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la Prise de Londres au XXème siècle

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

la Prise de Londres au XXème siècle par P. Ferréol, L. Boulanger éd., sd (1891), coll. " Lectures pour tous, Aventures et Voyages ", 2 vols. (en un seul ouvrage cartonné), in-12 ème , 382pp. couverture muette. roman d’expression française. réédité en 1895. notice biographique in " Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°s 15 , sept./déc. 1995 »
1 ère  parution : 1891
guerres futures 1

Pierre FERREOL
(aucune référence)

Vol. 01. Coq et léopard
L’affrontement entre la France et l’Angleterre débuta au Sahara. La mise en place d’une voie ferrée vers le Soudan, initiée par la France en la personne du jeune ingénieur Henri Léopold, inquiète l’Angleterre qui craint pour sa suprématie dans la région. Elle délègue un espion performant, Sir John Castlead, pour y mettre fin. Les sabotages répétés de l’Anglais retardent les travaux. Mais grâce à la nouvelle invention de Henri qui permettra de poser les rails de façon ininterrompue, et la volonté du directeur Pierre Corroy,  la voie de chemin de fer progresse malgré tout dans les monts du Hoggar :
« C’était le train d’avancement, c’est à dire celui qui devait servir à la construction et marcher toujours en tête. Le bataillon de sapeurs qui allait être chargé de poser la voie, avec l’aide de travailleurs nègres ou arabes, n’avait pas d’autre logis. Par précaution contre une attaque de nomades, la locomotive, blindée par des plaques de tôle qui défiaient les balles, était placée au milieu du train. En avant et en arrière se trouvaient les wagons des officiers et de la troupe, installés pour servir de dortoirs, de salles à manger et de cuisines. Chaque wagon avait une grande longueur et était porté sur deux trucs (sic) à quatre roues, - ce que les Américains appellent des boggies. – Les troupes trouvaient là, en définitive, une véritable caserne ambulante, toujours à proximité du chantier. »
L’étape prochaine sera la bourgade d’Asioulet où déjà notre espion, rejoint par son compatriote Will Murray, prépare une contre-offensive. Subvertissant les Touaregs, les deux hommes les lancent à l’assaut des Français pendant qu’à Asioulet, Castlead met le feu aux puits de pétrole :
« L’établissement du chemin de fer avait, en effet, tout d’abord été contrecarré par les nomades, qui ne voyaient pas sans crainte cette invasion. Mais la Compagnie avait formé une milice solide qui s’était mise à battre l’estrade autour de la ligne. Après avoir été complètement défaits en plusieurs circonstances, les Hoggars jugèrent qu’il y a avait plus de profits à tirer de notre amitié que d’une lutte plus longue et cessèrent dès lors toute hostilité. »
L’énorme incendie qui s’ensuivra procurera le délai nécessaire aux deux Anglais pour revendiquer comme possessions de la reine le parcours à venir où obligatoirement devront passer les rails. La vaillance du jeune lieutenant Solignon qui accompagne Corroy assainira la situation. Il pénétrera lestement dans les terrains de sa Majesté et capturera Castlead et Murray.
Les travaux ferroviaires débouchant près du lac Tchad, les deux espions qui ont repris leur liberté, complotent encore auprès des tribus nègres, en les poussant à s’opposer aux Français. L’énergie de Corroy qui s’appuie sur la légitimité des rois nègres, éliminera les derniers obstacles. La Transaharienne a vu le jour, à l’avantage des Français. Jamais pourtant l’Angleterre ne pardonnera l’invasion des territoires annexés par Castlead, ce qui sera à l’origine de la guerre entre les deux Etats pour la « prise de Londres. »

Vol.02 : la Prise de Londres

L’Angleterre, méprisant la France, soucieuse de se venger des avanies subies au Sahara, lui déclare la guerre. C’est l’espion John Castlead qui, en rapportant les faits devant le Parlement, a mis le feu aux poudres. Un problème surgit cependant malgré la levée en masse de volontaires anglais.  Le pont sur la Manche, déjà construit, reste un point faible pourtant bien défendu par une bordée de canons latéraux et surtout une bouche à feu gigantesque, fixe, capable de balayer d’un seul coup le tablier et de le détruire en partie :
« Le pont, construit par la Channel Bridge Company, s’infléchissait vers le sud, pour passer sur les petits fonds des bancs du Varne et du Colbart, qui ne sont couverts que de six à sept mètres d’eau, tandis que partout ailleurs le détroit a de vingt-cinq à cinquante-cinq mètres de profondeur. Le train remontait ensuite en se dirigeant vers Folkstone, interrompu, sur la rive anglaise, par une travée mobile, dont le tablier pouvait être tiré en arrière.
Cette coupure n’avait pas moins de cent mètres ; ce n’aurait pas été, pourtant, un obstacle impossible à franchir, s’il n’y avait pas eu, au-delà, la gueule d’un certain nombre de canons répartis en deux batteries, dominant le pont de droite et de gauche.On apercevait, en outre, juste dans le prolongement des rails, un gros trou rond, représentant précisément l’orifice béant de l’énorme bouche à feu, fondue sur place par la maison Amstrong. Celle-là ne pouvait pas changer son pointage, mais il suffisait de se mettre bien en face pour s’assurer que son projectile rencontrerait le tablier du pont à deux kilomètres de la rive, et il était à prévoir qu’il le mettrait en miettes sur un assez long parcours. »

