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Mirabelle a les foies

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Mirabelle a les foies par Paul Daunay,  Le Trotteur éd., 1953, coll. « le roman de choc » , 1 vol. broché, in-12 ème, 191pp. couverture illustrée. roman  d’expression française
1 ère  parution : 1953
épidémiessavants fous et maîtres du monde

Paul DAUNAY

(1885?-) Pseudonyme de Paul Daubannay. Avocat, blessé de guerre (14-18). Traducteur (avec sa femme?) Beau-père de Claude MOLITERNI. A écrit quelques romans policiers (réf: le site "à propos de littérature populaire")


Polo le maquereau  et Orsini l’inspecteur de police, s’entendent bien en dépit des apparences ; originaires tous deux de Corse, ce sont des « pays ». Orisini se fait du souci pour Mirabelle, légitime de Polo et prostituée notoire :
« Qui ne connaît Mirabelle ?  (…) Elle fait partie de ces aimables filles qui ne savent rien refuser à personne et qui, en essaim pressé, s’efforcent, à l’ombre de l’église de leur patronne, sainte Madeleine, de faire passer d’agréables moments aux amateurs de leur beauté agissante. »
Ses services l’ont vu « faire une passe » en compagnie de Hans Herz, alias le docteur Wiener, un spécialiste bactériologue :
« - Hans Herz, qu’est-ce que c’est que ça ?
-C’est un savant allemand qui est spécialiste de la bactériologie. Tu sais, le truc à lancer des microbes sur les populations pour les faire mourir de sales maladies. Au moment des nazis, Herz, qui est juif, s’est sauvé en Angleterre où il a continué ses travaux. (…) On se demande ce que Herz peut bien être venu faire à Paris. »
Polo interroge Mirabelle à ce sujet, d’une façon plutôt musclée. Elle lui relate les étranges manières de Herz qui l’a examinée avec un speculum avant de lui faire pratiquer un coït avec un Anglais du nom d’Altman. Mais comme il payait bien… Peu de temps après, Mirabelle est droguée, enlevée et se réveille en compagnie de deux autres prostituées, Minette et la môme Toutou, en un étrange hôpital. Elle se rend compte, en dépit de son cerveau un peu fragile, qu’on ne leur veut pas que du bien en ce lieu. Elles arrivent à s’enfuir de la villa. Heureusement Polo et Orsini, alertés par hasard, ramassent les trois filles et avec d’autres policiers investissent l’endroit. Herz leur glisse entre les mains et se fera oublier, jusqu’au moment où, jouant le tout pour le tout, il subtilise à nouveau Mirabelle et ses amies pour les
exhiber (à l’Hôtel-Dieu !)  en face d’un mystérieux auditoire dans le plus simple des appareils: il tient à prouver l’efficacité de son microbe « de la pourriture » :
« «J’ai découvert le microbe qui provoque cette pourriture et suis arrivé à l’inoculer à des êtres vivants, de sorte que la désintégration des corps peut avoir lieu sur des vivants et non sur des cadavres.(…) Un pays que nous aimons pour les sacrifices qu’il fait à la science, m’a permis de transporter mes expériences de laboratoire sur des êtres de la dernière abjection physique et mentale. (Dans la pratique) il fallait le pays d’application. Il nous est apparu immédiatement que la France remplissait toutes les conditions voulues. C’est un pays pourri politiquement et mentalement. Les Français ne songent qu’au plaisir et sont incapables du moindre esprit scientifique. Ils sont vaniteux, turbulents, agressifs, incapables de la moindre réflexion. Ils ne peuvent se diriger eux-mêmes, pas plus que leurs gouvernements ne sont capables de les diriger. C’est un pays qui doit disparaître de la carte du monde. »
Bon savant mais piètre connaisseur du monde féminin, il n’a pas réussi à infecter Mirabelle, ni Minette qui avaient pris «leurs précautions ». Une deuxième fois, Mirabelle obligera Herz alias Wiener à s’enfuir, tout en mettant la main sur un magot qu’elle partagera avec son grand romantique de Polo. Plus tard, Orsini apprend aux filles l’existence d’un sérum probable du  «microbe de la pourriture » caché dans la villa. Mirabelle s’y transporte de toute urgence avec la môme Toutou qui elle, a été infectée.
La maladie gagnera rapidement et, lorsqu’elles découvrent Wiener en train de détruire le stock de sérum, la môme Toutou, se sachant condamnée, pris d’un accès de rage terrible, entraînera le savant fou dans son abjection en le contaminant à son tour.
Tous les ingrédients du récit populaire sont réunis en une rapsodie du crime : la présence constante du thème de Paris, les filles de joie, le sexe (osé pour l’époque), un savant fou et ses bactéries, une haine tenace envers la société (surtout française), des ressortissants de la pègre parisienne (sympathiques) et un policier qui affiche de troublantes ressemblances avec Bérurier, le guignolesque personnage de San-Antonio.


couverture du roman "Mirabelle a les foies"
Un roman policier "pur jus" , et pourtant...
 
 
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