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le Grand silence

les oeuvres > INVASIONS EXTRATERRESTRES

Le Grand silence par Robert Silverberg, Flammarion éd., coll. " Imagine ", 1998, 1 vol. broché, in-octavo, 434 pp. couverture illustrée par Soliane Tilikele.   roman  d’expression anglaise (USA)
1ère  parution : 1998  titre original : The Alien Years
invasions extraterrestres


Robert SILVERBERG

(1935-) Ecrivain prolifique de science ficiton. A produit plus de deux cents nouvelles et romans, récits isolés, cycles romanesques de héroïc-fantasy, anthologies. Une période de production alimentaire affine sa technique (thèmes historiques, archéologiques, western, etc et "plume" de secours pour d'autres écrivains. Sort de la spirale mercantile grâce à F. Pohl et "Galaxy". A reçu de nombreuses récompenses: Hugo, Nebula, Locus.


La Californie, Los Angeles, à la fin du XXIème siècle. Un immense engin extraterrestre, venu d’on ne sait où,  ni comment, atterrit dans la région, provoquant une tempête de feu avec ses réacteurs. Pendant que le pompier Mike Carmichaël s’emploie à éteindre l’incendie (en y laissant sa vie), d’autres engins envahissent les grands centres urbains du monde. L’humanité, éberluée, se demande comment se passera le contact avec les premiers extraterrestres de l’histoire.
Elle ne sera pas déçue : des êtres énormes, hauts de huit mètres, semblables à des calmars bleuâtres, font leur apparition, enlèvent quelques terriens (et terriennes) pour les étudier, puis s’enferment dans leurs engins, se cloîtrant en un mutisme total. Les politiques sont impuissants :
"Tous ces ministres, généraux et amiraux bardés de décorations, et tous les autres aussi, toute cette foule de grands chefs hautains alignés en un solennel conclave pour ruminer interminablement la situation n’avaient servi à rien.
La réunion s’était achevée sans qu’aucune information significative en sorte, hormis la confirmation des atterrissages, sans qu’aucune conclusion soit tirée et sans qu’aucune décision soit prise. "
En un clin d’œil, les extraterrestres mettent l’espèce humaine à genoux, en supprimant l’électricité sur toute la terre. L’effet est immédiat et catastrophique :  les communications  s‘effondrent, les sociétés régressent en quelques semaines vers une espèce de moyen âge anarchique, les autorités constituées – armées, polices, gouvernements - disparaissent à leur tour :
" Adieu, donc –nul ne savait pour combien de temps- aux téléphones, aux ordinateurs, à la FM et à la télévision, aux radios réveils et aux alarmes, aux carillons de porte, aux portes de garage automatiques, au radar, aux oscilloscopes et aux microscopes électroniques, aux stimulateurs cardiaques, aux brosses à dent électriques et aux amplificateurs de toutes sortes, aux tubes à vide et aux microprocesseurs.
Les bicyclettes, les bateaux à rames et crayons à mine graphite n’étaient pas affectés. Les armes de poing et les fusils non plus. Mais tout ce qui avait besoin d’énergie électrique pour fonctionner était désormais inutilisable. Ce qu’on avait fini par appeler le grand Silence était tombé. "
Toute velléité de résistance est passible d’une mort immédiate  par "Pression Mentale", les Entités étant télépathes,  et donc avertis de toutes les intentions hostiles à leur égard avant même que celles-ci ne puissent se déclencher. La seule action humaine, qui n’a eu aucun effet,  a été l’envoi d’un faisceau laser sur l’une des fusées extraterrestre à partir d’un ancien satellite en orbite, fait encore rendu possible lors d’une phase de réactivation partielle de l’énergie électrique. Leur réponse est foudroyante : en une semaine la moitié de l’humanité est éradiquée par un virus inconnu :
" Les conséquences avaient été considérables.(…) Lorsqu’on put enfin établir un bilan, il en ressortit que près de cinquante pour cent de la population du globe avait péri. (…) Aucune nation ne fut épargnée et certaines furent pratiquement rayées de la carte. Un grand Silence d’une nouvelle sorte était tombé sur la face de la terre, le silence du dépeuplement. Et quoique trois milliards d’êtres humains aient tant bien que mal réussi à survivre, très peu d’entre eux avaient encore la moindre envie de tenter ou même d’envisager une action hostile contre les Etrangers qui avaient conquis la terre. "
