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le Temps des grandes chasses

les oeuvres > SOCIETES POST-CATACLYSMIQUES 2

le Temps des grandes chasses par Jean-Pierre Andrevon, Denoël éd., 1973, coll. « Présence du futur » N°162, 1 vol. broché., in-12ème , 360pp. couverture muette. roman d’expression française. notice critique : le temps des grandes chasses (Denis Philippe) in « Fiction » 236, août 1973
1 ère  parution : 1973

sociétés post-cataclysmiques 2


Jean-Pierre ANDREVON

(1937-) Ecrivain. après des études aux Ponts et Chaussées, son service militaire en Algérie, devient enseignant. En 1969, l'écriture sera pour lui une occupation à temps plein.De nombreuses activités: journalisme, scénariste, illustrateur, écriain. Ses premiers textes paraissent dans des fanzines, puis dans la revue "Fiction" . Publie en moyenne quatre ouvrages par an, d'abord au Fleuve Noir ou chez Denoêl.  Plutôt spécialisé dans la SF cataclysmique. Aujourd'hui travaille surtout au profit du thriller et de la littérature pour enfants. De sensibilité écologiste.


Roll et Réda, un couple de jeunes barbares, vivent en harmonie au sein de la forêt. Entièrement adaptés à leur environnement, ils goûtent une vie intense au sein du Clan des Hommes, s’adonnant à la chasse dans laquelle ils excellent. Sans mémoire pour une histoire passée où cet endroit s’appelait la France, où des vestiges incompréhensibles et des inscriptions illisibles témoignent d’une violente guerre passée, Roll et Reda s’aiment et leur avenir est celui des gens heureux :
« Roll et Réda contournèrent la pierre rectangulaire. C’était un bloc minéral très dur et très lisse, qui avait plusieurs coudes de long, et semblait profondément enterré dans le sol dont il émergeait en biais, comme une pièce de bois qui jaillit du courant où elle vient de plonger.
Cependant, ce qu’il avait de particulier, c’était naturellement ses arrêtes parfaitement rectilignes, ainsi que les signes à demi-effacés, gravés superficiellement dans la pierre, et qu’on pouvait encore distinguer sur la plus large de ses faces. Les signes se décomposaient ainsi :

« C NT E NUCL  IR
D  F SS     M »

Un jour, le malheur s’abat sur eux sous la forme des «Chasseurs Brillants » débarqués de gigantesques « oiseaux noirs ». Capturés et parqués dans un centre de rétention, Roll et Réda, ainsi que leurs derniers frères du Clan, serviront comme esclaves ou gladiateurs dans les nouveaux jeux de cirque de la planète Orum. Les Orumiens qui disposent d’une technologie supérieure à celle de notre XXème siècle, étaient des humains issus d’une ancienne colonie stellaire terrestre oubliée (« Orum » est la déformation de « Europe»). Ils avaient basé leur société sur le concept du «pain et des jeux », repris de la Rome antique. La faillite de leur planète d’origine, l’isolement  des derniers terriens en clans séparés qui ont tout oublié de leur histoire, ont donné l’occasion à l’ancienne colonie d’utiliser la planète terre comme  réservoir inépuisable d’esclaves.
Roll et Réda l’apprendront à leurs dépens. Convoyés sur Orum sous la férule d’Ern Ozim, le « Grand Maître de la Chasse », en proie au choc de l’acculturation, ils feront leur apprentissage de gladiateurs destinés à mourir ou à vaincre. L’éducation guerrière de Roll, son courage et son habileté lui fait gagner progressivement le cœur des Orumiens durant les « Grands Jeux d’Hiver. » Opposé successivement à ses semblables, à des bêtes féroces, à d’autres humanoïdes,  il sort vainqueur des épreuves tout comme Réda qui, en tant que femme, interviendra dans la dernière partie des combats, supposée apporter les frissons supplémentaires dont raffolent les Orumiens. A la fin des Jeux, Réda est tué par Ern qui intervient personnellement dans l’arène, sous les yeux de Roll. Le barbare, devenu fou, cherchant à venger sa compagne, sera terrassé par le Maître des Grandes Chasses :
« HAINE !
Je vais te tuer !
Il n’a pas réellement prononcé cette phrase. Elle s’est seulement inscrite dans son cerveau libéré, qui ne contient plus qu’un bloc brûlant de haine, comme une lave bouillonnante. La bave aux lèvres, Roll s’est précipité sur Ern Ozim, ses mains aux doigts raidis pointés en avant comme s’ils avaient porté des griffes, ses mâchoires écartées sur ses dents comme si celles-ci avaient été des crocs redoutables. »
Séduit par son courage, Ern l’abandonnera à ses médecins qui le remettront sur pieds, et il l’affranchira,  lui permettant de vivre dans sa propre maisonnée. Roll progresse en connaissances générales et dans la science du combat sous les ordres du propre maître d’armes d’Ern, s’imprégnant de cette nouvelle culture en un seul but : tuer Ern, venger Réda. Son heure sonnera lorsque Ern, mis en confiance, le convie à un retour sur terre où devrait se dérouler une nouvelle chasse. Le voyage tournera à la catastrophe car des entités inexplicables et hostiles, que les Orumiens surnomment « les cylindres noirs » entourent Orum, la détruisent entièrement puis pourchassent tous les vaisseaux galactiques.
Naufragés sans retour sur une terre sauvage, Ern et sa sœur-épouse Alta, Roll et Vonin, le capitaine attaché à sa surveillance, devront survivre sans apport technologique. A ce jeu Roll est le meilleur, les autres dépendant de ses connaissances du terrain. Une nouvelle vie commence pour les anciens terriens :
« L’existence était indolente, le soleil cuisait la terre et les arbres d’où montait le chant des cigales, la peau des Orumiens brunissait à l’image de celle de Roll. Se souvenant des paroles de Roll, Ern avait à son tour quitté sa cotte de mailles, avait forcé un Vonin réticent à en faire autant ; et les hardes métalliques avaient été enterrées dans un coin. Ainsi, vêtus de simples tuniques légères qui commençaient à s’effilocher de partout, les civilisés prenaient des allures de sauvages. »
Mais Roll n’a pas oublié. Il tuera Vonin et Alta, blessera grièvement Ern. Sa vengeance accomplie, fidèle à une sagesse faite de fatalisme, Roll remettra son adversaire sur pieds comme celui-ci l’a fait jadis à son égard. Après avoir conclu avec lui la paix des braves, le temps s’étant chargé de guérir les souffrances des deux hommes, Roll et Ern, partis de la région lyonnaise où avait atterri leur navette, ont pris la route vers l’Est dans une France couverte de forêts, pour atteindre le reste d’un Clan où ils seront accueillis comme des frères.
Fable écologique sur fond cataclysmique, space-opéra rempli de bruit et de fureur, hymne à la vie et à l’amour, « le temps des Grandes Chasses » déroule un univers dans lequel les barbares ne sont pas ceux que l’on croit, où la technologie rend l’homme prisonnier de sa propre veulerie, où la rédemption individuelle est possible. Un roman dans lequel Andrevon fait la preuve –s’il en était encore besoin- de sa virtuosité de conteur.


couverture du roman "le Temps des grandes chasses"
couverture muette pour ce roman paru dans la collection "Présence du futur"
 
 
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