " dit-il.
Un roman qui envisage, comme bien d’autres, un futur sombre pour les Etats-Unis, un retour à une sorte de moyen âge puritain et antiscientifique (Cf. " Molly-Zero " ou " les Géants de Craie ").  Le thème traité reste cependant superficiel et proche de l’anecdote, l’auteur s’amusant davantage à décrire la trajectoire du groupe, à exploiter le pittoresque des diverses communautés, qu’à proposer une analyse précise des mutations psycho-sociales qu’aurait dû provoquer le passage du virus ECHO.


couverture du roman "Morituri"
Première parution en français de ce roman chez "Opta"
 
 
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