le Royaume des fourmis - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

le Royaume des fourmis

les oeuvres > INVASIONS D'INSECTES

le Royaume des fourmis par H.G. Wells, pp. 180-218, in « le Pays des Aveugles », Mercure de France éd., 1914, coll. « Collection d’auteurs étrangers », 1 vol. broché, in-12 ème , 269pp. couverture muette, recueil de nouvelles. nouvelle d’expression anglaise (GB)
1 ère  éd. : 1914    titre original : Realm of the ants
invasions d’insectes


Herbert Georges WELLS

(1866-1946) un homme-fleuve, un géant de la science-fiction. Anglais, écrivain, essayiste. Ecrit des utopies, des satires, de la prospective, des essais. Une enfance difficile, une vie sentimentale agitée,  de nombreux métiers et lectures aiguisèrent son esprit. Socialiste convaincu, il pensait pouvoir changer le monde. Inaugure pratiquement tous les thèmes canoniques de la SF en de nombreux romans et nouvelles d'un nouveau genre, le "Scientific romance". Président du Pen Club. Malgré une grande activité politique, son pessimisme à l'égard du genre humain ne fit que grandir dans les dernières années de sa vie.


Le capitaine Guérilleau et l’ingénieur anglais Holroyd  sont chargés d’une mission bien ennuyeuse : on leur a signalé la présence de fourmis susceptibles de chasser toute la population d’un village de brousse. Parcourant sur leur canonnière, le Batimo, affluent du Guaramadena au Brésil, ils devront rendre compte du fait et  prendre les mesures appropriées. La première rencontre avec les insectes a lieu lorsque qu’une barcasse, chargée de cadavres, s’approche de la canonnière. Les fourmis venimeuses ont colonisé le bateau. Le lieutenant Da Cunha monte à bord :
« Holroyd vit les fourmis battre en retraite devant les bottes de Da Cunha. Le Portugais marcha lentement vers le cadavre tombé, se pencha, hésita, empoigna la veste et retourna l’homme. Un flot noir de fourmis se précipita hors des vêtements.»
Holroyd reprit la lorgnette. Il aperçut autour des pieds de l’intrus les fourmis dispersées et agissant comme il n’avait jamais vu agir des fourmis. Elles n’avaient rien des mouvements aveugles de l’espèce commune ; elles regardaient le lieutenant comme un groupe d’hommes, en se ralliant, pourraient observer un gigantesque monstre qui les a mis en déroute. Elles agissent comme si elles étaient douées d’intelligence :
« Il découvrait qu’un grand nombre
de fourmis géantes – elles mesuraient environ deux ou trois pouces de longueur - et qui traînaient des fardeaux aux contours baroques, dont il ne pouvait saisir l’utilité, se déplaçaient par petits élans d’un coin obscur à un autre. Elles ne se formaient pas en colonnes dans les endroits découverts, mais en lignes ouvertes, clairsemées, évoquant curieusement les bonds de l’infanterie moderne progressant sous le feu. »
Da Cunha sera mordu lui aussi et mourra le soir même. Arrivé devant le village déserté par les humains et colonisé par ces fourmis géantes, Guérilleau se rend compte de son impuissance : comment combattre des adversaires aussi minuscules ? Il fit donc ridiculement donner du canon contre eux puis s’en retourna à son port d’attache avec un désagréable pressentiment :
« Jusqu’ici leur action consiste en une progressive et croissante installation, impliquant le meurtre ou la mise en fuite de tout être humain dans les nouvelles zones envahies. Leur nombre augmente rapidement, et Holroyd tout au moins est fermement convaincu que les fourmis enlèveront finalement à l’homme la totalité de l’Amérique équatoriale du Sud. Et pourquoi s’en tiendraient-elles à l’Amérique du Sud ? »

Une nouvelle dont le ton intimiste accentue le sentiment d’horreur. Nous sommes en présence de l’archétype du thème de l’invasion par les insectes ennemis du genre humain, largement exploité au cinéma (« Arachnophobia », « les Insectes de feu », « Them », etc.)


couverture du recueil de nouvelles "le Pays des aveugles"
Edition française de ce recueil de nouvelles
 
Retourner au contenu | Retourner au menu