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les Buveurs d'océan

les oeuvres > PERIL JAUNE, GUERRE DES RACES

les Buveurs d’océan  par H.J. Magog, Jules Tallandier éd., 1926, coll. « Les Chevaliers de l’aventure » N°24, 1 vol. broché, in-12 ème , 124pp. couverture illustrée. roman d’expression française. (paru également sous le titre « Extraordinaires aventures de deux fiancés à travers le monde », Ollendorf éd, 1922,  ainsi que réédité par Jacques Glénat, 1979, coll. « Marginalia » N°17, 1 vol. broché, in-12 ème , 189 pp. couverture illustrée par Winninger.)
1ère  parution : 1922
menaces climatiquespéril jaune , guerre des races


J.H. MAGOG

H.G. MAGOG (1877-1945) De son vrai nom Henri Georges JEANNE. Romancier français extrêmement prolifique. Romans policiers, fantastiques, romans-feuilleton, sentimentaux, et de science-fiction. A collaboré avec Féval Fils pour la rarissime série: "les Mystères de Demain"


Le docteur Kasuga, dangereux petit nippon aux yeux bridés, poursuit la jeune Suzanne de Glandèves de ses assiduités, au grand dam de sa famille, et surtout de son fiancé Jim Sandy, qui l’éconduit sans façons. Kasuga promet une  vengeance impitoyable. Le futur beau-père de Jim, américain de nationalité, est outré par une telle prétention mais effondré lorsque le Congrès américain oblige tous les membres de sa famille à s’embarquer pour le Japon où sous le titre «d’ambassadeurs» ils serviront d’otage «légaux», mis en cette situation  en fonction de l’intérêt supérieur des Etats-Unis. Car le docteur Kasuga, qui n’est pas resté inactif, a proposé une alliance commerciale au gouvernement américain suffisamment attractive pour que ce dernier réponde à tous ses caprices.
Au Japon, près de l’île de Seijo, Jim est enlevé au cours d’une séance de magie,  et toute l’énergie de son serviteur Guilledou ne suffira pas à le tirer des griffes de Kasuga. Il se réveille au fond d’un gouffre où des centaines de milliers de travailleurs de race jaune (Chinois, Mongols, etc.) s’exténuent et meurent en creusant des puits de plus en plus profonds sous la direction de Mister Big, un inquiétant savant américain :
«De mois en mois, des troupes, des armées d’émigrants, racolés ou enlevés par la police japonaise, disparaissaient des villes et des villages pour ne plus jamais réapparaître. C’était par milliers que ces Chinois avaient été entraînés vers de mystérieuses destinations par leurs dominateurs ».
Embauché par Kasuga, enfermé sur son lieu de travail, Mister Big a mis en œuvre le projet le plus insensé qui puisse se concevoir : vider l’océan Pacifique de son eau qui sera vaporisée par les masses brûlantes du manteau sous-jacent, puis rejetée par les volcans :
«Apprenez-donc quel but poursuivent ces hommes, que vous voyez creuser, dans le roc de cette voûte, de gigantesques fourneaux de mine. Remarquez, auparavant, que cette formidable entaille, cette calotte de près d’un kilomètre carré, coïncide avec ce gouffre qui, vraisemblablement atteint le centre de la terre.(…)
Jean fixa sur son interlocuteur des yeux hallucinés d’épouvante. L’étrange guide sourit. -Eh bien ! dit-il froidement, ils sont en train de préparer la brèche par laquelle le Pacifique se videra dans les entrailles de la terre. Ils veulent mettre l’océan à sec. »
Le but étant d’annexer le fond de l’océan ainsi mis au jour comme un nouveau continent à se partager entre Américains et Japonais. Mais Mister Big connaît un secret que même Kasuga ignore : un tel projet risque de faire exploser la terre entière avec les pressions mises en jeu, ce qui réjouit ce vieux nihiliste. Jim, destiné à mourir, est rejoint par Guilledou, enlevé à son tour. Les deux hommes sont dans l’expectative lorsque l’un des plafonds percés laisse s’échapper une gigantesque cataracte d’eau : l’opération «buveur d’océan » vient de débuter !
De leur côté, les membres de la famille de Suzanne ont échappé à leurs geôliers, aidés par Sada, la petite bonne japonaise amoureuse de Guilledou. Ils s’embarquent en vitesse pour fuir le Japon quand, au large de l’île, ils constatent avec surprise la mise au sec de l’océan. Les eaux disparaissent révélant un fond encore vaseux où se dépose leur bateau :
«Quand l’aube reparut, ils s’aperçurent qu’ils n’avaient plus devant les yeux qu’une mince nappe d’eau glissant sur le flanc d’une montagne de vase, surgie du fond de l’abîme. Puis, soudain, les eaux cessèrent de couler et la gigantesque montagne, devenant une chaîne uniforme, de très faible pente et s’étendant à perte de vue, érigea définitivement au-dessous de l’océan sa crête asséchée. »
Perdus dans l’immensité ils aperçoivent avec angoisse l’avion du docteur Kasuga qui les traque. Profitant du désarroi de Suzanne, Kasuga, qui a rejoint les fugitifs, enlève la jeune fille pour la mettre en sûreté sur un navire américain proche, toujours lié par le pacte signé avec le diabolique nippon. Mister Big, Jim et Guilledou échappent à leur tour au piège infernal en se creusant un chemin vers le haut à coups de dynamite. Ayant fini par rejoindre les membres de leur famille à bord du bateau enlisé, ils constatent la disparition de Suzanne et prendront place dans la jeep que les Américains leur envoient. Croyant à un heureux hasard, ils ne se rendent pas compte que c’est Kasuga, qui, pour mieux jouir de son triomphe, les a fait mettre sous bonne garde par le commandant américain. Proche de la victoire complète, le Japonais sera privé de tout dans un de ces renversements de situation propres à la littérature populaire. Il contemplera, effondré, la disparition de son pays dans les flammes, principale victime de sa folie :
«Le quinzième jour de ce fantastique voyage, une bande sanglante empourpra l’horizon lointain. Puis ce furent des lueurs d’incendie, d’énormes flammes rouges, qui dardaient vers le ciel leurs langues de feu ; des tourbillons de fumées noires, grises et rousses amoncelaient des bataillons de nuages, que trouaient à chaque instant des masses sombres, projetées en l’air par d’invisibles mortiers. D’incessantes et formidables détonations achevaient de donner l’impression qu’on approchait d’un camp de carnage et de désolation. Mais le font de ce gigantesque combat embrasait des lieues et des lieues ; l’œil n’en apercevait pas la fin, pas plus en largeur qu’en profondeur. »
Confondu par Mister Big, Kasuga sera finalement englouti dans les feux volcaniques, laissant Suzanne à Jim. Enfin tout finira pour le mieux, surtout pour les Etats-Unis qui annexeront le fond du Pacifique à leur territoire déjà immense.
Le roman, qui repose sur le même soubassement que « le Formidable événement » (voir ce titre), mélange adroitement courses-poursuite, personnages caricaturaux, sentiments excessifs et coups de théâtre. L’invraisemblable hypothèse de base sert à mettre en relief la vaillance économique des USA opposée à la traîtrise des Japonais. Un récit sans temps morts ni fioritures qui se lit avec agrément une fois la convention romanesque acceptée par le lecteur.



couverture du roman "les buveurs d'océan", Tallandier éd.
couverture du roman, coll. "Chevaliers de l'aventure", éd. Tallandier
 
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