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la Terre en folie

les oeuvres > MENACES CLIMATIQUES

la Terre en folie par Henry Baudat, éd. du Scorpion, 1964, 1 vol. broché, in-12 ème , 222 pp. couverture muette. roman d’expression française
1 ère  parution : 1964
menaces climatiques

Henry BAUDAT
(aucune référence)

Après 1975, à MioPark dans le Cher, le célèbre professeur Monnier, géophysicien, coule des jours heureux dans sa propriété. Entouré par sa fille Yette et son futur gendre , le jeune et savant disciple Roland Darnex, le professeur Monnier, riche de par ses nombreuses inventions, pourrait se livrer à ses chères études, s’il n’était préoccupé de l’état de la terre.  Une grande secousse sismique a ébranlé l’Europe, réduisant en poussière la ville de Sébastopol. Sa femme est morte, il y peu dans le tsunami qui a ravagé la côte d’azur, faisant des milliers de morts. Le climat se réchauffe. Le niveau des océans monte car les banquises polaires fondent.
Monnier a une théorie toute personnelle à l’égard de ces événements. Selon lui, l’homme est responsable du désastre en sollicitant trop la nature. Le soleil qui réchauffe la terre avec sa « Chaleur blanche » a, depuis des centaines de millions d’années, stocké cette énergie dans la faune et la flore fossiles exploitées par les êtres humains: c’est la «Chaleur noire »  Cette chaleur devrait être évacuée à nouveau vers le soleil, comme si la terre et l’astre solaire formaient les deux pôles d’un même circuit. Or, prétend Monnier, ce circuit a été brisé, notamment par le développement des applications atomiques. La Chaleur noire s’accumule donc sur notre globe avec des effets électriques qui affectent le sous-sol, en amplification constante, à moins que l’humanité ne réagisse immédiatement :
« Nous pouvons, si nous le voulons, nous rendre maîtres du grand circuit Lumière-Chaleur-Electricité. Ces trois forces naturelles sont étroitement solidaires les unes des autres. Si nous parvenons à régulariser le courant de l’une, nous agirons automatiquement sur les autres (…) Il nous est possible d’agir sur le circuit Chaleur noire. Nous venons d’être les témoins de catastrophes meurtrières dues à un gonflement anormal de ce circuit. NOUS EN SOMMES LES SEULS RESPONSABLES. »
Cette théorie est si novatrice que Monnier est contacté par le Dr. Lear pour l’exposer dans le cadre de la SGM (Société Géographique Mondiale) Entre temps, Monnier reçoit la visite d’un ancien condisciple, Daigremont, qui en profite pour lui voler sa dernière invention, un accumulateur solaire, avec l’aide de Thérèse, sa belle-fille et laborantine du professeur, habilement introduite dans la place précédemment. Le savant est si consterné par ce vol qu’il a un accident d’automobile, ce qui le plonge dans un coma dont le difficile réveil appelle un long repos.
Le déséquilibre thermique s’accentuant sur toute la terre, l’eau des rivières et des fleuves se réchauffe en accueillant une faune et une flore étranges, proches de celle du jurassique. En Méditerranée l’on aurait aperçu un plésiosaure ; un peu partout poussent d’immenses fougères ; des volcans se réveillent, y compris ceux d’Auvergne ; les orages et les cyclones dévastent les arrière-pays causant de nombreuses victimes ; en Chine surtout, des épidémies foudroyantes progressent :
« C’est aussi pendant ce mémorable été que la Chine fut durement éprouvée par une mortelle épidémie. On l’a appelée la grippe chinoise, sans pouvoir lui donner un nom plus précis. En effet, il n’a pas été possible, jusqu’à maintenant, d’en isoler le microbe. Chose assez curieuse, ce microbe ne s’attaque qu’aux individus de race jaune. On a cependant noté quelques cas, tous assez bénin, chez des métis. »
Enfin, les années passées depuis les guerres atomiques qui ont dévasté toutes les capitales européennes, participent aussi du  phénomène :
