Miasmes de mort - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

Miasmes de mort

les oeuvres > LA CITE FOUDROYEE

Miasmes de mort par Gilles Santini, Florent-Massot éd., 1996, coll. " Poche révolver Fantastique " N°2, 1 vol. broché, in-12 ème , 139 pp. couverture illustrée par Number.  roman d’expression française
1 ère  parution : 1996
invasions d’insectesla cité foudroyée

Gilles SANTINI

Très peu d'informations sur cet auteur français, sinon qu'il s'est spécialisé dans le genre fantastique "gore" et l'ésotérisme de pacotille.

A Paris se présente une situation invivable. Des milliards de mouches, de l’espèce Calliphora Vomitoria Sarcophaga (mouches bleues et mouches à viande), en provenance de tout l’hexagone, ont envahi le ciel de la capitale. Elles constituent un danger mortel pour les Parisiens au moment même où  la ville est mise en quarantaine :
" Fou de peur, l’homme se giflait de toutes ses forces pour chasser les diptères. Son visage était à présent couvert d’une purée visqueuse, broyat d’abdomens et de lymphe. Une terreur innommable le liquéfia. Celle qui devait hacher les tripes des premiers humains au moment où les mandibules des insectes géants qui peuplaient alors la planète se refermaient sur eux pour les déchiqueter. Il ouvrit la bouche pour hurler sa détresse et un nuage de mouches s’y engouffra. Elles se frayèrent un chemin vers les poumons et les viscères afin d’y pondre leurs larves à charogne. Quand il la referma, mâchant la bouillie vibrionnante qui lui engluait la langue et le palais. Mornier disjoncta. "
Des chars ont pris possession aux divers points d’accès de la cité pour empêcher toute évasion désespérée. Des hélicoptères sillonnent le ciel larguant régulièrement des paquets de Di-Phényl Benzène, insecticide plus puissant que le D.D.T. Les Parisiens sortent la nuit, et en scaphandre, pour éviter d’être dévorés vivants :
" Le son s’enfla soudain dans un crescendo à l’aigu insoutenable. Le convoi venait de pénétrer dans l’œil du cyclone. Au même instant, un formidable crépitement grêla les tôles. On aurait dit que des millions de petites billes d’acier se déversaient sur le wagon. Tous les regards convergèrent vers le plafond et ces yeux reflétaient une atroce terreur. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait enfilèrent fébrilement leur heaume et réglèrent le respirateur.
-Les mouches, dit simplement Sherman. "

C’est dans cette ambiance de fin du monde que les détectives Sherman et Silvani cherchent une piste, supposant qu’un tel fléau ne peut avoir une origine naturelle. Aucun indice ne sera négligé, même le vol dans un obscur bureau du palais de justice de Dijon, d’un embryon dans le formol, ancienne pièce à conviction d’un crime particulièrement horrible commis en son temps par un prêtre défroqué :
"Le bac mesurait un mètre cinquante de longueur sur soixante centimètres de hauteur et quarante de profondeur. Empli d’un liquide rose, légèrement luminescent, il s’irisait régulièrement de fulgurations mauves. Un fœtus, recroquevillé, se balançait tout doucement dans le faible courant généré par la différence de potentiel électrique. Son corps, presque translucide, laissait apparaître sa fragile ossature. Ses longues mains brassaient le liquide amniotique."
Les voleurs ont signé leur forfait de quatre lettres hébraïques, le Beth, le Zaïn, le Vau et le Tau, ce qui s’interprète comme " Baal Zevoth ", autre formulation pour "Belzébuth ", le " 666 " ou le " chiffre de la Bête ". L’affaire sera mise en relation avec une autre où apparaissent les mêmes lettres.
Entre temps, le deuxième fœtus volé est acheminé à travers les égouts de Londres vers sa destination où il sera branché sur le réseau électrique. Immédiatement, des nuages denses de mouches se rassemblent car le Baal Zevoth est le catalyseur par lequel s’installera le règne de la " Bête ". Sherman est invité à la conférence du professeur Morasse, grand spécialiste des diptères. Il fait la connaissance de Tara, la femme du professeur, qu’il croit impliquée en cette ténébreuse affaire. En réalité, Tara est un agent double au service du 2 ème  Bureau et sera éliminée par les dévôts du "Baphomet ", le grand organisateur de l’apocalypse,  tandis que Sherman, livré aux mouches,  est à deux doigts de périr :
" Il sembla à Sherman que le son diminuait en même temps qu’un liquide visqueux dégoulinait de ses oreilles. Il comprit. Les larves. Sarcophagas et Calliphoras pondaient par rafales, lui emplissant tous les orifices du corps. Le caviar blanc ruisselait au coin de ses lèvres, recouvrait ses paupières, emplissait toues ses cavités. Le privé s’efforçait de n’ouvrir les yeux que par brefs instants. Malgré cela il pleurait déjà des centaines de millions d’œufs. "
A l’origine de l’affaire se situe le Baphomet, un magicien noir, le " Seigneur des mouches " qui espère provoquer l’arrivée d’un nouveau règne dès la chute des " babylones modernes ".
A Londres, Sherman et Silvani, encadrés par des troupes de choc, recherchent le foetus maudit dans les égouts. La lutte avec les disciples du Baphomet est âpre mais aussitôt le monstre éliminé, les mouches cessent toute activité au-dessus de la ville. Lord Humphrey Hupsdrick (HHH) est l’un des complices du Baphomet, chargé d’engrosser la jeune vierge Fiona,  en vue de continuer l’action entreprise :
" -Mais les temps sont venus, continuait la fille, enflant la voix comme un animateur de reality-show. Après le Big Bang, le Big Crunch approche. Après l’expansion, ce sera la Grande Récession. Les mouches vont détruire l’homme. Puis elles seront exterminées par les fourmis et les fourmis succomberont à leur tour sous la masse des termites. L’imago rejoindra la nymphe et la pupe rentrera dans l’œuf. Toute vie retournera dans le sein de Mère.  Après s’être dilaté, l’espace se contractera. Ce qui était infini redeviendra de la taille d’un point.
-Amen ! baîlla Sherman, à qui elle commençait à casser les burnes. Et c’est le Baphomet qui doit réaliser les projets de ta Mère machin ? "
Il n’en aura pas le temps et sera éliminé par Sherman. A Paris, le désastre est déjà tellement prononcé qu’il faut un moyen radical pour se débarrasser du Baal Zevoth, soit inonder la totalité des égouts de la capitale. L’action sera couronnée de succès puisque, là aussi, les mouches abandonnent la ville. In fine, le fléau est éradiqué … mais le Baphomet court toujours.
Un récit policier qui repose essentiellement sur des effets "gore ", en un style paroxysmique, par ailleurs, savoureux.



couverture du roman "Miasmes de mort"
couverture d'un roman peu accessible car distribué parcimonieusement
 
 
Retourner au contenu | Retourner au menu