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les guerres futures 2

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LES GUERRES FUTURES 2


Commençons par les sentiments anglophobes et germanophobes en ce début de siècle, arguments maintes fois documentés dans le roman conjectural. L'Angleterre s'attire les foudres des Européens (et plus particulièrement de la France) par son insularité forcenée, sa politique d'équilibre, toujours à son avantage, son impérialisme maritime qui relègue les flottes alliées au second rang, et son attitude méprisante envers tout ce qui n'est pas anglo-saxon. L'invasion de l'île est donc considérée comme une impérieuse nécessité pour des Français qui s'y emploieront de mille manières différentes. Un modeste différend sera cause de la prise de Londres et de la destruction de la marine anglaise dans "les Malheurs de John Bull".  Car avant de s'approprier la city, encore faut-il éliminer l'armada redoutable qui protège le royaume de sa Gracieuse Majesté. "L'invasion de 1910" de W. Lequeux, la "Conquête de Londres" de l'écrivain belge François Léonard, "le Siège de Londres "du mystérieux Posteritas, ne disent pas autre chose: il faut détruire la marine anglaise. Tous ces romans reprennent l'argument de Napoléon et son intention déjà mise en scène dans "une Descente en Angleterre". A ce propos, l'invention du tunnel sous la Manche (ou d'un pont de bateaux enjambant le Channel), serait d'une utilité certaine.
Pour ce qui concerne les Allemands, avec lesquels nous partageons une longue frontière commune ainsi que de nombreuses guerres à travers l'histoire, le ton se fait encore plus âpre. Nous reprochons aux Germains leur militarisme forcené, leur morgue infinie, leur penchant pour le crime scientifique et l'impérialisme de leur culture considérée la meilleure dans un idéal de "germanisation" du monde. les souffrances de la France écrasée d'une façon anticipée  par la botte germanique sont évoquées avec force détails dans "Si les Allemands..." de G. Homsy. De même leur cruauté infinie, leurs penchant démoniaque pour la science dévoyée sont analysés chirurgicalement dans "l'Offensive des microbes" du professeur Motus. D'ailleurs, même les Allemands raisonnables (il y en a) sont révoltés par la schlague prussienne, comme dans "la Surprise (Uberraschung) " de l'Oberleutnant T. C'est pourtant Robida qui ira le plus loin dans la critique avec "l'Ingénieur von Satanas", récit approfondissant la responsabilité allemande à travers l'utilisation inconsidérée de la science dans le cadre militaire, thème déjà développé en partie dans le "XXème siècle" et "la Guerre au XXème siècle". La science, incontestablement d'essence diabolique, produit les obus perforants, les lance-flammes, les gaz de combat, les cocktails de microbes.  Le Kaiser, dont la figure se confond avec celle de Satan, s'engage dans un concept de "guerre totale", cher à Ludendorff. Ce seront les civils, les principales victimes d'une nouvelle guerre, loin derrière une ligne de front stabilisée et épargnée par les tirs (la Der des ders de Victor Méric)
L'efficacité maximum dans l'utilisation des armes explique la course vers la sophistication. Sur mer, par la généralisation des sous-marins et des rapides lance-torpilles qui auront raison des lourds cuirassés (Comment la France conquit l'Angleterre en 1888). Dans l'air, en abandonnant les zeppelins, trop lourds, trop vulnérables, trop peu maniables, et en les remplaçant par le rapide biplan lanceur de bombes, ou de fléchettes d'acier. L'avion, dans les guerres à venir, deviendra l'élément fondamental, en association avec l'infanterie, de la victoire sur le terrain. (Comment Paris sera détruit en 1936). Plus tard, Guderian, général de la Wehrmacht, véritable initiateur du "Blitzkrieg" proclamera constamment la primauté de l'avion comme protecteur du char de combat. mais déjà avant 1914 dans "Haut!, les Ailes", Gouvieux fait du pilote un centaure moderne, le héros sauveur de l'Alsace et de la Lorraine.
Ainsi apparaissent des véhicules et des armes de plus en plus sophistiqués, capables de faire face à toute guerre inédite du futur. Les drones remplaceront les avions (c'est déjà fait) , évitant les morts inutiles. De véritables forteresses roulantes assureront la victoire comme dans "Israël frappe à Dallas". Finalement, l'élément le plus rétrograde et obsolète est le combattant lui-même. Qu'à cela ne tienne! Dans "Soldat!, lève-toi!", Goldin lui substitue un clone, pur produit,  dont la destinée est de se battre continuellement, fût-ce contre lui-même.
Cette rapide incursion dans un thème si spécifique n'épuise de loin pas le sujet. Emblématique des temps actuels, la guerre et ses modalités (terrorisme, guerre civile, vendetta, avec ou sans otages, avec ou sans bombe thermonucléaire) constitue l'objet principal des prévisionnistes en ce qu'il risque d'orienter définitivement l'espèce humaine vers un futur  barré, si des mesures correctrices n'auront pas été envisagées de toute urgence.


 
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