« Paris… ! Où est le Paris de nos grands-pères ? (…) Un cratère de plus de 250 mètres de profondeur a littéralement englouti plus de la moitié de la cité. La Seine, avec une furie inimaginable, s’est engouffrée dans l’immense cuvette, noyant en quelques heures les ruines amoncelées en un chaos indescriptible, pendant que le reste de la ville finissait de s’écrouler dans les flammes sous une fumée si dense qu’elle mit une semaine à se dissiper. Vous avez certainement encore en mémoire les premières photos prises par les aviateurs qui survolèrent la ville martyre. Une des plus émouvantes est à coup sûr celle où l’on voit nettement la pointe intacte de la tour Eiffel couchée sur les ruines du Palais de Chaillot, émergeant du nouveau lac que la Seine achève de remplir. »
En face de l’urgence, le Dr. Lear nomme Monnier, qui a recouvré tous ses esprits, « coordonnateur de la Mission d’Etude » mise en place par la SGM. Peu avant l’an 2000, l’état du monde empire. En Bolivie, l’on rapporte la présence de gigantesques animaux semblables à des stégosaures. La disparition de la moitié du Japon sous les flots consterne le monde entier. Lors d’un voyage effectué par Monnier et sa famille dans la mer du Nord pour vérifier l’état de l’Islande, son yacht secourt, avec de grandes difficultés, un cargo prisonnier d’un maelström qui s’est subitement formé :
« Doucement le yacht s’approche et arrive au bord de l’entonnoir géant. Spectacle inoubliable et terrifiant ! L’eau tourne à donner le vertige. Le cargo est le jouet de cette force monstrueuse. Il lutte désespérément pour remonter les quelques mètres qui le séparent du salut. (…) Un bruit formidable de succion monte par brusques rafales du centre de l’abîme que l’on devine plutôt que l’on ne voit. Tel un monstre affamé, il avale les poteaux de mine que, sans arrêt, les matelots basculent par-dessus bord. »
Les destructions les plus dramatiques concernent la disparition de la chaîne andine et le raz de marée gigantesque qui balaya l’Amérique du Sud à cette occasion. Enfin, rien ne put se concevoir d’aussi terrifiant que la surrection d’une terre nouvelle issue du rift médio-atlantique, que l’on nomma « nouvelle Atlantide ». Quelque part, la Chaleur noire s’accumulait en déséquilibrant les climats, mais où ?
Son ancien condisciple et voleur, Daigremont, avait depuis longtemps disparu. Après un séjour en Russie, il s’était installé dans les hauts plateaux du Tibet, transformant le désert caillouteux de sa propriété en un jardin verdoyant. Un accident d’avion malencontreux permit à René Sauvat, en mission en Chine, aviateur et ami de Roland Darnex, de découvrir le repaire du malfrat. Monnier se livra à des recherches et s’aperçut que Daigremont avait crée une gigantesque usine thermique en utilisant son invention dont la Chaleur noire produite en énorme quantité était cause du déséquilibre enregistré. Avec Sauvat et deux enquêteurs de la SGM, le savant rencontra Daigremont. Il comprit que l’indélicat personnage avait détourné l’accumulateur solaire pour assouvir sa soif de richesses en opérant la transmutation des métaux en or, se livrant à cette activité sans retenue, et ne tenant pas compte qu’à chaque seconde, il accumulait dans l’atmosphère une énergie plus puissante que celle de plusieurs bombes atomiques. Daigremont fut sommé d’arrêter. Mais avant que quiconque ait pu prendre des mesures en ce sens, le laboratoire du bandit fut soufflé par un gigantesque embrasement volcanique, ce qui sauva la terre.
Un roman, naïf  par endroits et maladroitement composé, la saga personnelle de la famille Monnier interférant souvent avec l’intrigue principale. Néanmoins, c’est la première fois dans notre domaine, que nous relevons une œuvre conjecturale, où, de façon aussi explicite, l’auteur décrit le phénomène de l’effet de serre, (mis à part le retour à l’ère secondaire !)


couverture du roman "la Terre en folie"
couverture du roman, seuile édition connue
 
 
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