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le Siège de Londres

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 2

le Siège de Londres par Posteritas, Marpon et Flammarion éd., sd., 1 fascicule broché, in-12ème, 108pp. couverture illustrée. roman d’ex-pression anglaise (GB)
1 ère  parution : sd
guerres futures 2

POSTERITAS
(aucune référence). Pseudonyme blindé.

Le « Siège de Londres » relate la fin de la domination anglaise sur le monde et le désastre militaire que subit l’Angleterre à cause de l’incurie de ses gouvernants. Le parti conservateur au pouvoir fit place aux Libéraux, menés par le tonitruant Gladstone. Ces derniers, avec l’accord de tous, démagogues et tièdes à la fois, firent leur possible pour diminuer l’influence de l’Angleterre dans le monde sans jamais tenir compte d’aucun des signes annonciateurs du désastre. Ils dégarnirent les place fortes militaires en Inde. Ils signèrent des accords de bonne entente avec les Boers d’Afrique du Sud, qui ne les respectèrent jamais. En Afghanistan, ils comptèrent sur l’amitié indéfectible des Russes qui ne pensèrent qu’à les trahir. Les Irlandais, toujours opposés aux Anglais, obtinrent de plus en plus de voix au Parlement. Enfin, en Egypte, ils abandonnèrent leurs alliés à la vindicte des Arabes du Soudan qui,  de pillages en pillages, menacèrent gravement le pays. Ce faisant, les politiciens anglais mécontentèrent, et  leurs citoyens, confondus par cette politique extérieure catastrophique, et les Français, de plus en plus agacés par leur morgue :
« En effet, un parti considérable en France criait qu’il fallait une guerre avec l’Angleterre, et il était évident qu’une telle guerre aurait été très populaire du côté du détroit français. La France jetait des regards d’envie vers l’Egypte, et ne se lassait pas déclamer contre la « perfide Albion », qui l’avait exclue des rives du Nil. Les journaux français, favorables à une rupture entre les deux pays, s’attachaient à démontrer la faiblesse de la marine anglaise à cette époque, et la réduction actuelle de l’ancienne armée britannique au-dessous de sa force normale. »
Lorsque les Conservateurs arrivèrent à nouveau au pouvoir, le mal était fait. L’Angleterre, affaiblie politiquement et isolée, devint une proie facile pour la France qui noua des alliances objectives avec les autres nations européennes désireuses de se partager le gâteau.Les efforts militaires entrepris par le nouveau gouvernement dans ses colonies ne furent pas suffisamment dissuasifs, malgré la grande bataille du Transvaal que gagnèrent les Anglais. Alors que les Français préparent une flotte d’invasion à Cherbourg et Calais, les Russes avancent en Afghanistan. L’Espagne, irritée par la situation de Gibraltar s’unit à la France. Les Irlandais bougent de plus en plus.Malgré tout, la déclaration de guerre de la France à l’Angleterre ne désarçonne pas le gouvernement anglais, toujours persuadé de l’excellence de sa force maritime, d’autant plus que l’invasion tarde à se produire :
«L’activité dans les ports, tout autour de la Grande-Bretagne, devenait étonnante. Le bruit des marteaux et des rivets était incessant. Portsmouth et Sheerness étaient une scène de tumulte et d’animation farouche. Dans toutes les stations les préparatifs recevaient une impulsion extraordinaire. A Woolwich des milliers d’ouvriers supplémentaires étaient engagés et les garnisons des côtes étaient renforcées. On rappelait les réserves navales : on augmentait la petite escadre du détroit de façon à former une flotte formidable, et une flottille de puissantes torpilles se trouvait prête en un temps incroyablement court. De plus, cinquante steamers magnifiques appartenant à des compagnies privées étaient remis entre les mains de milliers d’ouvriers pour être convertis en vaisseaux de guerre. »
Aussi fut-ce un coup de tonnerre dans un ciel bleu lorsque les citoyens anglais apprirent conjointement la nouvelle de la bataille de Bristol et le bombardement de Douvres par deux canonnières. L’insurrection de la population irlandaise du Sud et enfin le débarquement d’un corps expéditionnaire de dix mille Français, une tête de pont,  dans le comté de Sutherland au nord de l’Ecosse, provoqua une énorme panique dans les villes anglaises où l’on décréta, sans plus attendre, la mobilisation générale. Le gouvernement Gladstone, revenu au pouvoir, fut renversé ; des émeutes populaires mirent la ville de Londres à sac :
« La résidence officielle du premier ministre fut attaquée et réduite en ruines. Plusieurs membres du cabinet furent maltraités, et les gardes à cheval avec un grand nombre d volontaires chargèrent le peuple, réussissant à le repousser, non sans verser beaucoup de sang. La scène était horrible, et Londres n’avait jamais rien  vu de semblable. Les rues étaient partout teintes du sang d’hommes et de femmes massacrés. Bien des maisons dans le voisinage furent complètement détruites, et il n’y en avait pas une qui ne portât les traces de la grêle de balles dont la malheureuse populace avait été assaillie.
