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les Prophètes de l'apocalypse

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

les Prophètes de l’Apocalypse par Jean Mazarin, Fleuve Noir éd., 1983, coll. « Anticipation » N°1218, 1 vol. broché, in-12 ème , 181 pp. couverture illustrée par Les Edwards. roman d’expression française.
1 ère  parution : 1983
guerres futures 1


Jean MAZARIN

(1934-) Ecrivain français de littérature populaire. De son vrai nom: René Charles REY.  Produit essentiellement des romans d'espionnage ou policier  noirs sous le pseudonyme d'Emmanuel Errer. Scénariste. Est venu à la littérature suite à un licenciement, puis au chômage. Ecrit de la SF au Fleuve Noir, ou de la politique-fiction. Grand Prix de la littérature policière.

Trois soldats, dans leur forteresse roulante, derniers survivants (peut-être) d’une guerre nucléaire générale, roulent vers le Sud,  dans un environnement de ruines radioactives :
«Au crépuscule, ils passèrent à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de ce qui avait été la troisième ville de France. Malgré la distance, ils découvrirent le ciel rougeoyant d’incendies, ou plutôt d’un unique foyer qui devait s’étendre sur l’ensemble de l’agglomération, chaudron de sorcière dans lequel avaient péri plusieurs millions d’êtres humains, en quelques minutes, quand trois bombes à hydrogène avaient explosé simultanément, à la verticale de la colline de Fourvière. »
Margi, le sergent, et Pilote quitteront leur blindé, le troquant contre une énorme auto à chenilles. Poursuivant leur route, ils s’interrogent encore sur le bien-fondé de leur mission quand ils recueillent Aviateur, un pilote ennemi vivant, éjecté de son appareil. Leurs relations sont tendues jusqu’à ce qu’ils aboutissent au bord d’un océan là où aurait dû se trouver la vallée du Rhône : les calottes polaires volatilisées par les charges nucléaires ont provoqué une montée brusque de la mer.
Ils longent ce terrain transformé en côte et ressentent comme une présence maléfique qui les poursuit. Dans un village, ils seront même cernés par des habitants-zombis, cadavres redevenus vivants, à moins qu’il ne s’agisse d’hallucination.  Les faits étranges s’accumulent : Aviateur – censé s’exprimer en allemand - parle soudain un français parfait, comme s’il était possédé. Il explique à ses compagnons que les Dieux Anciens sont revenus pour honorer le « Maître » et qu’à eux trois, ils forment « les Prophètes de l’Apocalypse », ce qui est également le titre du roman dont rêve Pilote dans ses cauchemars. La présence obsédante se fait plus lourde, surtout lorsque Margi se transforme physiquement en cadavre. Dans le doute, Pilote le tue :
« Pilote pensa à une arme nouvelle, terrible, une sorte de bombe à neutrons perfectionnée qui aurait laissé les objets intacts en faisant disparaître toute matière organique, en l’entraînant vers le néant…  Cela pouvait être une solution. Mais il y en avait une autre, trop incroyable, sur laquelle il n’osait pas se fixer. Ce n’était pas une bombe ni une arme secrète qui détruisait la vie, mais leur approche.  C’étaient eux, les rescapés de l’Apocalypse, qui portaient la mort, messagers pervertis d’un nouvel Ordre, ayant reçu sans même le savoir la mission de traquer l’ancienne vie pour la faire disparaître à tout jamais. »
Avec Aviateur, il poursuit sa route vers le Sud comme s’il tenait à rejoindre Bénédicte, la femme de ses cauchemars – sa femme peut-être ! - censée se réfugier dans les Pyrénées.
Lors d’un nouvel arrêt pour cause de ravitaillement, les hallucinations guerrières le reprennent encore plus fortement. Il assiste notamment à une confrontation entre deux armées de chevaliers du moyen-âge.  Les deux rescapés s’enfuient, puis rencontrent une femme-soldat, surgie du néant, survivante, comme eux, semble-t-il.  Sa présence provoquera la rivalité entre Pilote et Aviateur, aboutissant à la mort de ce dernier. La femme disparaissant aussitôt, Pilote restera seul en proie à des cauchemars d’une guerre sans fin qui mélange les périodes historiques :
« Pilote comprit qu’ils avaient sombré cette fois dans la guerre totale, celle qui n’a ni frontière ni âge, celle où tous les soldats du monde, de tous les siècles, se relèveraient toujours pour célébrer le nouveau Maître en continuant éternellement leurs combats. (…) Maintenant, la Terre entière allait devenir le théâtre de gigantesques carnages et tous pourraient revivre leurs combats, savoir enfin pourquoi ils étaient morts, et tous allaient célébrer le Maître dans cette boucle sans fin. »
Ce chevauchement lui fait douter de sa propre réalité : vit-il réellement où n’est-il lui-même que le jouet des fantasmes littéraires d’un auteur ? Le récit s’achève sur cette interrogation.
Ainsi, par un manque de cohérence interne, à travers des personnages inconsistants et un prêchi-prêcha moralisateur, par une description des effets de la guerre proche du voyeurisme, par une confusion constante des plans du réel, cet ouvrage se donne comme un roman inabouti, ou écrit à la hâte, en tous les cas, de peu d'intérêt pour le lecteur courageux.


couverture du roman "les Prophètes de l'apocalypse"
couverture de ce roman paru dans la collection "Anticipation"
 
 
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