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le Jour se lève

les oeuvres > APRES LA BOMBE...

le Jour se lève par Robert Bloch, pp.33 - 47 in «la Lune était verte», anthologie , Gallimard, 1983, coll. «Folio junior SF», 1 vol. broché, in-12ème, 134 pp. (paru également in " Histoires de fins du monde ", éd. livre de poche et in « 10 façons d’assassiner notre planète », Flammarion éd. 2007) nouvelle d’expression anglaise (USA)
1ère parution : 1972   titre original : Daybroke
après la Bombe…


Robert BLOCH

(1917-1994)Auteur américain de romans policiers, nouvelles et romans fantastiques. Scénariste pour le cinéma et la télévision. Influencé par Lovecraft. Ancien rédacteur publicitaire. A écrit pour les pulps. Scénariste de séries télévisées (Star trek, Alfred Hitchcock présente). A écrit quantité de nouvelles et romans, marquant une préférence pour les policiers noirs (Psychose). Titulaire du prix Hugo.

« Les têtes nucléaires tournoyaient haut dans le ciel, et le fracas de leur passage ébranlait la montagne. »
Le survivant avait tout prévu : un abri blindé, des vivres, le costume de protection (rarissime) qui lui permettrait de sortir aussitôt le forfait accompli. A l’aube, il voulut savoir et émergea de son abri :
« Au bout d’un moment le brouillard se dissipa et il put contempler le paysage. Des arbres jaunes et de l’herbe jaune, se découpant sur un ciel jaune dans lequel se tordaient d’immenses nuages ».
En butant contre les restes pitoyables de la société de consommation – kleenex, listes d’achats froissées, chaussettes de nylon- , il progressa le long des rues :
« Il avait du mal à suivre un trajet régulier, car les rues étaient encombrées de véhicules détruits et les trottoirs souvent barrés par des poutres  ou des façades entières d’immeubles écroulés. »
Au loin, sur une colline, il aperçut le bâtiment fédéral. De là-haut, la vue devait être magnifique. Il fallait y parvenir.  Mais :
« Il savait qu’autour de lui, dans le noyau de la cité, se trouvaient d’autres êtres, certains accomplissant des actes de pitié, d’autres portant héroïquement secours. Mais il les ignora tous, car ils étaient morts à ses yeux. Quelques-uns d’entre eux le hélèrent, mais il poursuivit son chemin sans les écouter, sachant que leurs paroles n’étaient que des râles de mourants. »
Touchant enfin au sommet, puis au bâtiment, négligeant les soldats hébétés qui s’y traînaient , il entra dans la dernière pièce, le dernier bureau, d’où la vue sur les ruines devait être fantastique :
« A l’horizon la nuit se mêlait à la brume, mais il n’y avait pas d’obscurité. Les petits foyers d’incendie s’étaient étendus, apparemment avec l’arrivée du vent, et maintenant il contemplait une marée de flammes grandissantes. Les clochers tordus et les édifices ravagés se noyaient dans les vagues pourpres. Tandis qu’il regardait, ses larmes revinrent, mais ii savait qu’il n’y aurait jamais assez de larmes sur terre pour éteindre les feux. »
Un chef de guerre, un général, regardant par la fenêtre, lui tournait le dos. Au moment où il déplora cette vision de mort,
« il vit le visage exultant, presque joyeux, du général.
-Que voulez-vous dire ? dit le fier guerrier en se rengorgeant. Nous avons gagné ! »
Un tableau sinistre des effets d’une guerre nucléaire, un témoignage probant de la sottise humaine, et plus encore, de la stupidité militaire. Un classique !


couverture de l'anthologie "la Lune était verte et autres récits de fins du monde"
une très belle anthologie concoctée par Christian Grenier
 
 
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