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le Tournant décisif

les oeuvres > MENACES ANIMALES

le Tournant décisif par Arthur Porgès, pp. 49-55,  in «Fiction » 150, mai 1966,  157pp. couverture illustrée par Jean Allessandrini. nouvelle d’expression anglaise (USA)
1 ère  parution : 1965     titre originel : Turning point.
menaces animales


Arthur PORGES

(1915-2006) Ecrivain américain de science-fiction et de policier. Etudes de mathématiques, instructeur militaire (2ème guerre mondiale). Professeur de maths. Ecrit des articles scientifiques et techniques . S'intéresse à la science-fiction (70 nouvelles) puis à la nouvelle policière (160 textes) dont il apprécie les parodies de Sherlock Holmes et la thématique de la chambre close. Son manque de reconnaissance actuel est dû essentiellement à l'éparpillement de ses textes dans de nombreuses revues.

La Terre est au pouvoir des rats, conséquence de la guerre atomique de 1992 qui a fait disparaître l’homme en tant qu’espèce dominante. Le rat mutant, grâce à sa fécondité prodigieuse, a occupé la niche écologique de ce dernier. S’étant développé en taille et en intelligence, il a permis le maintien de quelques tribus humaines dans quelques enclaves éloignées et barbares, car il se rappelle avec nostalgie sa cohabitation de jadis, la relation amour/haine qu’il entretenait avec le bipède déchu :
« La situation ne manquait pas d’ironie. Les rats, de par leur expérience immémoriale de l’homme, lui portaient des sentiments curieusement ambigus : ils se rappelaient avec fureur les pièges, furets et raticides de jadis ; mais ils se souvenaient aussi, avec une sorte d’émotion, qu’un surmulot ne vivait vraiment heureux que dans le voisinage de l’homme. Non pas seulement pour les avantages de la nourriture et du gîte, mais pour le plaisir aussi d’avoir des gens autour de soi. »
Mais, pour que jamais plus l’homme ne reprenne le dessus, le rat contrôle rigoureusement sa fécondité, stérilisant au préalable tout humain en âge de procréer. A cette seule condition, il permet à certains d’entre eux d’émigrer au loin, dans ces enclaves sauvages, où les humains qui haïssent trop les rats pourront encore mener une misérable existence.Sans le savoir, ce vingt août 2067, ce rat, fonctionnaire du Bureau de l’Emigration de l’Empire, venait de vivre le tournant décisif pour sa race. Ce jour-là, il a permis à Walter Nolan, un opposant irréductible, et à sa femme Gloria, d’émigrer. Non sans s’être assuré que l’individu avait été soigneusement stérilisé et que la femme, qui avait fait une fausse couche peu de temps auparavant, avait subi une ovaritectomie. Ce qu’il ignorait, c’est que rien de tout cela n’était vrai. L’embryon, parfaitement viable, avait été transitoirement implanté dans le péritoine du mâle ce qui lui permettra de survivre jusqu’à ce qu’il retrouve son logement primitif dans l’utérus de la femme. Encore quelques cas de ce genre, et le glas de l’Empire des rats sonnerait à l’horloge de l’éternité.
Une nouvelle intelligente et ironique menée de main de maître.


couverture de la revue Fiction N° 150 contenant la nouvelle
couverture de la revue Fiction dans laquelle a paru notre nouvelle
 
 
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