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le Dernier métro n'arrivera jamais

les oeuvres > ADAM ET EVE REVISITES

le Dernier métro n’arrivera jamais par Harold Rein, Fasquelle éd., 1957, 1 vol. broché, in-12ème, 251pp. couverture illustrée.  roman  d’expression anglaise (USA). notice bibliographique in " le Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°36, déc.  2005.
1ère parution: 1957  titre original: Few were left
sociétés post-cataclysmiques 1 -  Adam et Eve revisités


Harold REIN

(1926-2011) Auteur américain. A tâté de divers petits métiers. A longtemps hésité entre peinture et littérature. Après un voyage en Europe, publie aux USA son premier ouvrage remarqué. Peu connu aujourd'hui.

Divers personnages se retrouvent brutalement coincés sous terre à New-York, dans une station de métro. La rame n’arrivera jamais à destination car une catastrophe inexplicable (et inexpliquée) a eu lieu en surface bouchant toutes les issues possibles. Arthur, le clochard philosophe,  prend la direction d’un petit groupe constitué par Carl, gros bourgeois atteint d’une maladie cardiaque, de Thomas, jeune militaire falot et lâche, et de  Cassie, une jeune femme au passé trouble.
Sur l’impulsion d’Arthur, le premier moment d’affolement passé, ils gagnent les niveaux supérieurs. La tentative échoue: les escaliers resteront hors d’atteinte. Ils  continueront leur trajet le long de la voie du métro espérant atteindre une station de Downtown d’où la sortie sera plus accessible :
" Prudemment il fraya son chemin sur le quai, au milieu du brouillard qui peu à peu retombait; trébuchant contre des blocs de béton, contre des pointes menaçantes d’acier tordu, il atteignit l’escalier suivant. Celui-ci encore était obstrué. Il continua vers l’extrémité nord du quai, pour reconnaître les trois escaliers qui restaient. Deux d’entre eux étaient bloqués de la même façon et le troisième s’était complètement effondré, ménageant au faîte un énorme cratère par où s’était déversée une montagne de gravats. Autant qu’il pouvait en juger du fond du cratère, il parut à Arthur que là-haut les destructions étaient encore plus considérables qu’au niveau du métro et il pensa que les explosions, du moins cette sorte de cataclysme, avaient eu lieu en surface. "
En se nourrissant chichement des confiseries accessibles dans les distributeurs automatiques, ils mettent d’avantage de temps que prévu pour progresser, tout en souffrant horriblement de la soif. Durant les moments de repos, ils se livrent à des introspections douloureuses pour se rappeler un passé qu’ils pressentent révolu:
" ...Et maintenant qu’ils campaient pour la nuit dans la station de la 86ème rue, c’est avec soulagement qu’ils entendaient l’un des leurs prendre la parole. Le son des mots plaisait à leurs oreilles, en dehors de toute signification, simplement parce que le lien du langage de nouveau les unissait. "

Leurs rapports mutuels se compliquent, surtout lorsqu’ils opèrent la jonction avec un second groupe de naufragés. Parmi eux, le révérend Garnet qui cherche des cadavres sous les décombres mais qui a perdu sa foi, ou Hirsch, le chauffeur de taxi , raciste et xénophobe , et qui le fait sentir au juif Carl.
De plus en plus sûrement, tous ces personnages supposent l’existence d’une catastrophe d’une ampleur inouïe qui a dû balayer la ville au-dessus de leurs têtes.  Ils poursuivent avec acharnement leur périple. Les stations défilent sans qu’aucune sortie ne se révèle. Les preuves s’accumulent que d’autres survivants les ont précédés en ces lieux.
Arrivés vers la 54ème rue, ils opèrent la jonction avec tous ceux qui ont survécu dans les tunnels. Ils rencontrent un groupe nombreux et déjà fortement organisé maintenu par la poigne de fer d’un chef surnommé le " Coordonnateur ", aidé par ses adjoints. Ce maître tout puissant commande au groupe de survivants et les fait déblayer les gravats. Arthur et les siens seront immédiatement embrigadés. Le Coordonnateur a établi la règle suivante: celui qui ne travaille pas ne mange pas. Avec ses adjoints, il fait régner la terreur en exécutant les vieillards considérés comme des  bouches inutiles.
Ce n’est pas ainsi qu’Arthur s’imaginait la nouvelle société qui devait surgir du cataclysme. Il devint donc l’homme par qui le scandale arrive, en essayant de promouvoir la désobéissance civile, prêt à mourir pour que ses compagnons puissent se libérer du tyran.
Fomentant une grève, il est arrêté et jugé par une parodie de tribunal, condamné à être exécuté par le supplice de la lapidation. La sentence est appliquée. Tout proche de sa fin, Arthur aperçoit avec satisfaction que son sacrifice n’aura pas été inutile: les hommes sont enfin prêts à se libérer de leurs chaînes et attaquent leurs tortionnaires:
" Une autre pierre le frappa à l’épaule.
-Allez-y tous! continuait de crier le Coordonnateur. Allez-y tous!
Maintenant Arthur regardait le sol. Il ne supplierait plus. (...) Enfin la pluie de pierres s’arrêta... Arthur leva les yeux; il aperçut la foule qui progressait lentement et s’enfonçait comme un coin en direction de l’estrade. Chuck, Garnet, Hirsch, Cassie, ils marchaient tous en tête. Il n’y avait plus cette terreur dans leurs yeux.
-Reculez! cria le Coordonnateur. Reculez! Etes-vous devenus fous?
Mais ils continuaient d’avancer. Ils se penchaient pour ramasser des éclats de béton. "

Premier roman d’un auteur peu connu,   dont la thématique catastrophiste structure une réflexion sur les rapports humains. C’est surtout l’écriture qui donne au récit une tonalité surréaliste, en entretenant l’impression de la présence indicible d’une catastrophe épouvantable, jamais clairement exprimée, qui conditionne toute la vie future des personnages.


couverture du roman "le Dernier métro n'arrivera jamais"
couverture de la seule édition française connue
 
 
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