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le Retour des barbares

les oeuvres > MENACES IDEOLOGIQUES

le Retour des Barbares par Jules Perrin, Eugène Fasquelle éd., 1926, 1 vol. broché,  in-12 ème , 230 pp. couverture muette. roman d’expression française
1 ère  parution : 1926
menaces idéologiques

Jules PERRIN

Nous n'en savons pas grand'chose.  Romancier feuilletonniste français. A oeuvré pour le magazine "Je Sais Tout" et "Nos Loisirs" (L'Hallucination de M. Forbe, Un monde sur le Monde) toujours dans l'anticipation scientifique.

Jean Sibiril écrivain de théâtre réputé, voue un amour inconditionnel à Dinah Magis, son actrice préférée. Pour elle, il a l’intention de créer une nouvelle pièce portant sur l’influence grandissante qu’exerce l’Orient sur l’Occident en mettant en scène la secte des Assassins qu’il imagine toujours active sous l’égide du Vieux de la Montagne, poursuivant son influence néfaste et occulte dans l’Europe contemporaine.  Un cheik arabe du nom de Mohamed-Aziz-Bey, jeune homme de grande culture et immensément riche, ancien condisciple d’université de Sibiril, renoue des liens avec son ancien ami et, par la même occasion, avec Dinah. Hautement intéressé par le projet de l’écrivain, il se tient à disposition du couple pour les faire profiter à la fois de ses largesses et de sa connaissance du sujet. Incidemment, Sibiril suppose qu’Aziz se sert du prétexte de la pièce pour courtiser la jeune femme, ce qu’elle dément.
De fil en aiguille, Aziz, toujours charmeur et dévoué, les invite à passer quelques jours de vacances dans sa résidence au Maroc où ils pourront mieux s’imprégner de leur sujet. Il peut même faire rencontrer à Sibiril le seigneur Ahmet-Ben-Hassan, l’actuel chef de la secte des Ismaëlites, improprement appelée " Assassins " et mieux connue sous le nom de " Haschichins ".  Cette secte, érigée en société secrète, existerait donc encore.  A la faveur d’un somptueux repas agrémenté d’une douceur au haschich, Sibiril est enlevé et se retrouve prisonnier dans une chambre rustique en plein cœur de la montagne marocaine. Toutes les attentions d’Aziz n’étaient que des leurres.  Alerté par les idées de l’écrivain qui, par hasard, semblait avoir vu juste sur les intentions de la secte, Aziz, affidé de celle-ci,  a pensé, plutôt que d’éliminer son ami, de le faire adhérer à ses convictions.  Toujours active depuis plus de mille ans, la secte, en secret, pousse à la subversion dans l’ensemble des sociétés occidentales. Véritable franc-maçonnerie à caractère initiatique, par le meurtre, le chantage ou la conviction, elle se trouve à l’arrière-plan de toutes les révolutions, y compris la bolchevique, de toutes les guerres, de toutes les agitations qui sont bonnes pour déstabiliser l’Occident. Son but ultime est l’anarchie, la destruction de tout pouvoir organisé, le retour de la barbarie :
" -En vérité, murmura-t-il, je n’imaginais pas que vos tendances fussent si uniquement destructives et je pensais qu’il s’agissait seulement de substitution. Dans la théorie communiste, les masses populaires qui s’estiment esclaves du capital, veulent imposer leur dictature,prendre possession de la richesse commune et l’exploiter au bénéfice commun, selon les capacités et les ressources de la production moderne. (…)
D’une voix calmée Aziz répondit : -Que la masse, pour l’instant, l’estime ainsi, soit. La masse ne doit connaître qu’à l’heure voulue le secret profond de la doctrine (…) car, soyez-en certain, mon cher maître, bolchevisme, communisme, dictature du peuple, ce ne sont là que des étapes nécessaires que nous aidons à préparer, tout en sapant les vieilles assises sociales sur lesquelles repose l’édifice vermoulu de cette civilisation qui vous semble encore si belle mais dont vous connaissez bien les lézardes et la précaire puissance. "

Aziz persuade son ami d’entrer dans la secte ou de mourir. Sibiril cède, à contrecoeur.  L’Arabe lui fait accomplir les étapes initiatiques nécessaires pour être reconnu par le Vieux de la Montagne, appelé encore Kourkia, un vieillard fanatique et dangereux. Sibiril doit abandonner toute idée d’écrire sa pièce et, en l’espace d’un an, se transforme en membre actif et inconditionnel de la secte. Le dramaturge retourne dans la villa de Gézirah chez Aziz. C’est là qu’il apprend l’atroce vérité : Dinah est morte, tuée par une dose trop forte de haschich ou intentionnellement, qui sait ?
Revenant à Paris où il se traîne, n’étant plus que l’ombre  de lui-même, Sibiril songe à se venger. S’abstenant de toute vie sociale, il passera sa dernière année à rendre compte du danger qui menace l’Occident avant d’être lui-même assassiné :
" En sommes-nous là ? Le flot qui submergea Babylone et Alexandrie, les barbares qui vinrent déferler sur le monde romain pour l’engloutir, le transformer, allons-nous les voir revenir sortir de cette traditionnelle forteresse, de ce rocher où je sais qu’ils rêvent et d’où leur influence agit magnétiquement sur le monde depuis des siècles, au plus profond de cet Orient demeuré fidèle aux premiers errements humains, en révolte contre notre ardente civilisation et toujours prêt à la détruire ? "
Un ouvrage intimiste écrit dans un registre de langue soutenu où l’amour entre les deux personnages principaux occupe une place importante. La thèse du complot occulte, de la menace idéologique rampante, par lesquels l’Occident risque de retourner à la barbarie, forme le soubassement d’une oeuvre qui trahit les préoccupations communes de plus d’un écrivain de l’entre-deux guerres


couverture duroman "le Retour des Barbares"
couverture muette pour ce roman ironique et fin.
 
 
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