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les Insectes de feu

les oeuvres > INVASIONS D'INSECTES

les Insectes de feu par Thomas Page, Livre de Poche éd., 1978, 1 vol. broché, in-12ème, 319 pp. couverture illustrée par  D. Vernet.  roman d’expression anglaise (USA)
adapté au cinéma sous le titre «Bugs» (1975)
1ère parution: 1973  titre original: The Hephaestus Plague
invasions d’insectes


Thomas PAGE

Ecrivain américain de science-fiction. Etudes à l'université de Caroline du Nord. Diplômé d'anglais et de cinéma. A exercé divers métiers (barman, DJ, nettoyeur de fossiles, etc.) S'intéresse à l'écriture devenant un auteur à succès. Son roman est adapté à l'écran (Bugs). A habité en de nombreux endroits aux USA (Ohio, New York , Denver, Los Angeles, etc.)

Un tremblement de terre provoque l’ouverture d’un trou, près d’une ferme dans le comté de Montgomery, au Sud des Etats-Unis. De singuliers insectes, à l’apparence blindée, noirs et maladroits, apparaissent. Ils ont la curieuse propriété de mettre le feu au bois, et incidemment au reste, afin de se nourrir des cendres. Des spécialistes sont appelés à la rescousse, Linden le biologiste, Willy King le biochimiste, et l’entomologiste le plus réputé, professeur au Bainboro Collège avec son assistant Metbaum.
L’on entreprend l’étude de l’étrange insecte qui s’avère être une blatte, de l’espèce cafard, et, au vu de ses propriétés, Parmiter lui donnera son nom: Hephaestus Parmitera. La carapace est très difficile à écraser, l’insecte entretenant une relation symbiotique avec des bactéries. Parmitera se déplace lentement et stridule très fortement avant de frotter ses cerques l’une contre l’autre, produisant ainsi des étincelles. Il apparaît d’emblée comme un danger potentiel pour les habitats en bois. Les incendies se multiplient, sans que la police n’ait un seul soupçon des causes réelles : Parmitera avait essaimé dans le Comté:
" La source de carbone la plus abondante de toute la terre, c’était le réseau d’autoroutes des Etats-Unis. Les cafards s’étaient sans doute glissés dans toutes les voitures, tous les camions, tous les tracteurs du pays. Ils y avaient proliféré et, silencieusement, sans être remarqués, ils s’étaient infiltrés dans d’autres véhicules.
Pour ces animaux, une automobile, c’était un festin. Le pétrole, l’essence... quel régal! Ils n’avaient sans doute pas cessé d’éclore, et, cachés dans les voitures, ils n’avaient jamais été repérés. Ils avaient inhalé le carbone de l’air : l’atmosphère en était imprégnée. Ils n’avaient pas eu besoin de bouger : les autoroutes les transportaient partout, et bien au-delà du comté de Montgomery. Ils continuaient à éclore, changeaient sans cesse de voiture, se répandaient de plus en plus loin... "
La lutte contre l’animal s’accentue. De nombreuses solutions sont envisagées : contamination par le DDT, contamination biologique par des champignons, recherche d’un prédateur propre. Même la tarentule Bruno sera de la partie:
" La lutte fut silencieuse, mise à part la stridulation du Parmitera. Bruno chargea avec violence, et si rapidement que le cafard fut renversé sur le dos. Bruno mordit et griffa mais ses crocs et ses griffes glissèrent sur la carapace d’obsidienne de la blatte; et le venin de la tarentule fut épuisé après trois morsures inutiles. (...) puis Linden vit très nettement les six pattes de la Parmitera agripper fermement la tarentule épuisée et tirer contre son abdomen le corps velu de l’araignée. Les cerques se tenaient prêts pour l’hallali et bientôt une stridulation rauque retentit. Bruno, en proie à une folle agonie, essayait de se dégager des pattes étreignantes et des cerques perforants du cafard. Les pattes de la tarentule trépidaient de désespoir; une mince volute de fumée s’éleva, puis les mouvements de l’araignée se firent saccadés avant de cesser complètement. Linden ouvrit la cage et, avec tristesse, en retira les restes calcinés de Bruno. "
Les insectes se multiplient avec les incendies. Une course contre la montre s’engage entre les savants et Parmitera. Les habitants des différentes villes infectées assistent impuissants à la destruction de leurs immeubles. Parmiter, fasciné par cette blatte extraordinaire n’abandonne plus son laboratoire. Il ne comprend pas pourquoi Parmitera ne peut se reproduire alors que les oothèques de toutes les femelles sont remplies d’oeufs.