Parallèlement, le tunnel sous la Manche, dont les travaux sont largement avancés du côté français, n’a jamais pu être terminé du côté anglais, suite à l’insularité dont font preuve nos voisins. Pierre Corroy a été nommé ministre de la marine. Il a fait venir à ses côtés le capitaine Solignon – qui a pris du galon depuis le premier volume - sa sœur Annie et Henri Léopold. Il leur expose son plan de bataille : contrer la flotte anglaise en ses possessions maritimes à l’aide de petits vaisseaux pour l’enclouer.
A Cherbourg, il préconise la construction et l’utilisation de petits navires rapides en aluminium qui harcèleront les gros cuirassés anglais empêtrés par leur poids. Par  voie sous-marine, les torpilles téléguidables sont prêtes. Par voie aérienne, des aéroplanes porteurs de bombes décolleront en direction de Folkstone.
De l’autre côté, l’amiral Calright a une entière confiance en sa flotte qui bat pavillon vers Cherbourg. Pourtant, une surprise désagréable l’y attend. Resserrés dans la rade, se gênant pour les manœuvres, mis en pleine lumière par des batteries de projecteurs, les cuirassés anglais seront coulés ou battront en retraite sous une pluie de bombes aéroportées ou téléguidées à partir des « gymnotes » français.
Mais la grande manœuvre est l’invasion de l’Angleterre par voie de terre. Corroy charge Henri et Annie d’étudier la faisabilité d’un débarquement qui emprunterait le pont sur la Manche.  Après étude, Henri  - bien qu’espionné par Castlead- préconise la mise ne place d’un canon qui, en tirant exactement sur la bouche à feu anglaise, neutraliserait celle-ci permettant ainsi à l’amiral de Grandac, commandant en chef de l’armée française, d’utiliser le pont. Les Anglais, avertis du projet par Castlead, balayent le pont avec leurs canons latéraux, détruisant le tablier sur une longueur de cent cinquante mètres, mettant en grand péril Henri et son groupe venu repérer le terrain. Les sapeurs se mettent à l’ouvrage, réparent le tablier à l’aide de caissons flottants. Au moment où, soutenue par les aéroplanes, une tête de pont française naît à Folkestone, l’infanterie se rue à l’assaut. Les tunnels ferroviaires qui permettraient l’acheminement de troupes anglaises seront neutralisés par le sapeur Picard qui se sacrifie pour la France.
En un premier temps, l’armée française, ayant pris pied sur le sol anglais, balaie toute opposition. La résistance acharnée des Anglais, alignant plus de 8 000 hommes s’avère inutile. A Londres, le torchon brûle et le général Stewart est inquiet. Ne pouvant arrêter la «furia francese», Stewart recommande la mise en place d’une guerre de position:
«Dans la banlieue de Londres, le site de Croydon est puissamment fortifié. Pour déloger les Anglais de leurs casemates en acier, les Français, installés eux aussi dans la durée et dans des tranchées, se livrent à un travail de sape sous les obus tirés de part et d’autre.»
Pendant ce temps, à l’arrière, Annie fait la connaissance de Maud, l’Anglaise. En dépit de leur nationalité différente, les deux jeunes femmes sympathisent et conjointement, se font ambulancières, vouées au service exclusif des blessés. Bien que Maud fût inquiète pour son frère Dick se battant contre les Français à Croydon, la noblesse de Henri, sa prestance, l’amour qu’elle commence à ressentir pour lui, l’agitent énormément.
A Croydon, les mines et contre-mines se succèdent sans interruption. Chaque camp essaye de faire sauter l’armement de l’autre par des tunnels souterrains car les charges classiques de l’infanterie n’aboutissent qu’au massacre mutuel. Ce fut une excavatrice spéciale, inventée par Henri, qui vint à bout du verrou anglais : la voie vers Londres s’était enfin ouverte !
Henri, blessé sur le champ de bataille, due la vie sauve à Dick, l’Anglais qui le sauva de la vengeance de Castlead venu là pour détrousser les cadavres (it’s so unfair!)  Ramenés à l’arrière par les brancardiers, les deux jeunes gens retrouvèrent Anna et Maud. L’amnistie signée, les Français se refusèrent à humilier plus longtemps l’Angleterre en occupant Londres. Ils annoncèrent qu’ils allaient se retirer ce qui permit la fraternisation universelle déjà anticipée par Maud et Henri :
« Le jeune volontaire (= Dick) souffrait de l’humiliation de sa patrie ; il pleurait de rage en face de son impuissance à la secourir ; il se reprochait, comme sa sœur, de ne pas avoir assez de haine contre ses ennemis ; et, pourtant, songeait-il aussitôt dans l’hésitation de sa conscience, n’avait-il pas rempli son devoir jusqu’au bout ? Devait-il vouer une haine personnelle à chacun de ses adversaires ? Devait-il surtout envelopper dans la même animosité ceux qui l’avaient secouru et sauvé ?… - Ah ! qu’on est malheureux d’être vaincu ! – Oui, lui répondit une voix grave ; mais le plus grand bonheur du vainqueur c’est de pouvoir aimer le vaincu sans remord. C’était Solignon qui parlait ainsi. »
« La prise de Londres au XXème siècle » se présente comme une guerre du futur canonique du genre.  Sur fond d’anglophobie début de siècle, s’inscrivent les menées militaires de l’avenir : aéroplanes-bombardiers, casemates d’acier, rôle des vélocipédistes militaires, etc. Toutes choses déjà décrites par Robida dans la « Guerre infernale » ou « le Vingtième siècle ». Les tourtereaux sont sympathiques, les Français ingénieux et braves, les espions anglais abominables, tous les ingrédients sont donc réunis ici pour faire palpiter le cœur de nos grands-parents.


page de titre du roman "la Prise de Londres au XXème siècle"
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