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la Ruée des Jaunes

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 2

la Ruée des Jaunes par Louis Gastine, éd. Baudinière, 1933, 1 vol. broché, in-12 ème , 261 pp. roman d’expression française
1ère  parution : 1933
péril jaune et guerre des racesguerres futures 2
(Une première version de cet ouvrage signé par Louis Gastine et Felis-Brugère dont le titre est " l’Asie en feu", présente le même récit avec des noms différents pour les personnages principaux. Prédal devient Mérande, Monica  Pawlowski devient Nadia Pawlowski , etc.  De toute évidence, " la Ruée des Jaunes " est plus qu’une adaptation de cette première édition dont le nom de Felis-Brugère a mystérieusement disparu
)


Louis GASTINE

(1868-1930) Ecrivain français. Polygraphe, Journaliste, romancier. Ouvrages historiques et populaires. Passionné d'aviation. Directeur de la Revue Générale Internationale. A collaboré en 1894 à la revue de l'Institut International Scientifique, Littéraire et Artistique.
(réf: forum BDFI et Dictionnaire du roman populaire francophone)

La "Mission internationale pour l’Occident" conduite par Pierre Prédal ne rencontre que du vide au-devant d’elle. Où sont passés tous les habitants des pays de l’orient, Mongolie, Mandchourie, Turkmenistan? Ils ont tous rejoint Timour II, le descendant de Gengis-Khan qui, avec ses mongols et associés chinois, dirigés par des "lamas ", a décidé de mettre fin à la suprématie européenne, aux démocraties vacillantes, pour y faire déferler ses hordes, des centaines de millions d’hommes qui tous se dirigent vers l’Ouest. Appuyée par les Soviets qui doivent leur fournir l’appui stratégique et l’intendance, la horde jaune s’ébranle en direction de la Mission internationale. Celle-ci est cernée et massacrée, sauf Prédal et ses proches. Car Timour II a deux faiblesses : Adala sa fille qui, bien qu’élevée en Europe, possède du sang mongol dans les veines, et Monica Pawlowski, une jeune femme de l’expédition qui deviendra sa compagne.
Le correspondant russe Radkine trahit les envahisseurs. Il sera arrêté et tué de la main d’Adala. D’autre part les lamas bouddhistes réclament à corps et à cris la peau de Prédal. Protégé par Timour II qui espère le gagner à sa cause, Pierre, dont Adala est amoureuse en secret, restera prisonnier, escorté par des milliers de Mongols, fidèle à la cause de l’Occident. Il aura plus d’une fois l’occasion de s’apercevoir de la cruauté et de la détermination du chef mongol qui fait décapiter, écorcher vif, empaler tous ceux des siens qui n’observent pas ses ordres. L’Occident sera prévenu de l’imminence du péril par l’un des avions d’observation de la "Mission", mais le général concerné n’accordera aucun crédit à ce qu’il prend pour une fable. Durant ce temps, les Jaunes déferlent sur la Perse, en direction de l’Est de la Turquie, se comportant comme une nuée de sauterelles en laissant exsangues les pays traversés.  Finalement, des éléments d’information inquiétants en provenance de plusieurs sources obligent l’Occident à réagir. Une Dictature est décrétée sous le despotisme éclairé et sans appel d’un savant, Marcel Roudant. Celui-ci promulgue les "Douze Edits" qui permettront, espère-t-il, d’arrêter l’invasion (et d’assouvir les fantasmes anti-soviétiques de l’auteur). En voici quelques-uns :
" Ordre de s’emparer en tous lieux des moscoutaires, des communistes ou autres révolutionnaires et de les fusiller IMMEDIATEMENT et sans jugement.
Saisie et incarcération préventive, jusqu’à la fin de la Guerre, des pacifistes et des défaitistes
Bombardements par avions, sans déclaration préalable, des foyers de bolchevisme en Russie Soviétique. Tous les chefs et représentants ou employés du Gouvernement Soviétique sont mis hors la Loi. "
Dissolution immédiate de tous les parlements d’Europe et des Amériques, ainsi que ceux des autres parties de l’Occident.

