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Manuscrit enterré dans le jardin d'Eden

les oeuvres > ADAM ET EVE REVISITES

Manuscrit enterré dans le jardin d’Eden , par R.M. Albérès, pp.179-205,  éd. du Panorama, 1967, 1 vol. broché, in-12 ème , 272 pp. couverture muette. recueil de nouvelles. nouvelle d’expression française.
1 ère  parution : 1967
Adam et Eve revisités

R.M. ALBERES

(1921-1982) René Marill  ALBERES. Profeseur d'université. Critique littéraire, journaliste, romancier. Une grande activité de critique littéraire et d'édition. De nombreux ouvrages et essais théoriques sur  l'histoire de la littérature. Un intérêt marginal pour la science-fiction.

Singulier destin que celui du narrateur, inconnu, sans diplômes, sans argent, habitant de Castelnaudary, amené à devenir le nouvel Adam d’une humanité sinistrée. Son aventure, il la relate sur un manuscrit en peau d’agneau avec son propre sang. Elevé comme tout élément de la classe moyenne,  avec les valeurs de la petite bourgeoisie, né d’un père propriétaire d’une mine de plomb à l’abandon, il grandit dans la société hypothétique de l’an 1982.
Après sa rencontre avec Lilith qui lui fait découvrir les frissons de l’extase et la manière de se pousser dans le monde, il s’inquiète, comme tout un chacun,  de la situation politique internationale. Prévoyant, puisque cette dernière se dégrade, il s’isolera avec Lilith dans ces fameuses mines de plomb pour un séjour de longue durée, attendant que le ciel rouge sombre (au sens littéral du terme) redevienne bleu clair.
Lorsqu’il sort à l’air libre, Lilith, à la vue des décombres épars devant eux, subira un choc tel qu’elle en mourra. Le voici donc, sans aucun doute pour lui, le dernier homme sur terre. En face de lui, des ruines et quelques squelettes grimaçants :
« Je trouvais des bourgs et des villes, déserts, silencieux. J’y prenais des provisions –le riz conservé dans une cave n’est pas contaminé - et j’y changeai de camionnette. Je fis environ un millier de kilomètres. J’étais seul. Je me fixai dans un ancien entrepôt de comestibles, pas très loin de Montpellier, parce qu’il était bien approvisionné et situé pourtant presque en plein campagne.  J’avais depuis longtemps pris avec moi une vieille radio à piles, mais elle ne livrait que des bruits d’ondes parasites, aucune émission humaine. »
Exit Homo Sapiens. Le dernier représentant de l’espèce humaine sera pourtant recueilli par un hélicoptère et mis en quarantaine en un lieu scientifique où se retrouve aussi une poignée de savants, de techniciens et de militaires (il y en a qui survivent même à la guerre totale), tous irradiés, hélas ! Tous, sauf notre héros. Une analyse rigoureuse de son corps prouvera qu’il est le seul encore apte à la reproduction. Mais à quoi bon relancer l’espèce humaine dans un monde en morceaux ?
Une invention nouvelle et fabuleuse faite peu de temps avant la catastrophe, une sorte de machine à voyager dans le temps, servira de vecteur. Les scientifiques pensent l’envoyer dans un passé lointain et imprécis en compagnie d’une femme, qu’il ne connaît pas encore  et qui, tout comme lui, est isolée et préparée dans ce but. Le problème c’est que seuls les éléments organiques peuvent franchir la barrière temporelle. Ni armes, ni artefacts technologiques. Ainsi, nus tous deux, ils seraient livrés au futur sans mémoire et sans protection.
C’est pour éviter cela qu’il trace son récit avec son sang sur une peau d’agneau, un témoignage de la grandeur de l’homme, que ses descendants découvriront en leur temps, un « manuscrit enterré dans le jardin d’Eden » :
« Dans quatre minutes, je devrai tenir à la main ces feuillets, et, brusquement, je serai nu sur un sol primitif . De notre civilisation et de sa ruine tout sera encore lointainement à venir. De la guerre qui a tué la vie planétaire tout sera encore impensable. Du refuge de plomb où j’écris, il ne restera rien, pas plus que du dôme voisin où l’on a également formé la femme que l’on me destine. Je pense que, à cinquante mètres l’un de l’autre, nous ne manquerons pas de nous retrouver. Autour de nous, il n’y aura que des fougères géantes. »
Une nouvelle intéressante écrite dans un style simple et fluide avec un humour en demi-teinte. Albérès, qui s’est toujours intéressé à la SF, y touche parfois, sans  s’y s’impliquer de trop, cependant.


couverture du recueil de nouvelles "Manuscrit enterré dans le jardin d'Eden"
Encore un écrivain de 'littérature générale" qui s'égare dans la science-fiction!
 
 
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