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LES MENACES TELLURIQUES

Voilà au moins un danger bien cerné par l'espèce humaine. Depuis la nuit des âges, la terre a tremblé, les eaux ont débordé, les volcans ont craché leur lave.  Des morts en ont résulté, mais en petite quantité, morts  individuelles ou limités à quelques clans, quelques tribus. Pour les êtres humains, en petit nombre, trop épars dans la nature, non sédentaires, la catastrophe paraissait relativement limitée. Aujourd'hui, alors  que plus de 50% de la population réside au bord des océans, que les villes sont immensément peuplées, que les informations sont immédiates et mondiales, les dangers liés à ces sortes de convulsions terrestres sont énormes.
Les lieux les plus idylliques sont souvent les plus dangereux: les îles volcaniques tropicales, la presqu'île de Californie, les côtes indonésiennes.  Et pour cause. C'est là que se situent les limites des plaques tectoniques. L'échelle des désastres a donc bondi vers le haur. Le "Big One" californien provoquera beaucoup, beaucoup de morts... et des milliards de dollars de dégâts. Un raz de marée dans le Golfe du Bengale décidera du sort de l'Inde, du Pakistan.  Nous avons déjà eu des aperçus précis de ce qui peut se produire: le cyclone Kathrina à la Nouvelle Orléans, le tsunami dans les îles indonésiennes, se concluant sur des centaines de milliers de morts, des villes détruites, des infrastructures à l'abandon. Qu'en serait-il de la subduction du Japon entièrement posé sur une conjonction de plaques terrestres? Bien que la prévision des tremblements de terre soit devenu une cause nationale là-bas, rien ne pourra arrêter un séisme de force 9 sur l'échelle de Richter.
Pourtant le mécanisme de la formation des dangers telluriques est bien compris à présent, car lié à la vie même de la planète Terre, à la chaleur du noyau central, aux mouvements lents des cellules de convection. Les hommes font tout pour prévoir l'imprévisible: la traque des ondes sismiques, la surveillance constante de volcans instables,  mais ne peuvent évacuer tout danger. D'ailleurs, ajoutent les géophysiciens, il existe des dangers imparables dont l'humanité pourrait bien ne pas se relever. A deux reprises déjà durant les ères géologiques, la région actuelle du parc de Yellowstone, qui est une gigantesque caldeira, a explosé provoquant, de par son immensité, un désastre planétaire. Si cela se produisait à l'avenir, l'ensemble du continent nord-américain serait couvert de cendres volcaniques et un hiver nucléaire durable se répandrait sur le globe entier. L'on a également constaté que la péninsule indienne, le Dekkan, est constituée par les fameuses "trappes" , soit une couche de roches volcaniques de plus de mille mètres d'épaisseur datant très exactement de 65 millions d'années (l'époque de la fameuse chute d'une météorite tueuse des dinosaures). L'écorce indo-européenne s'est fendue à cette époque lointaine, dévastant des surfaces d'une grandeur inouïe.
Enfin, l'individu qui a expérimenté un tremblement de terre , s'en souvient toute sa vie, tellement fortes sont les angoisses et les terreurs fondamentales liées à une terre - l'archétype même de la stabilité - qui se dérobe sous ses pieds.
Toutes ces raisons expliquent pourquoi le thème reste vivace dans le roman conjectural. Tous les éléments d'un bon roman s'y retrouvent: une catastrophe inégalée, des destins anéantis, des drames humains insoutenables, un décor entièrement décomposé, des sociétés en ruines, des monstruosités liées à la nature humaine, une culpabilité sans nom.
Du "petit" tremblement de terre provoqué par des terroristes munis de technicité ( voir le "Dr. Séisme" de Warren et Murphy ou "Apocalypse sur commande" de Ken Follett), jusqu'à la folie meurtrière dans une région dévastée ( "Quelle secousse" de Rudolph Wurlitzer), les comportements individuels des sociopathes de tout poil sont analysés avec luxe de détails avec toutes leurs conséquences: vols, pillages, meurtres, viols, agressivité gratuite, esclavagisme, jeux de pouvoir, etc. Car l'imagination des auteurs n'a pas de bornes. Imaginez les effets d'un globe terrestre se scindant en deux: c'est ce que fait Jacques Spitz dans "l'Agonie du globe". Ou, tout aussi terrifiant, la mise en fusion de toutes les roches terrestres sous l'influence d'un élément allogène (en l'occurrence de provenance lunaire). C'est à ceci que se livre Stephen Baxter dans son excellent roman "Poussière de lune". Il en est d'autres encore comme la disparition brutale d'une magnétosphère qui laisserait le monde soumis au vent solaire, ou les conséquences marines inattendues du surgissement brutal d'un continent dans l'Atlantique ou le Pacifique (retour de l'Atlantide?)
Le cortège de malheurs qui suivent ce type de catastrophe sont tellement nombreux et aux effets si épouvantables, que l'être humain ne peut s'empêcher de culpabiliser: et si c'était de notre faute? Ainsi surgit l'hypothèse 'Gaïa" d'une Terre fâchée par les sottises humains (essentiellement de l'ordre de la pollution ou de la technologie),  qui voudrait se débarrasser de l'intrus comme un chien qui secoue ses puces. Beaucoup de romans débattent de ce sujet précis, comme dans   "Présages" de James Herbert ou dans  "Colère" de Denis Marquet) Force est de reconnaître notre petitesse face à la nature,  ainsi que la terreur sacrée qu'elle n'a jamais cessé de nous inspirer. La vitalité des écrits imaginaires en est la preuve.  


 
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