A partir de là, les extraterrestres dominent un peuple d’esclaves humains par l’entremise d’une force de collaboration terrestre , la " Lacon " , et s’installent  dans la durée. Leurs buts, leurs occupations, leur biologie, le sens de leur arrivée sur Terre demeurent tout aussi obscurs qu’au premier jour. Ils s’emploient à faire construire des murs gigantesques autour des principales cités du monde et bien que peu nombreux (neuf mille environ), ils déportent des populations entières dans un but inconnu :
" Il avait oublié à quel point le Mur qui ceinturait Los Angeles était vaste. Chaque grande ville avait son mur, mais celui-ci était spécial : trente, voire cinquante mètres d’épaisseur, facile. Ses portes étaient de vrais tunnels. La masse totale de l’ouvrage était colossale. L’énergie humaine employée à sa construction – du muscle et de la sueur, de la sueur et du muscle – avait dû être phénoménale. Surtout si on considérait qu’il faisait le tour complet du bassin de Los Angeles  – il s’élançait de la vallée de San Gabriel à celle de San  Fernando, puis franchissait les montagnes pour descendre jusqu’à la côte et bouclait la boucle en passant par Long Beach –et s’élevait à presque vingt mètres de haut pour s’enfoncer d’autant dans le sol sur toute cette circonférence. (…)  A quoi servaient tous ces murs ? "
Toutes les sociétés humaines ont régressé. Après quarante ans d’occupation, peu d’humains se souviennent de ce qu’est la liberté. Les "Entités Bleuâtres" font partie du paysage terrestre, en quelque sorte. La technologie humaine a quasiment disparu. Seuls subsistent de vagues réseaux télématiques où des "rectifieurs", sortes de bidouilleurs informatiques, s’évertuent à truquer certains dossiers de condamnés contre de l’argent, en parasitant les lignes informatiques des Etrangers.
Mike Carmichaël, le pompier volontaire disparu, fait partie de la robuste famille des Carmichaël, établie sur les hauteurs de Santa Barbara. Réunis autour du "Colonel", l’ancêtre, les Carmichaël résistent aux envahisseurs. Ils cherchent à frapper le numéro 1, l’extraterrestre le plus puissant, en connexion télépathique avec ses semblables.
Ceci pouvant prendre du temps, le flambeau de la résistance est transmis d’enfants en enfants. La famille aura même son martyr en la personne de Tony appréhendé alors qu’il tentait de poser une bombe. Toute résistance aurait été inutile sans l’arrivée de Khâlid, pakistanais anglais qui, lors de son enfance malheureuse, a développé une qualité psychique particulière, celle du " non-agir " ou " Wou-Wei ". Elle lui permet de faire le vide parfait en son esprit, devenant par là indécelable pour les Entités. Ainsi, au temps de sa jeunesse, il avait réussi à tuer une Entité au fusil, acte sans précédent dans la nouvelle histoire de la Terre. Par les hasards de la déportation, il rejoint les Carmichaël, épouse Jill, une fille de la famille, et les aide (sans enthousiasme) à se parfaire psychiquement pour qu’ils puissent affronter les Entités.
Entre temps, Andy, le plus jeune des rejetons de la famille et génie informatique, a réussi à percer le secret de Borgman, le premier collaborateur informatique qui a réussi à se brancher sur la base de données des extraterrestres. Il découvre la cache du N°1. Les Carmichaël montent une opération commando soigneusement préparée en envoyant le fils de Khâlid, Rachid, tuer le N°1. L’expédition est couronnée de succès. Les Entités semblent frappées de folie, partout de par le monde. Déjà, la famille se félicite. Un peu trop tôt semble-t-il, puisque tout rentre rapidement dans l’ordre, le flambeau du commandement étant repris par un autre extraterrestre. Incidemment, le ranch des Carmichaël – famille depuis longtemps cataloguée dans le camp des opposants - est bombardé par les forces de la "Lacon". Echec sur toute la ligne !
L’humanité semble condamnée à végéter éternellement sous le joug de l’étranger. Quelques années plus tard, sans que rien n’ait pu le prévoir, en une nuit, les Entités plient bagage et abandonnent la Terre.  Après un moment de flottement et pour éviter l’anarchie dans laquelle sombrera inévitablement l’espèce humaine, les Carmichaël, toujours énergiques, décident de mettre leurs forces au service de la reconstruction.
Une œuvre de plus dans la longue production de Silverberg. La patte du vieux maître n’a pas fléchi et sa description de l’invasion par des êtres radicalement autres fait froid dans le dos de par son réalisme. Une belle histoire, mais pourquoi une famille devrait-elle seule prétendre  à sauver le monde ?


couverture du roman "le Grand Silence"
couverture du roman en sa première édition françase
 
 
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