Lettre aux survivants - destination-armageddon

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Lettre aux survivants

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Lettre aux survivants par Gébé, Albin Michel éd., 1981, 1 vol., in-octavo, 115 pp. couverture illustrée par Gébé.  roman dessiné d’expression française
1 ère  parution : 1981
après la Bombe…


GEBE

(1929-2004) De son vrai nom Georges Blondeaux. Dessinateur français. D'abord dessinateur industriel (SNCF), il se tourna vers le dessin humoristique dans divers journaux (Paris Match, Journal du Dimanche). Devint rédacteur en chef de Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo. Poésie, ironie, humour et sensibilité de gauche caractérisent son oeuvre graphique

" Où en sommes-nous ? Tout ce qui reste de vivant est sous terre. Un facteur roule en surface dans les cendres végétales et animales, parmi les superstructures concassées de la civilisation. Il zigzague pour éviter les trop gros morceaux. Il porte une lettre à une famille qui végète sous l’emplacement de sa pelouse atomisée. Plus de boîte aux lettres. Le facteur ne peut communiquer avec eux que de vive voix, par le conduit d’aération de l’abri anti-atomique. Il leur lit la lettre après l’avoir décachetée.
C’est une longue lettre. Une très longue lettre à épisodes Elle parle des temps humides et verts d’avant la calcination. Les dessins qui, ici, illustrent la lettre, servent à montrer le facteur dans son morne paysage et les destinataires dans leur lugubre abri. Ils montrent aussi les représentations que le facteur et ses auditeurs forcés se font des récits de l’auteur de la lettre Pour toutes ces raisons les dessins sont utiles. ON CONTINUE… "
La famille Bonnelle "d’avant la catastrophe",  se trouve coincée au sein de son abri anti-atomique. Au-dessus d’eux, des ruines et des gravats parcourus par des facteurs à bicyclette  en tenue NBC. Ils ont pour tâche de lire des lettres aux survivants pour qu’ils ne s’ennuient pas trop. Par le biais du conduit d’aération chaque lecture de lettre insiste sur la beauté de la vie d’antan en faisant émerger des "plages de souvenirs " où tous les sens (goût, odorat, toucher, vision, audition,) sont concernés, d’une manière synsthésique.
Telle celle du petit garçon qui attend le train dans une bourgade ensoleillée avant que, vieillissant, il ne soit broyé par la vie, ou celle évoquant un moment de vacances au bord de la mer lorsqu’un vieux musicien joue de la mandoline spécialement pour la petite Marie Véronique pendant qu’elle sirote sa limonade ; ou celle qui raconte l’histoire de Joseph Banderin qui, circulant de village en village, propose dans les granges le spectacle de sa lanterne magique qui rend présent – ô miracle ! – un chou, une vache, les malheurs du charcutier Groboudin ainsi que ceux de Cirage, le petit négro. En ces temps-là " les lilas embaumaient "...
Un récit étonnant, singulier et prenant, sous forme de roman dessiné. Les images accentuent le caractère concret, émotionnel des choses et des êtres pour ressusciter en les opposant, le monde d’avant, lumineux et poétique, au monde de maintenant terne et malheureux. Une fable en guise d’avertissement.


couverture du roman dessiné "Lettre aux survivants"
couverture du roman dessinée avec toute l'ironie de Gébé
 
 
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