Interdiction de publier quoi que ce soit et d’aucune manière, sans autorisation de la " DICTATURE GENERALE ", sous peine d’emprisonnement, d’amende et de mort, selon les cas.
Suppression du droit de grève collective dans tous les corps de métiers sous peine d’emprisonnement sine die, et sous peine de mort pour les services publics de guerre. Suppression du droit des réunions politiques.
Suppression immédiate de tous les appareils de TSF publics et privés. Peine de mort contre les constructeurs et détenteurs de postes de TSF clandestins.
Interdiction, sous peine de mort, de toutes les tentatives de spéculation quelconques touchant à l’œuvre de Guerre et à l’alimentation publique.»
Le pouvoir illimité et centralisé formera le pilier central de l’opposition à la horde jaune. Le matériel de guerre sera produit en un temps record : des myriades d’avions, de bombes, de tanks et d’armements divers permettent un passage à l’action rapide.  Tous savent maintenant que le grand affrontement aura lieu dans l’est de la Turquie, sur les plateaux d’Anatolie, au-delà d’Istanbul, la véritable porte d’entrée de l’Europe. Les événements qui se précipitent ne sont pas favorables à Timour II. Contrairement à ses plans, la Russie soviétique n’a pas disposé comme prévu des caches de ravitaillement. Le gouvernement des Soviets décimé et abattu, les communistes traqués dans le monde entier ont perdu leur pouvoir. Leur marine défaite, leurs transports annihilés, ils n’ont pu respecter leurs engagements. Le chef mongol avec ses centaines de millions d’hommes se trouve donc sans ressources. Affamées, les hordes se cannibalisent, mangeant leurs femmes, leurs enfants, leurs prisonniers… :
" Ceux qui rejoignirent les armées accumulées en Turquie d’Asie les trouvèrent à bout de souffrance et de courage. Là, on mangeait jusqu’aux rares lézards, serpents et insectes sortant des crevasses du sol à la fraîcheur nocturne. Qu’attendez-vous, dirent-ils à ces affamés, près desquels ils revenaient, qu’attendez-vous pour utiliser les enfants à la mamelle que leurs mères ne peuvent plus nourrir et qui meurent elles-mêmes d’inanition sur les cadavres de leurs petits ? Nous avons été forcés d’en manger pour revenir jusqu’ici ; cela vaut mieux que de mourir de faim. "
Devant cette détresse, Timour II n’entrevoit plus qu’une seule issue pour gagner la guerre : il faut piller les réserves de l’Occident, se ruer sur les bords de la mer Noire, envahir Istanbul. Mais bombardés, pilonnés, harassés, exterminés, les Jaunes meurent en masse.
" Quand la ruée des combattants eut commencé l’escalade de l’Anti-Taurus et des autres reliefs accentués au Nord-Ouest et au Sud du plateau central, des cataclysmes épouvantables se produisirent : des morceaux gigantesques des monts s’en détachèrent, éclatèrent avec des détonations assourdissantes, un fracas inouï, auquel s’ajoutait le retentissement des éboulements de ces pans de montagnes dans les ravins et les vallées. Des coupures rocheuses hautes de 150 à 200 mètres, larges à proportion, s’écroulaient, se projetaient sur les lames d’assaut humains qu’elles écrasaient et ensevelissaient. "

En avion, Timour II, parti en expédition avec Monica, sera abattu au-dessus d’une éminence naturelle. De là, sans vivres et à l’agonie, il pourra contempler la ruine de son rêve. Un grand nuage noir monte vers les belligérants au-delà de l’horizon : c’est une mer de feu alimentée par l’ensemble des puits de pétrole du moyen orient qui s’avance vers les envahisseurs.
" Au loin, à la limite de l’horizon, s’élevait un long nuage noir…immensément long, barrant la presqu’île sur toute sa largeur. (…) Bientôt les colonnes flamboyantes devinrent plus nettes dans la chute rapide du jour… et une ligne de feu les relia, faisant comme une base lumineuse éclatante aux nuages noirs qui s’élevaient toujours. (…)
En réalité, de la ville de Boli jusqu’à celle d’Afioum-Kara-Hissar, c’est-à-dire sur une largeur de 250 kilomètres, l’extrémité désertique du plateau central d’Asie brûlait.  Et l’incendie grandissait, se prolongeait, avançait. (…) Par milliers, les êtres humains tombaient aussitôt foulés, écrasés par d’autres milliers, qui tombaient de même et se trouvaient, à leur tour, foulés et écrasés ; l’amoncellement de ces victimes, fuyant le feu, s’élevait sur divers points à dix mètres de hauteur , qu’escaladaient les fuyards suivants. "
Carbonisée, réduite en cendres, l’immense horde cesse d’exister. C’est dans une Europe glorieuse et nouvelle que Prédal et Adala convolent en justes noces.
"la Ruée des Jaunes" représente encore l’un de ces nombreux textes dénonçant le péril jaune, thème conventionnel de la première moitié du XXème siècle. En un style hystérique, il permet l’étalage de toutes les obsessions d’une époque. Jaunes, Démocraties, Ouvriers, Communistes, Intellectuels, Fainéants, tout cela étant du même acabit,  il importe d’éradiquer la chienlit avant qu’elle ne sonne le glas de la société bourgeoise !


couverture du roman "la Ruée des Jaunes"
couverture colorée pour un roman haineux
 
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