Grâce à Metbaum, une intuition fulgurante le traverse: la raison en est la pression atmosphérique trop faible, ces insectes ayant vécu des millions d’années sous terre sous une pression nettement plus forte. Incidemment, il découvre que le seul moyen pour venir à bout des blattes est l’action des ondes sonores émises à une certaine fréquence :
" Parmiter transféra les cafards d’une cage dans une autre à l’exception d’un seul. Il emporta celle qui contenait cet isolé dans son bureau et prit la radio de Metbaum avec lui. Il mit le son: c’était le même sifflement de parasite avec le même bruit de fond ronflant. Il plaça la radio dans la cage avec le cafard et poussa le son au maximum. Le parmitera se jeta sur la transistor, grattant furieusement de ses pattes les haut-parleur, les cerques vrombissant frénétiquement. Au bout de quelques secondes, il tomba sur le dos. Ses pattes se replièrent puis il demeura immobile. Parmiter le ramassa : sa carapace était ratatinée et molle, fendue de milliers de craquements qui s’entrecroisaient. Il disséqua l’animal: tous les tissus étaient réduits en pulpe. On aurait dit que l’insecte n’était qu’un petit hamburger. "
Ce moyen fut mis en action à grande échelle, des haut-parleurs installés sur les autoroutes, à l’entrée des villes, dans les divers quartiers. Le fléau sembla enrayé, les incendies cessèrent.
De plus en plus isolé et repoussé par ses collègues à cause de son attitude hautaine, refusant de répondre au téléphone, Parmiter poursuit ses expériences sur un couple de blattes. Les ayant enfermé dans un lieu pressurisé, il constate, avec l’augmentation de la pression atmosphérique, l’augmentation de l’activité sexuelle de Clarence, ainsi avait-il surnommé son cafard expérimental.. La copulation semblant avoir réussi, quelques temps après se développent, à partir des oeufs fécondés, de petites blattes. Elles sont différentes de Clarence, au corps plus mou, mais garderont les propriétés pyrogènes de leurs parents. Quant à leur organisation intérieure, Parmiter constate que les bactéries se sont entièrement installées dans le cerveau de l’animal. L’entomologiste surveille ses créations jusqu’à ce que se présente l’inconcevable : elles entrent en communication avec lui, car elles sont devenues intelligentes:
" Les cafards de Parmiter grimpaient lentement le long du mur. Ils se disposèrent dans un espace vide, à côté d’une marine suspendue à la paroi. Leurs corps s’agitèrent pendant un instant, puis s’immobilisèrent, dessinant deux mots très lisibles : JAMES PARMITER. "
Le nouveau Dr. Frankenstein des blattes approfondit la relation avec eux, étant sûr que ces cafards de la deuxième génération n’échapperaient pas à son contrôle puisqu’il était l’équivalent d’un dieu pour eux. La suite lui prouva qu’il eut tort. Se multipliant de façon exponentielle, les blattes envahirent le voisinage mettant le feu aux divers pavillons jusqu’à ce que Parmiter comprenne qu’elles ne recherchaient qu’un seul but : réintégrer le trou d’où elles étaient sorties. La migration eut lieu et rien ne put arrêter les animaux, coulant en un long fleuve vers leur origine. Le savant leur facilita leur évasion en faisant sauter à la dynamite la plaque de béton obstruant le trou:
" C’est moi! C’est moi! " La marée d’insectes se retira autour de lui. Les stridulations s’éteignirent partout à travers champs. Maintenant la dalle de béton était tout à fait nue. Les antennes, dressées et immobiles, semblaient attendre. Parmiter sentait le regard de millions d’yeux, derrière lesquels des millions de cerveaux le surveillaient, comme de fines aiguilles braquées vers lui dans les ténèbres".

Le fléau fut enrayé quand les blattes intelligentes retournèrent à leur destin souterrain.
Un récit-catastrophe mené tambour battant où l’auteur a montré sa maîtrise de la chose littéraire, faisant croire au lecteur que ses bestioles pourraient être réelles, par une véritable enquête scientifique sur les cafards qu’il étudie avec un regard... d’entomologiste.

Son personnage principal, le savant Parmiter, bourré de phobies et isolé dans sa recherche, à la fois savant fou, Faust et Frankenstein, est une réussite  Un film, " Bugs " en a été tiré qui a obtenu la Licorne d’Or et le prix du Public du Festival du film fantastique et de science-fiction à Paris, en 1975.


couverture du roman les "Insectes de feu"
couverture de la première édiition de poche
 
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