A nouveau le haut commandement militaire s’était trompé: il avait laissé le nord du pays quasiment sans protection, ce qui permit aux Français, dès qu’une puissante force conquérante eût quitté Brest pour Douvres, de marcher sur Londres, afin de prendre la capitale anglaise en tenaille.La tête de pont écossaise constamment réapprovisionnée par des vaisseaux français légers et rapides, progressa rapidement jusqu’à la grande bataille de Plymouth, qui se déroula de nuit, à l’aide des lampes électriques. A Douvres, l’explosion des magasins de munitions provoquée par un Irlandais traître à la cause anglaise,  signa la défaite du Sud et fut la cause de la grande Terreur. En face du péril, les Anglais s’unirent comme jamais. Les Montagnards écossais du Nord ainsi que les citadins anglais du Sud s’apprêtèrent à combattre et à périr.Le massacre de la terrible bataille d’Assynt fut comme un avant-goût de celle d’Edimbourg. A Inverness, les Français s’emparèrent du fort Georges, qui devint citadelle d’appui pour leurs troupes. Les Montagnards écossais, retranchés dans la ville, livrèrent une défense farouche qui ne résista pas à la ruée des zouaves. Les Ecossais, voyant que tout était perdu, pratiquèrent la politique de la terre brûlée, livrant leur capitale aux flammes, la réduisant à un champ de ruines :
« L’infanterie et l’artillerie de l’armée d’invasion se rendirent à la ville où elles entrèrent au Grass Market, et dans les rues autour de cet espace vacant, afin que le château fut menacé de là. Les sapeurs français en minèrent la grande porte, qui, par son explosion, redit l’entrée facile : mais, pour y arriver, il fallut passer devant des maisons d’où l’on jetait de grosses pierres et des pots de pétrole enflammé. Des femmes en sortirent, armées de couteaux et de haches, pour assaillir l’ennemi qui avait tué leurs pères ou leurs maris, leurs frères ou leurs fils. Les Français, tués et blessés, formaient ainsi dans les rues étroites des espèces de barricades. La boucherie était féroce, et il paraissait douteux que le château pût être pris au milieu de cet ouragan de feu et de mort. Bientôt, pourtant, les Français, par un élan presque frénétique, sautant sur les tas de cadavres, entrèrent dans le château et passèrent ses défenseurs au fil de l’épée quand ils eurent refusé de se rendre. »
L’opposition politique anglaise se fit de plus en plus violente au fur et à mesure que les Français approchaient de la capitale. A Carlisle les deux armées françaises firent leur jonction. Les envahisseurs redoublèrent de vitesse, à marche forcée, car il importait que les faubourgs londoniens soient pris avant qu’il ne s’y amasse une trop grande concentration de troupes ennemies. A Derby, les Français tombent dans un piège, en conséquence la ville fut passée au fil de l’épée. L’armée du Nord souffrira beaucoup de cette résistance acharnée, désespérée. Elle établit enfin son camp à Hampstead, s’emparant de toutes les lignes de chemin de fer, vitales pour les Anglais.
Pendant ce temps, à Londres, autour de la Tamise, s’était constituée une armée de cent vingt bataillons anglais, les Français bloquant l’embouchure du fleuve. L’attaque de Dulwich et de Hammersmith dura quinze jours durant lesquels les positions respectives des belligérants demeurèrent inchangées. L’on abattit les maisons de Chelsea pour faire place nette aux batteries, afin de casser un siège qui durait déjà plus de deux mois. La tour de Londres fut bombardée, et s’écroula. La bataille décisive eut lieu dans Green Park et Hyde Park, que les Français pilonnent sans relâche. Un brouillard intense aida un moment les Anglais qui manoeuvrèrent pour attirer les Français, méconnaissant le terrain, dans la « Serpentine », un petit lac, pour qu’ils s’y noient. Mais ce moment de gloire fut suivi par un ouragan de boulets, et par les charges sauvages des Dragons français. Cette contre attaque, qui dura six heures, brisa définitivement le moral des Anglais. Balayés par les zouaves, combattant à un contre dix, ils capitulèrent sans conditions.Les Français sont possesseurs d’un Londres transformé en monceaux de ruines. L’Angleterre, vaincue, cessa d’exister. L’Empire des Indes passa à la Russie, le protectorat égyptien, ainsi que Chypre, à la France, Gibraltar à l’Espagne. Les indemnités de guerre s’élevèrent à plus de trois cent cinquante millions de livres et la marine anglaise fut définitivement mise hors service. L’Irlande devint indépendante.
Un court roman, l’une des nombreuses séquelles, conséquences de la « Bataille de Dorking ».  Les faits, relatés avec une précision journalistique, traduisent la crainte et l’angoisse de la Grande Bretagne en face de la montée des puissances continentales. L’accent est mis sur l’irresponsabilité des politiques, le but de cette guerre conjecturale étant de réveiller le peuple anglais de son illusion de toute puissance.


couverture du roman "le Siège de Londres"
couverture de ce rare fascicule, dans l'esprit de "la bataille de Doking"
 
 
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