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le Temps de Vénus

les oeuvres > GUERRE DES SEXES, MATRIARCAT

le Temps de Vénus par Roland Weissenstein, Nuée Bleue éd., 1982, 1 vol. broché, grand in-12 ème , 127 pp. couverture illustrée par Nadine Brass.  roman d’expression française
1 ère  parution : 1982
guerre des sexes, matriarcat

Roland WEISSENSTEIN

(peu de références) Vit en Alsace. Travaille actuellement dans le secteur social. A, semble-t-il, écrit ce seul roman de science-fiction.

Depuis l’An 1 de la nouvelle ère, l’Empire de Vénus étend son pouvoir sur la totalité de l’Europe. Les femmes, fatiguées de l’agressivité des mâles et des grandes batailles de l’ère ancienne, se sont données une position dominante :
« Ils (= les hommes) y présidaient si mal, qu’ils finirent par provoquer un effroyable cataclysme qui détruisit la plus grande partie de notre globe. C’est à ce moment-là que les femmes lasses de subir les folies des hommes, s’emparèrent du pouvoir. Elles fondèrent avec les survivants l’Empire de Vénus. Elles limitèrent volontairement les frontières du monde vivant, laissant le reste désertique et abandonné. (…) Elles limitèrent les libertés des hommes, afin que jamais plus ils ne puissent accéder à des postes de direction »
La nature même s’étant lassée de leur arrogance :
« Quelques jours plus tard, malgré les centaines de millions de morts, malgré les destructions massives, la vie semblait vouloir reprendre le dessus. Chacun des deux antagonistes essayant de panser ses plaies, enterrant ses victimes, déblayant ses ruines, luttant contre la contamination des radiations atomiques. C’est alors que se produisit ce que personne n’avait prévu. Sans doute, réveillée par les innombrables explosions, de formidables forces enfouies sous la croûte terrestre se déchaînèrent. La surface du globe se mit à se craqueler, laissant entrevoir des gouffres béants. Des volcans surgirent un peu partout, déversant des océans de lave brûlante, engloutissant des Etats entiers. Dans les airs, des typhons dévastateurs balayèrent les continents, emportant comme des fétus de paille les maisons, les hommes et leurs belles installations modernes. »
Les hommes dominés, ne sont ni méprisés ni dégradés mais l’accès à la culture et à la politique leur est interdit. Près d’Alphaville, dans une clairière, en l’an 356 se réuniront les futurs tenants de la libération masculine. Les leaders Marc, Bernard, Robert, René et Jean se promettent de mettre un terme au diktat de Vénus, espérant toutefois faire couler le moins de sang possible. Marc devra se renseigner sur les conditions de vie des hommes d’avant l’ère vénusienne. Il se rend clandestinement à la Bibliothèque centrale où il se fera finalement repérer. Poursuivi, il devra son salut à Câline, une jeune femme qui s’éprend de lui. Rétabli, Marc poursuit son grand projet. Le discours qu’il prononce dans la salle de gymnastique de l’Impérial Collège d’Alphaville –discours autorisé et enregistré- sonnera comme le début de la guerre des sexes.
Les premières actions militaires tournent autour de la prise de la ville de Grasse, dans le sud de la France où les révoltés se heurtent aux milices féminines, utilisant cependant des armes conventionnelles, non mortelles.Après six années d’une lutte intense, les hommes, de victoires en victoires, se rapprochent d’Alphaville, la capitale, où le front se stabilise. L’Impératrice consent, lors d’un cessez-le-feu, à une rencontre de la dernière chance avec Marc, chef incontesté du parti masculin. Elle eu lieu près du Guadalquivir. Lors de cette rencontre, Marc éprouve un choc à la vue de Câline, perdue depuis le début des affrontements et véritable nièce de l’Impératrice.
Tout accord étant impossible, la bataille finale pour la conquête d’Alphaville commence. Les femmes prennent l’avantage en utilisant des gaz de combat, provoquant une hécatombe dans les rangs masculins. Les survivants, avec à leur tête Maurice, en se repliant, découvrent au sein d’une colline, des souterrains qui les mènent à des dépôts d’armes d’avant l’ère vénusienne, oubliées là et encore d’une terrifiante efficacité. Maurice transgresse les ordres de Marc de ne pas utiliser des moyens d’extermination de masse, et, devant la crainte d’être définitivement vaincu par les femmes, provoque une tuerie sanglante avec ces armes du passé :
« Quand ils débouchent sur les lieux du combat, le soleil se lève à l’horizon, éclairant de ses chauds et vivants rayons, un immense champ de morts… Des véhicules éventrés ; des engins tordus et désarticulés, comme soufflés par une force surnaturelle ; de grands trous béants éventrant le sol comme des cratères irréels ; partout des corps ignominieusement déchiquetés, des membres arrachés, du sang, maculant de grandes taches rouge sombre la terre, les personnes et les choses. Certains véhicules terminant de se consumer. Dans l’air une atroceodeur de soufre et de chairs calcinées. Plus d’êtres vivants, tout au plus quelques moribonds s’accrochant désespérément à la vie. Des milliers de morts.»
Marc, capturé par les femmes, promet à l’Impératrice d’arrêter cette folie homicide. Maurice mourra et les meneurs de la révolution avortée, seront traînés devant la cour de justice impériale pour y être condamnés à mort. Marc échappera à ce sort par l’intervention même de l’Impératrice puisqu’il est le seul à avoir jamais prôné une révolution non-violente :
« Quelques-uns d’entre nous, poussés par je ne sais quelle folie, ont fait resurgir du passé le spectre de la mort et de la désolation. Ils ont ainsi donné raison à la domination des femmes. Ils ont ainsi prouvé la vanité des hommes, qui s’imaginaient dignes de participer aux destinées du monde. Tout cela démontre de manière irréfutable le bien-fondé de la civilisation féminine, le bien-fondé de ses lois, de ses principes et même de sa tyrannie. »
L’Impératrice se rend compte que les événements passés sont les signes d’une nécessité de réforme profonde des structures sociales. Marc, désespéré d’avoir failli à la cause des hommes et d’avoir du même coup perdu Câline, sera sauvé du suicide par la jeune femme qui lui renouvelle sa fidélité. Tous deux vivront une nouvelle vie dans une société plus égalitaire.
Une gentille fable utopique toute pétrie de bons sentiments : le despotisme éclairé des femmes sera tempéré par une dose de proportionnelle mâle. L’écriture classique, d’un style scolaire, est (parfois) rachetée par une envolée lyrique (dans la description des horreurs notamment). Un premier ouvrage et le seul à ma connaissance d’un jeune auteur alsacien.


couverture du roman "le Temps de Vénus"
couverture de ce roman à petit tirage
 
 
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