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la République des muets

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la République des muets par Saint-Granier et Max Aghion, éditions de France , 1925, 1 vol. broché. in-12 ème , 207pp. couverture illustrée. roman d’expression française. notice biographique in " Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°s 2 et 2 bis, sept. 1990 et Sept./Déc. 2000 "
1 ère  parution : 1925
épidémies


Max AGHION
SAINT-GRANIER

Max AGHION: (1891-?) Ecrivain français . Intéressé par l'histoire de Paris à la Belle Epoque, ainsiq que le théâtre. A écrit des romans d'anticipation avec Saint-Granier.
SAINT-GRANIER: (1890-1976) Polygraphe, chanteur, auteur-compositeur, scénariste, acteur, homme de radio, etc. Fréquente d'emblée le milieu montmartrois où il devient le chroniqueur de la vie parisienne (le Charivari) Produit des chansons et textes dans les cabarets, crée et participe à des revues. Directeur de la la firme Paramount-Pictures. Créateur d'émissions de radio tels que "Radio-Crochet".

Un groupe de joyeux bourgeois passe une merveilleuse soirée mondaine chez Aristide Pommart, l’industriel richissime, le vendeur de gramophones. Il y a là un jeune politicien brillant, Félicien Machado qui laisse percer une liaison avec Nicole Pommart, la fille du susdit industriel, Plancher-Valcour, le directeur de " l’Indépendant ", qui ne l’est que de nom, le fier ténor Fioravanti Campobasso, Johan Sprnk (comme ça se prononce !)  diplomate moldo-valaque et Marmaduke Buffalo, industriel américain.  Tout ce petit monde ne songe qu’à profiter du système politique en place, quand Plancher-Valcour, après une séance à la Chambre des députés, apprend que l’Allemagne, en grand secret, aurait isolé un nouveau microbe ayant la capacité de rendre aphone les êtres humains. Sous la direction du teuton Von Sputz, ce microbe, baptisé " Aphonitus Generalis "  serait destiné aux  nations européennes :
" Ce savant, le fait est indéniable, a découvert une sorte de microbe enroulé en spirales, de l’espèce dite vibrion. Le bacille Von Sputz est mobile et se colore en rouge ; il s’attaque aux cordes vocales avec virulence, et les détruit pour ainsi dire instantanément. Au contact de l’air, l’Aphonitus generalis (c’est le nom scientifique de la terrible bactérie), se multiplie et se propage avec une rapidité tellement extraordinaire qu’une bombe, chargée seulement de quelques grammes de ces êtres microscopiques, en explosant sur une agglomération, pourrait rendre cent mille personnes complètement muettes en moins d’un quart d’heure. "
Pour en avoir le cœur net, Plancher-Valcour envoie en mission exploratoire un jeune journaliste, Emmanuel -André-Louis. Grâce à un passeport moldo-valache, à sa relation avec une ancienne amie amoureuse de lui, Melle Nina Kroll, le jeune homme arrive à entrer en contact avec Von Sputz, passionné par les bactéries de toute espèce. Le couple dérobe une éprouvette remplie d’Aphonitus Generalis et reprennent le train pour la Belgique.  Mais un affreux malheur est sur le point de se produire : André-louis, dans le train, profitant du sommeil de Nina, offre ses hommages à une demoiselle présente dans le compartiment. Mal lui en prend. Nina se réveille et lance sur  Emmanuel-André-Louis ce qui lui tombe sous la main, c’est-à-dire l’éprouvette d’Aphonitus :
" -Nina ! Le journaliste s’était dressé comme un fou pour arrêter le geste : -Nina !… Trop tard : le petit sac à main avait pris son vol et il alla s’aplatir contre la cloison. On entendit un bruit de verre brisé… -Nous sommes foutus, c’est le bocal d’Aphonitus !… hurla Emmanuel-André-Louis. Nous sommes fout… Et, tout à coup, il n’entendit plus le son de sa voix… "
Immédiatement le microbe se répand, enlevant toute faculté de parler à quiconque. Affolé, Louis-André accourt en pleine réunion chez les Pommart pour avertir son patron du désastre :
" Mme Estagnon gisait évanouie sur un canapé, Machado courait de long en large comme un possédé, Campobasso et Johan Sprnk, les yeux fixes, affalés contre la table, remplissaient et vidaient leurs verres machinalement, et Plancher-Valcour, debout, froissait et refroissait entre ses gros doigts le papier maudit. "
Toute la compagnie est rendue aphone et, de là, l’épidémie se répand comme une traînée de poudre, d’abord à Paris, puis à l’ensemble de l’Europe. Les conséquences en seront terribles et parfois… inattendues. Félicien Machado, orateur puissant, mènera dorénavant une vie de clochard, puisque privé de son bel organe et de Nicole. Amédée Québec, un jeune politicien timide gagnera en assurance n’étant plus influencé par l’affreux bégaiement qui le handicapait. Les sourds-muets reprennent du poil de la bête, prodiguant des formations à ceux qui voudront s’initier au langage des signes.  Le gouvernement tombe, remplacé par un autre plus en rapport avec la nouvelle société de muets qui émerge. Longtemps après, le 22 novembre 2850, l’archéologue patagon Chicuk Uhi met à jour une vieille caisse qui lui démontre combien ses ancêtres politiques étaient vociférants:
" De nos jours (et c’est tout naturel), aussi bien à Oslo qu’à Caracas, à Nairoby qu’à Pernambouc, si vous levez votre petit doigt de la main gauche en l’air, le premier venu vous dira l’heure qu’il est ; si dans un restaurant vous croisez vos deux pouces l’un sur l’autre, le garçon immédiatement vous servira une tasse de thé… En un mot, un citoyen français moyen peut traverser le globe du Grönland jusqu’en Tasmanie, et partout, sans difficulté, il se fera comprendre."
Une charge un peu lourde en forme de pochade dirigée contre les moeurs politiques françaises de l’entre-deux guerres.


couverture du roman "la République des muets"
parodie politique mais surtout authentique et rare roman cataclysmique
 
 
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