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la Papesse du diable

les oeuvres > L'APOCALYPSE REALISEE

la Papesse du diable par Jehan Sylvius et Pierre Ruynes (alias Ernest von Gengenbach et Robert Desnos), petite bibliothèque Ombres éd., 2001, 1 vol. broché, in-18 ème , 117 pp. couverture illustrée, 3 ème  éd., roman d’expression française
1 ère  édition : 1931
péril jaune et guerre des racesguerres futures 1 - l’apocalypse réalisée


Jehan SYLVIUS
Pierre de RUYNES

Ernest Von Gengenbach  (Jehan Sylvius) fit ses études au grand Séminaire de St. Dié. Destiné à devenir prêtre, il fut chassé de l'institution pour immoralité. Rejoint "la Révolution surréaliste" en  1926. Porte une soutane avec oeillet rouge. Fidèle à Breton. Connaît des déboires financiers. Exerce des missions diplomatiques au Maghreb.
Robert Desnos (Pierre de Ruynes) (1900-1945). Poète participant au surréalisme. Directeur de la "Révolution surréaliste". Intérêt pour le littérature populaire. Journaliste, puis résistant. Déporté et meurt en captivité.

Envoi :
" Nous écrivons ce livre à la lueur des Trois Lunes, réjouis par la vision des futurs cataclysmes. La Fin du Monde approche et malheur à qui s’efforce de la nier au nom d’une prétendue Raison, misérable palliatif à son impotence mentale. Le galop des chevaux tartares s’impose à nos oreilles, et nous percevons, par delà les âges, le bruit des hordes en marche vers l’Orient. "
L’Archimagesse, Elle,  l’Egale des Dieux, la Papesse du diable mandée par les ombres du Grand Androgyne, l’Archange Noir,  instaure son royaume sur cette terre. Partie d’Asie où des hordes mongoles lui sont toutes dévouées, elle conquiert l’Europe, qu’elle met à feu et à sang :
" En cet hiver de l’an 19… , Paris présentait un aspect lamentable. Depuis un mois, l’immense armée asiatique, couvrant l’Europe, bloquait les capitales de l’Occident. La cavalerie mongole patrouillait dans les forêts de l’île de France et dans les bois de la banlieue parisienne où les débris de l’armée occidentale, écrasée, anéantie, s’étaient clairsemés en petits groupes, soldats affamés, livides, infirmes, malades, que seule une terreur justifiée par ce que les derniers journaux racontèrent du sort des prisonniers, empêchaient de se rendre aux vainqueurs.
L’Europe était battue après cinq ans de lutte formidable. Malgré l’armement perfectionné, les moyens de défense chimique, l’armée aérienne, les hordes défilant en ouragan avaient balayé d’abord la Russie, qui n’avait offert qu’une faible résistance… "
En compagnie de sa secrétaire-esclave Diana, jeune Russe experte en plaisirs lesbiens, Elle,  l’Egale des Dieux,  n’a d’autre but que de réduire la papauté et d’instaurer le règne noir de la jouissance universelle.
Paris, conquise, lui tient lieu de capitale. De là, elle lance des expéditions punitives contre les Chrétiens d’Europe qu’il faut éradiquer. Le pape Pie XIII est finalement capturé, torturé et mis à mort au sommet de la tour Eiffel.
Rien ne semble plus contrecarrer l’Archimagesse et son règne obscur. Pourtant, Feng-Nohr, le sculpteur émérite qu’elle a ramené d’Asie, s’appelle Monseigneur Tsen Ho Lin , le nouvel archevêque de Canton,   prêt à reprendre le flambeau tombé des mains de Pie XIII, en consacrant un nouveau pape, Benoît XVIII.  
Tel le phénix, la religion chrétienne renaît de ses cendres et des messes sont régulièrement dites dans les ruines du Vatican. L’Archimagesse mettra du temps à démasquer le traître dont elle tombera par ailleurs éperdument amoureuse.
Amour partagé,  puisque Tsen Ho Lin, pour un baiser d’elle, se damne, se parjure et livre le reste des croyants à la vindicte jaune. L’Ange Noir, le Grand Pan, l’Ombre maléfique, le patron de l’Archimagesse, lassé sans doute de régner sur un peuple d’esclaves, abandonne la terre à son triste sort.
Ainsi s’accomplissent les prédictions : deux lunes mortelles apparaissent dans le ciel terrestre ; invinciblement attirées l’une vers l’autre, elles provoquent, en se désintégrant, une situation cataclysmique sur notre globe, faisant se réveiller les volcans d’Auvergne, engloutir l’Amérique, s’écrouler toutes les cités. Paris ne fera pas exception à la règle.
L’Archimagesse, ayant refusé de s’enfuir dans son engin volant avec l’astronome de Chaldée Lysiclès qui seul a prévu la catastrophe, meurt dans les ruines de son palais en compagnie de Tsen Ho Lin, dans la convulsion d’un coït généralisé :
" Le monde en était aux derniers sursauts de l’agonie. L’Amérique entière s’était écroulée sus les eaux, l’ancien Continent se disloquait sous le bombardement des météores.
Entouré de charniers, Paris, aux maisons effondrées, brillait des milliers d’incendies allumés par les bolides. Dans les abris souterrains, les gens s’écrasaient et périssaient d’une horrible asphyxie. (…)
Partout des pleurs, des râles, des écroulements de tableaux et d’objets culturels, des crispements de soie.  Des chiens venus d’on ne sait où, couvraient les femmes en haletant. Un adolescent, les bras en croix, gémissait lentement, à demi - étouffé sous quatre femmes. Trois hommes dans un coin s’étreignaient en miaulant comme des chats. Des jeunes filles entrelacées se tordaient sur un divan. "

Lysiclès, lui non plus, n’échappera pas à son destin et sera broyé dans la même étreinte cosmique qui réduit la terre en poussière, tué par son ancien maître Ashivérus.
Une œuvre marginale  du courant surréaliste, hautement symbolique et significative des rapports qu’entretient ce mouvement esthétique avec l’inconscient, le sexe et la mort : " la beauté sera convulsive ou ne sera pas ", selon les propres mots d’André Breton. Avec un habile entrelacement des thèmes plastiques, poétiques, littéraires et de science-fiction, le récit mérite une place de choix dans notre thème.


couverture du roman "La Papesse du diable"
couverture de la réédition de ce roman, remerciée en soit la "Petite Bibliothèque Ombres"!
 
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