le Maître des robots - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

le Maître des robots

les oeuvres > SAVANTS FOUS ET MAITRES DU MONDE

le Maître des robots par George Fronval, éd. du Chardon,1946, coll. "l'Incroyable", 1 fascicule broché, in-12ème,  127pp. couverture illustrée. roman d'expression française.
1ère parution: 1946
savants fous et maîtres du monde


George FRONVAL

(1904-1975)  De son vrai nom Jacques Garnier. Journaliste, illustrateur, écrivain français. A produit sous de nombreux pseudonymes. D'abord journaliste (l'Intransigeant, la Vie du rail, etc...) il fut auteur de romans populaires, tout genres confondus (plus de 800 récits). D'une grande érudition, et collectionneur acharné de documents populaires, il se spécialisa dans le cinéma de l'Ouest américain  et la littérature populaire. Critique dans le domaine du western, spécialiste des éditions SPE et Offenstadt, il participa à la vie du journal Pilote comme scénariste et dessinateur.



Comme d'habitude, le héros, journaliste à "Paris-Journal", Robert Marchal, se trouve au siège de la rédaction, quand arrive en morse et après le brouillage des ondes radio, les menaces d'un certain Tenax qui se proclame le Maître du monde:
"Moi, Tenax, maître tout-puissant, déclare à l'univers une guerre sans merci. Je ne redoute personne. Ma force est invincible. Grâce aux moyens dont je dispose, je saurai réduire à néant mes adversaires et quiconque aura la témérité d'oser se dresser sur ma route. Avis aux hommes fous qui tenteront de contrecarrer mes projets (...) Aujourd'hui, j'adresse l'ultimatum suivant: le gouvernement français devra abandonner immédiatement toutes ses prétentions sur ses possessions asiatiques. Le gouvernement britannique devra cesser toute domination aux Indes et dans les îles de l'Archipel. Quant à Washington, il devra abandonner toute idée de domination dans le Pacifique. Dans quarante-huit heures, les trois gouvernements en question devront évacuer les concessions internationales et française de Shanghai. J'ai dit".
Les menaces sont rapidement mises à exécution quand, après l'apparition d'un nuage pourpre au-dessus de la zone concernée, suivi d'une grande détonation, la cible est détruite. Ainsi, un paquebot britannique disparut corps et biens en mer, puis, un épouvantable incendie embrasa la totalité des champs pétroliers du Nouveau-Mexique, enfin l'on apprit la destruction par le feu de l'île de Sainte-Marie, près de la Réunion. Indubitablement, Tenax  en voulait au genre humain.
Jacques Dusmenil, le rédacteur en chef, confiera l'enquête à Marchal. Celui-ci s'adjoint dans sa quête son ami Blanchard, puis l'explorateur Langeville, enfin un garçon débrouillard, mécano de son état, Ludovic Bougon. Le groupe saura où chercher, le repaire de Tenax ayant été localisé dans une région désertique des hauts plateaux du Tibet. Embarquant immédiatement à bord de leur avion, ils s'envolent vers le cap prévu quand, arrivés sur zone, leur moteur s'arrête brutalement, les obligeant à un atterrissage d'urgence. Une agression ciblée de la part de deux mongols surgis de nulle part, et voilà nos héros entraînés dans le repaire souterrain du savant fou. La base dans laquelle ils pénètrent est immense, constitué d'innombrables couloirs, de nombreux bâtiments annexes et d'appartements, confortables par ailleurs, dans lesquels ils seront enfermés avant une confrontation avec le maître des lieux. Le physique de Tenax est bien en harmonie avec sa personnalité:
"Cet homme, c'était Tenax. il avait un aspect étrange et ressemblait à un fantôme. Drapé dans une ample cape noire au col relevé, il était petit de taille. Il avait la figure osseuse et décharnée. Son front nu, aux proportions anormales, était auréolé de cheveux blancs. D'épais sourcils noirs, surmontaient de profondes orbites cernées de bistre, au fond desquelles brillaient des yeux vifs, encadrant un nez crochu, semblable à un bec de vautour. Son teint bilieux accentuait la ressemblance avec un oiseau de proie."
