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les Pionniers du déluge

les oeuvres > SAVANTS FOUS ET MAITRES DU MONDE

les Pionniers du Déluge par G. Bayard, Delagrave éd.1961, coll. "Aventure et Jeunesse", 1 vol. cartonné, in-8ème, 156pp. HT couleur. couverture illustrée par Félix Lacroix. roman d'expression française
1ère parution: 1961
savants fous et maîtres du monde


Georges B
AYARD

(1918-2004) Romancier français pour la jeunesse. Après unee scolarité brillante, intègre l'Ecole Nationale d'instituteur d'Amiens. Instituteur de profession. Résistant  durant la guerre. Un voyage en Angleterre lui inspira le personnage de "Michel" (série de 39 romans) . Traducteur d'ouvrages de l'anglais. Commença à publier chez Fleurus. (1956)  Série des "Michel", des "César", des "Cécile" et quelques ouvragees isolés.

L'aventure débute sous la forme d'un récit d'enquête policière classique. A Sydney, en Australie, le célèbre détective Tom Biglaw et son fils Bob, qui a de qui tenir, débutent une enquête en parallèle, laquelle connaîtra la même issue heureuse. Bob et son copain Jimmy sont sans nouvelles de la petite Minnie Learning, la fille du savant atomiste Bartholomew Learning, leur voisin. Minnie, ainsi que sa mère, semble avoir disparu. Un indice les met sur la piste d'un chauffeur patibulaire, conduisant une Vauxhall mystérieuse. D'autre part, le savant interrogé chez lui, semble hésitant, inquiet mais affirme pourtant que tout est en ordre. Tom, de son côté est contacté par la richissime Mrs Joss inquiète des agissements de son gendre, le financier Julius Gartner. Ce dernier a liquidé toutes ses actions et mis en vente la maison familiale sans avertir Mrs Joss. Elle demande donc à Tom de faire la lumière sur ce comportement mystérieux.
D'un autre côté, Bob et Jimmy avancent dans leurs recherches. Ils sont de plus en plus  persuadés que Minnie et sa mère ont été enlevées. Ils filent le chauffeur patibulaire qui les repère à son tour, les emprisonne et les drogue. Ils se réveillent à bord d'un avion, entourés de gardes et habillés avec une combinaison chauffante. Atterrissant en Antarctide sur la glace de la terre de Wilkes, dans une base secrète, ils seront immédiatement enfermés dans une des nombreuses unités d'habitation autonomes , réservées au personnel prénommé "les pionniers du déluge". A terre, il règne une grande animation: deux hydravions, un navire flottent à quai, destinés à l'on ne sait quelle évacuation. Finalement, amenés devant un pseudo-général, en réalité le banquier Julius Gartner, ils se rendent vite compte que le bonhomme est fou à lier:
"Mes valeureux Pionniers! Qui seront bientôt les maîtres du monde! Grâce à moi! Grâce à mon génie! Vous aussi, mes garçons, vous appartiendrez à la formidable équipe qui commandera sous mes ordres, à ce qui restera du genre humain! Finis, balayés, les rois et les reines, les gouvernements, les parlements, les armées! Nous aurons tout à reconstruire! Ahahahahahahah!"

Non seulement il a enlevé l'épouse et la fille de Learning pour forcer le savant à travailler pour lui, mais aussi il envisage, en toute simplicité, de déclencher un déluge généralisé en faisant exploser, à l'heure convenue, les multiples thermo-réacteurs, une invention de Learning qu'il lui a escroquée:
"Mais c'est impossible de tout faire fondre à la fois! Il y a des millions de kilomètres carrés! -Hélas!, si, Bob, c'est possible! Chaque thermo-réacteur renferme cent grammes d'uranium! de quoi faire fondre cent montagnes de glace comparables à notre mont Kosciusko ou vingt-cinq Mont Everest ou encore cinquante Mon Blanc! - Effroyable! murmura Bob anéanti".
De nombreuses unités atomiques miniaturisées, répandues sur la surface glacée de l'Antarctide devront vaporiser la glace, créer un puissant courant atmosphérique chaud qui déséquilibrera le climat, noyant les continents sous un déluge universel. La catastrophe n'épargnera personne sauf lui et ses sbires, les pionniers du déluge, qui se cacheront en une retraire sûre. En attendant ce moment décisif, les deux garçons se retrouvent dans leur cellule.
Mais Bob et Jimmy, toujours astucieux, trouvent le moyen de se glisser à l'extérieur, grâce à Minnie qui arrive à leur transmettre l'outil approprié à leur libération (une clé à molettes). Ils avertiront le monde du danger qui le menace en lançant à l'aveuglette un S.O.S. en morse, à partir du poste émetteur d'un des hydravions non gardés. D'autre part, en discutant avec le savant, prisonnier lui aussi, ils apprennent que l'engin déclencheur de la catastrophe pourrait être neutralisé par les deux petits thermo-réacteurs que leur remet Learning. Ils utiliseront le premier pour couler l'un des hydravions,  à la fois pour gagner du temps et aussi pour faire diversion. Quant au deuxième, il servira à faire fondre le poste de commande d'où partirait l'ordre fatal.
Entre-temps, l'on a averti Tom du message lancé par son fils, intercepté par la marine australienne. Immédiatement, avec l'aide du ministère, il se fait parachuter non loin de la base glaciaire des bandits. Neutraliser les gardes est pour lui un jeu d'enfant. Avec le savant Learning, et son fils enfin retrouvé, il menace le fou , le maîtrise, le ligote étroitement. La base sera détruite par l'armée et les aigrefins mis à l'ombre.
Ce récit, sans surprise et naïf par endroits, est l'un des  nombreux à présenter le thème du savant fou durant les années soixante. La miniaturisation des armes atomiques fait bon ménage avec les désirs du lecteur de vivre  une aventure scientifique. Parfois les ficelles de l'intrigue sont grosses comme lorsque l'auteur aborde les motivations du méchant, devenu "fou" parce que la reine a refusé de l'anoblir:
"Je pense qu'Augustus Gartner est victime de ses origines et des luttes qu'il a dû soutenir pour arriver à la fortune. Il a gardé, une fois la richesses atteinte, le complexe de ses origines. Sans doute aussi a-t-il surpris bien des fois, sur le visage des grands de ce monde qu'il recevait chez lui, des sourires qui sous-entendaient bien des choses! Il est possible que ce soit cela qui l'ait incité à chercher comment il pourrait éviter à son fils cette sorte d'infériorité héréditaire en lui léguant un titre de baronet. Vous savez comment sa Gracieuse majesté a écarté les présents de notre homme et comment elle a refusé de l'anoblir!"
De même, l'image du "chercheur" est quelque peu écorché, décrit le plus souvent comme un individu falot, lâche, hésitant, entièrement investi dans ses travaux, mais humainement peu sûr. La débrouillardise des jeunes et l'expérience de papa apportent la caution morale que doit offrir tout roman pour adolescent à l'époque. Un roman qui se lit sans ennui, surtout quand on a quinze ans.


couverture du roman "lles Pionniers du Déluge"
illustration de couverture de ce roman paru dans une collection pour adolescents
 
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