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les Cuirassés de terre

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

Les Cuirassés de terre par H.G. Wells, pp. 124-178, in «le Pays des Aveugles », Mercure de France éd., 1914, coll. «d’auteurs étrangers », 1 vol. broché, in-12 ème , 269 pp. recueil de nouvelles, couverture muette. nouvelle d’expression anglaise (GB)
1 ère  parution : 1914
guerres futures 1


H.G. WELLS

(1866-1946) un homme-fleuve, un géant de la science-fiction. Anglais, écrivain, essayiste. Ecrit des utopies, des satires, de la prospective, des essais. Une enfance difficile, une vie sentimentale agitée,  de nombreux métiers et lectures aiguisèrent son esprit. Socialiste convaincu, il pensait pouvoir changer le monde. Inaugure pratiquement tous les thèmes canoniques de la SF en de nombreux romans et nouvelles d'un nouveau genre, le "Scientific romance". Président du Pen Club. Malgré une grande activité politique, son pessimisme à l'égard du genre humain ne fit que grandir dans les dernières années de sa vie.

Debout sur une hauteur avec vue sur les tranchées adverses, le journaliste, narrateur et observateur des événements, attendait l’assaut imminent. Dans cette guerre de position les deux armées se font face, en une succession de tranchées imprenables, aussi incapables l’une que l’autre de remporter la victoire sur le terrain. Cette immobilité fut soudain rompue, à la grande surprise de l’observateur, par l’apparition des « cuirassés de terre », énormes engins blindés et meurtriers, à roues et pistons multiples qui, comme des insectes caparaçonnés à pattes multiples, s’accrochaient au terrain, débordant les différentes tranchées avec une grande sûreté :
« Sous la pâleur tremblotante des rayons de lumière, l’insolite engin donnait l’impression d’un insecte de la taille d’un croiseur cuirassé, qui s’avançait en rampant obliquement vers la première ligne des tranchées,
et envoyait des bordées par les sabords pratiqués dans sa carapace. Et, sur sa carcasse, les balles crépitaient avec un acharnement et un vacarme pires que ceux de la grêle sur un toit de zinc. »
Semant la mort autour d’eux avec des mitrailleuses dotées d’une visée infaillible, servis par des soldats techniciens mais sans imagination, dont la mort des autres ne représentait qu’un aspect de leur travail, se moquant des obus qui s’écrasaient sur le lourd blindage, les cuirassés, en petit nombre, se voulaient les instruments de la victoire. Le journaliste s’étant retiré loin des monstres vit à quel point la mécanique sans âme cassa la dernière charge d’une cavalerie à cheval, courageuse, fière mais fragile :
« Un mois auparavant, il avait assisté au départ de ce régiment dans toute sa gloire, on lui avait raconté ses terribles prouesses, comment il pouvait charger de front, chaque homme couché sur sa selle et tirant, et comment il balayait devant lui tout ce qui se présentait pour lui faire obstacle, infanterie et cavalerie, sous toutes leurs formations. Et ces centaures avaient eu à combattre quelques vingtaines de jeunes gens embusqués dans des machines odieusement inattaquables. – L’humanité contre la mécanique, - pensa le correspondant. »
Ainsi sonnait le glas de la guerre traditionnelle qui basculait dans « la guerre de demain », celle qui verra s’affronter plus tard drones et avions furtifs.
Une nouvelle visionnaire de Wells qui, comme Robida, détaille les engins de mort qui seront utilisés sur les nouveaux champ de bataille de 14-18.


couverture du recueil "lle Pays des aveugles"
couverture du recueil contenant la nouvelle précitée
 
 
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