Le savant fou les accueille, enjoué et ravi d'expliquer ses origines, sa carrière et ses intentions à un auditoire attentif et soumis. S'étant fait moquer dans son enfance par ses petits camarades (ce qui n'est pas bien!), de condition modeste quoiqu'intelligent, il a grimpé les barreaux de l'échelle sociale en se cultivant et en gagnant sagement sa vie par ses inventions. Mais jamais il n'a réussi à s'intégrer. La perte d'un de ses bras, dans un incendie intentionnel,  a été la cause de sa haine à l'égard du genre humain. Passant à l'action, il a fait construire sa base en ces lieux désertiques par une armée de mongols qu'il a subjugués et rendus muets en leur coupant la langue (ce qui est aussi très vilain!) Utilisant un appareil de vision immédiate comme on le ferait avec une télévision, il a réussi à être présent partout dans le monde, y compris au sein de la rédaction de "Paris-Journal", ce qui lui a permis de connaître dans le détail les intentions de ses adversaires. Provoquer l'arrêt du moteur de l'avion au moyen d'ondes magnétiques était un jeu d'enfant eu égard à la menace qu'il fait planer sur le monde en concentrant l'énorme énergie produite par un immense champ d'accumulateurs, mobilisable instantanément. Muni de tels pouvoirs il ne doute pas un instant que ses prisonniers collaboreront avec lui.
De retour dans leur cachot pour réfléchir, ils feront la connaissance fortuite d'un autre homme, le professeur Staylon, un savant suédois, enlevé depuis fort longtemps avec sa fille, et qui leur donnera une autre version de la puissance de Tenax. Celui-ci n'a rien inventé mais lui a tout pris, abusant de sa confiance et se servant de sa fille comme otage.
Quelques jours plus tard, un moment d'inattention du gardien mongol donne à Robert Marchal l'occasion d'explorer les lieux. il découvre Tenax en train de finaliser une autre de ses inventions, d'immenses hommes de fer, des robots de quatre mètres de haut, le noyau d'une future armée d'invasion. Ayant rapporté la nouvelle à ses amis, il leur apparaît indispensable d'agir au plus vite. Tous ensemble, avec l'aide de Staylon, ils investissent l'armurerie. Découvert par Tenax, ce dernier, écumant de rage, tue Blanchard d'un coup de couteau. C'est alors qu'ils seront sauvés par une intervention extérieure. Des vagues d'avions, en provenance de plusieurs pays qui ont rassemblé leurs forces, lâchent de nombreuses bombes sur la cité. Les accumulateurs sont touchés, privant le démoniaque Tenax de moyens pour répondre à l'agression:
"Un petit groupe, descendant à faible altitude, frôlant la mort, lâcha à proximité un chapelet de bombes qui explosèrent dans un bruit assourdissant. La chambre aux accumulateurs géants venait d'être détruite. Ainsi, Tenax se trouvait désarmé, étant dans l'impossibilité de se servir désormais de l'appareil aux rayons Gamma. Plus rien ne gênait les agresseurs. Le nuage pourpre, brusquement, s'était dissipé dans le ciel, ils avaient le champ libre. Descendant en piqué, plusieurs escadrilles se succédant entreprirent un bombardement nourri et lâchèrent sur le repaire de Tenax plusieurs tonnes d'explosifs"
Les robots, mis malencontreusement en marche, seront dirigés par Marchal qui s'empare de la télécommande. Ils se dirigent droit sur le savant qui disparaîtra, écrasé sous le talon de fer d'un de ses créatures:
"Poussant un rugissement, tel  un fauve traqué dans la jungle, l'infernale créature, les yeux démesurément ouverts, la bouche tordue dans un hideux rictus, comprit que l'heure du châtiment était alors arrivée. Dans un dernier sursaut d'orgueil, il tenta de se lever, mais en vain. Le moment de payer sa dette à la société, pour tous les crimes monstrueux dont il s'était rendu coupable, était venu. Rien ne devait le soustraire à son destin. Le premier automate le frôla tout d'abord, puis la pression s'accentuant, pesa de toutes ses forces sur la masse inerte. Tenax lança une dernière plainte, mais celle-ci cessa brusquement. Le Robot l'avait écrasé, tel un fétu de paille. Tenax  n'était plus."
Les portes de la liberté s'ouvrent devant nos amis, les mongols ayant tous mystérieusement disparus. Avant de s'éloigner du repaire maudit, ils auront minés les lieux qui sauteront définitivement. Recueillis dans un monastère bouddhiste après une éprouvante traversée du désert, ils aboutissent à Shanghai via un séjour à Lhassa., puis à Paris où journalistes et photographes les attendent avec impatience.
Ce récit où se mêle les divers ingrédients du genre populaire est écrit de façon adroite et didactique par l'un des piliers de ce type de littérature, habituellement plutôt orienté vers le western. Ce texte, aujourd'hui désuet, aura cependant passionné plus d'un jeune lecteur à l'époque.



couverture du fascicule "le Maître des robots"
une très belle couverture haute en couleurs pour ce fascicule de pure science-fiction
 
 
Retourner au contenu | Retourner au menu