menaces végétales - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

menaces végétales

les thèmes

MENACES VEGETALES

Immobile, la végétation est proliférante. Ancrée dans le sol, elle n'en est pas moins animée d'une vie prodigieuse, susceptible, en quelques mois - surtout si elle est dopée - de recouvrir une cité, des  voies de communication, une région entière... Ici aussi, comme dans la thématique glaciaire,  la fiction de "l'accélération" participe à la dramatisation de la description. L'avancée végétale est liée aux idées de grouillement, de profusion, de prolifération. Avec persévérance, l'herbe reconquiert le terrain perdu par une humanité absente. Avec assiduité, la jungle s'installe dans les rues, les arbres pénètrent dans les demeures vides ou font s'écrouler les immeubles. Dans le roman de Ward Moore "Encore un peu de verdure", "l'herbe", indestructible, finit pas tout recouvrir, rétrécissant la surface des survivants à la dimension d'un radeau voguant sur une surface verte et dont les joints se délitent. "Paris envahi par un fléau inconnu" s'apparente au cauchemar. Des lianes et des fleurs prennent d'assaut les Champs Elysées lors d'une invasion qui ne dure , heureusement, qu'un bref instant. Enfin, dans "la Terre endormie" d'Arcadius, une bombe fait se proliférer une végétation qui recouvre la ville d'un étouffoir infranchissable.
L'homme est souvent responsable des malheurs qui lui arrivent. Par ses inventions chimiques ou ses armes sophistiquées, il détraque le règne végétal. Dans "Chocs en synthèse", une bactérie détruit les feuilles des arbres en bloquant le phénomène de photosynthèse. Dans "Je suis une herbe", un cocktail pollutif transforme la nature, peu agressive jusque là, en un règne qui part à l'attaque des animaux et des hommes. Par un procédé d'absorption et d'assimilation elle les rend semblables à des plantes pensantes. Ceci est également au centre du récit "l'Immonde invasion", qui soigne ses effets dans l'horreur. Des champignons, moisissures ou algues transforment insensiblement l'être humain en zombie végétal et spongieux.
Que serait-ce si la végétation était en plus animée de la même mobilité que les animaux? L'un des grands classiques du genre "la révolte des Triffides" explique comment les Triffides, ces plantes d'origine extraterrestre, défont une humanité aveugle et sans défense, accélérant la chute de l'espèce humaine.. La même mobilité, reprise également par l'excellente nouvelle de J. Lansdale, "Petits points de suture dans le dos d'un mort", dont la guerre nucléaire a dotée une race de plantes nouvelles et revanchardes, provoque la disparition du narrateur, humain désolé dans un monde vide. Le roman  de Taylor Caldwell, "Votre péché est le mien" insiste sur l'émergence d'une végétation hostile associée à toutes sortes d'insectes dangereux. L'homme étant le responsable de ce nouvel ordre à cause de sa faillite morale et idéologique.
La plante destructrice peut donc provenir de l'espace sous la forme de spores (théorie de la panspermie) ou directement apportée par des extraterrestres. "Génocides" de Thomas Disch, dont l'horreur réside dans la simplicité de l'argument et la linéarité du récit, raconte comme une race d'aliens (dont nous ne connaîtrons rien) ensemence la Terre à son profit en y faisant pousser "la Plante" dont ils se nourrissent, qui élimine toute autre forme de vie y compris la vie humaine. Les derniers hommes survivent en devenant des parasites logés dans les racines du végétal. Les menaces résident d'ailleurs tout autant dans la disparition de la végétation due à un déboisement intempestif ou dans la désertification des sols par une exploration intensive. Dans "Terre brûlée" de John Christopher,  le riz a cessé d'exister, ce qui affame les populations les obligeant se replier sur elles-mêmes.
Les menaces végétales restent parmi les plus importantes dans le monde d'aujourd'hui. Et si le rôle des extraterrestres dans le développement de la catastrophe est tout à fait mineur, l'on ne peut pas en dire autant de celui de l'homme, à travers les grandes compagnies qui s'approprient les terres  ou celles qui mettent un copyright sur des graines dont elles disent détenir les droits.



 
Retourner au contenu | Retourner au menu