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MENACES TECHNOLOGIQUES


Voilà encore un thème présent depuis très longtemps dans le contexte de la science-fiction. Le mythe de la machine qui se donne une vie propre, du robot qui doit être bridé par les trois lois de  la robotique d' Asimov, de l'outil acquérant une autonomie propre,  prend sa source dans le "Frankenstein" de Mary Shelley. Le  début du XXème siècle s'est aperçu combien la machine pouvait être dangereuse. Elle déshumanise et son utilisation produit de la misère sociale. Dénuée de sentiments, poursuivant un but incompréhensible à l'homme, elle instaure, si on ne la combat pas, une dictature implacable comme dans la nouvelle de Jean Painlevé, "la Fin des robots". Pour en venir à bout, seule convient une vieille arme oubliée par l'humanité: l'eau qui grippe la mécanique! Et ce thème n'est pas prêt de disparaître. Un ouvrage récent , Robopocalypse, en fait son sujet principal, décortiquant les étapes qui mettent à terre la suprématie humaine en faveur d'un ordinateur ultra-puissant.
Et il est des dangers bien répertoriés. Les voitures par exemple avec leur fabrication autonomisée, la machine se dupliquant elle-même, leur ubiquité dans les déplacements,  inspireront plus d'un roman . Amplifiant des problèmes bien réels comme l'invasion de la vie quotidienne des personnes, les voitures, dans le récit débridé de Jean Yann,  mettront l'humanité à genoux en la faisant régresser vers une vie primitive où le long chemin vers la civilisation doit à nouveau être tracé. Dans "les autos de l'apocalypse", elles se dirigent toutes seules et agressent les groupes humains qui subsistent dans un monde secoué par le tellurisme.
Nous connaissons aujourd'hui les dangers bien réels de l'automatisation à outrance et la pression psychologique qu'exerce le taylorisme sur l'esprit humain. N'oublions pas que le robot est "l'ouvrier", le "travailleur" en langue tchèque, soit l'esclave moderne. La technologie, opposée à un monde de beauté et de simplicité naturelle, pèse lourdement sur nos vies, qu'elle simplifie parfois, à condition que nous fassions partie des heureux élus en position d'en profiter. Et d'ailleurs, si l'on creuse un peu, l'on voit comment elle s'articule dans les structures militaro-industrielles par son application immodérée dans les guerres présentes ou futures (l'Ingénieur von Satanas).
L'on souhaiterait que l'excellent opéra-rock "Mégalopolis" de Herbert Pagani ne  devienne jamais une réalité. Force est d'y reconnaître la justesse du propos quand l'interprète évoque l'interdépendance des systèmes, la fragilité de la société  et sa soumission à la complexités des processus engendrant la catastrophe. Reposant sur la théorie de l'aile du papillon, un rien suffira à faire basculer la civilisation dans le chaos. Car ce qui est complexe est fragile. D'autant plus que, grâce à la machine, nous avons oublié les anciens réflexes de survie. L'ordinateur , l'utilisation de l'informatique, l'interconnexion des communications, les interfaces de toute nature risquent, en cas de défaillance, de nous plonger dans le chaos comme évoqué dans le roman "une Seconde après". Aujourd'hui des simulations (déjà tentées en réel) montrent clairement les dangers auxquels nous serions exposés si nous n'y prenons garde.  Au bout du mythe des menaces technologiques émerge l'angoisse de la mort et de la destruction auxquelles nos sociétés seraient confrontées si nous relâchions notre vigilance. Le roman de science-fiction décline, de façon  ludique,  les modalités de cette angoisse.


 
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