Montmartre perdu et retrouvé - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

Montmartre perdu et retrouvé

les oeuvres > ARCHEOLOGIE DU FUTUR

Montmartre perdu et retrouvé par Marc Daubrive, in "Supplément gratuit au numéro du 9 décembre 1933 du " Miroir du monde ", nouvelle d’expression française. notice bibliographique in " le Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°33, 1 er trim. 2004.
1 ère parution : 1933
archéologie du futur

Marc DAUBRIVE

(1875-1959). pseudonyme de Marc Quintin. Ecrivain français né en Bretagne. Romancier et auteur dramatique de l'entre-deux guerres. Champ de la littérature populaire. Sujets gais ou légers. (Cité par l'abbé Bethléem et l'Institut de Bretagne)

Le savantissime Fatimolara, rapporteur des résultats de la mission Chou-Lan-Po devant l’Académie des « Intelligences Elevées » met en cause la trouvaille de ce savant qui prétendait avoir découvert les vestiges de l’ancienne ville de Paris et, plus précisément de la colline de Montmartre .
En ce futur très avancé, l’on se perd toujours en conjectures sur les causes de la destruction de la ville. Les uns, compulsant les écrits préhistoriques (entre 2000 et 2500 ans de l’ère chrétienne) prétendent qu’elle fut anéantie par les «Boches », ainsi appelés selon les cris que poussaient les assaillants.
Les autres, mettent l’accent sur l’utilisation plus tardive des « rayons Z » qui, réunissant la chaleur solaire à la chaleur terrestre souterraine furent également employés à faire sauter la barrière himalayenne ainsi que la chaîne des Pyrénées.
Quoiqu’il en soit, au quarante neuvième degré de latitude nord, sous une mer peu profonde, Chou-Lan-Po découvrit une colline émergeante sous forme d’île sur laquelle subsistait une colonnade : il s’agirait du « Mont des Martyrs» ou « Montmartre ». Sous l’eau,  des débris de poutrelles rouillées le confortaient dans le sentiment qu’il avait enfin mis au jour les vestiges de cette grande ville :
« Enfin, comme nous avions décidé d’explorer parallèlement à la côte les fonds marins avoisinant l’îlot « Montmartre », nous aperçûmes, par vingt mètres de profondeur et à quatre kilomètres environ du rivage, une immense carcasse étendue, de métal ouvragé, qui nous intrigua particulièrement. (…) Ici gisait la fameuse tour métallique – géante pour l’époque – et appelée par quelques auteurs : Tour Eiffel, pour ce que le fer employé à sa fabrication fut extrait du massif montagneux rhénan : l’Eifel. Le deuxième f est une oblitération produite par l’usage de prononcer la deuxième syllabe du mot en exagérant l’appui de la consonne – habitude populaire.Désormais j’avais acquis la preuve irréfutable de l’existence de Paris au lieu que mes calculs l’avaient située… »
Et aussi, une série de statues, devant certainement appartenir à des mannequins, ainsi que des tubes à canon, reposant près de ruines surnommées « les Invalides » formèrent autant de preuves pour l’explorateur qu'il ne s’était pas trompé. Pourtant le rapporteur conteste ces conclusions prétendant que Chou-Lan-Pou confondraient  ces ruines avec ceux de phares et de navires engloutis. Au milieu de sa démonstration, des haut-parleurs l’interrompirent, qui annoncèrent à grands renforts de bruit et de musique la mise en place de voyages transatlantiques vers « l’île de Montmartre » enfin visible et retrouvée.
Une petite nouvelle méconnue (sauf de Marc Madouraud) d’archéologie-fiction, distanciée et ironique, à l’instar de celle de Béliard ou de Franklin,  comme si ce sujet, pourtant récurrent, ne pouvait se décliner que sur le mode de l’humour.



couverture de la revue "Miroir du  monde" spécial XXXème sicèle
un numéro entier consacré à la conjecture.
 
Retourner au contenu | Retourner au menu