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LA NOUVELLE GLACIATION

Le rythme des cycles glaciaires nous est partiellement connu. Nous connaissons les fluctuations régulières liées à l'activité du soleil. Mais d'autres facteurs entrent en jeu  comme les subtiles variations de l'orbite terrestre et de l'axe de la terre, ou la variation de la magnétosphère, ou la rencontre éventuelle du système solaire avec un nuage de poussière cosmique, ou les perturbations des saisons par le climat, ou.... Bref, les géologues pointent quelques grands cycles dont le dernier date d'il y 15 000 ans. Aujourd'hui, nous nous situons en période interglaciaire,  et dans cinquante ou cent mille ans débutera une nouvelle activité glaciaire... semble-t-il! Mais le réchauffement climatique, une nouvelle donnée, fonction de l'activité humaine, risque de perturber ces prévisions
Autant de raisons pour les auteurs conjecturaux d'exploiter cette veine cataclysmique qui ... fait froid dans le dos. Chez eux, les ères glaciaires, c'est pour tout de suite. Elles s'enclenchent rapidement en rapport ou non avec le développement technologique humain ou l'action malencontreuse de militaires zélés. En accéléré, comme dans un film, les désastres se succèdent: tempêtes, tornades, cyclones dévastateurs, puis la neige sans arrêt, le froid, l'abaissement des températures, le tassement de la glace sur les immeubles, dans les rues, qui rend vain tout effort de dégagement.  Ces séquences dramatiques nous font voir les glaciers approcher leurs murailles de la cité, la broyant sous des falaises hautes de centaines de mètres (images préférées des pulps). Comme la réaction des humains est lente à se mettre en place, et impuissante en général en face de la nature, la destruction systématique des sociétés avancées est certaine. Seule une fuite éperdue vers les états du sud , avec les problèmes d'immigration qu'elle engendre, ou l'adaptation rapide aux conditions rigoureuses, permettront la survie de quelques uns. Même si les conditions extrêmes disparaissent, le retour à un nouvel âge interglaciaire apparaîtra lui aussi comme problématique et demandera aussi des capacités d'adaptation extraordinaires en face d'un paysage devenu étrange et inconnu. "Le Sixième hiver" de   Gribbin et Orgill débute soudainement à cause de la pollution humaine et raconte l'odyssée d'un groupe d'hommes en déplacement vers le sud par le détroit de Béring redevenu pont conjonctif,  grâce  aux aptitudes retrouvées de nos ancêtres eskimos. Les "Rivages de lumière" ou "l'Agonie dans les ténèbres" évoquent l'incidence d'une glaciation généralisée sur les sociétés par le ralentissement ou l'arrêt de la rotation terrestre.  Parfois, comme dans "la Dernière aube", c'est une comète, frôlant notre globe, qui lui arrache une partie de son atmosphère, provoquant un froid mortel à la surface de la terre.
La description des cités sous la glace est l'une des plus réussies en conjecture. Soit l'on y habite en s'organisant rigoureusement pour une survie longue, comme dans "Fragments d'histoire future" de Gabriel Tarde, avec le changement des mentalités qui convient, soit on s'en extrait définitivement pour repartir à la conquête de la surface comme dans la "Guerre du froid" de Silverberg. Enfin, quand ces conditions sont vraiment trop rigoureuses, il reste l'évacuation vers une planète plus clémente comme dans "les Evadés de l'An 4000" de Jacques Spitz.
D'ailleurs l'exploration des anciennes cités enfouies (et préservées) font la joie des archéologues de tout poil. "Le Paris en l'an 3000" présente maintes surprises architecturale comme dans la nouvelle d'Octave Béliard "une Exploration aux ruines de Paris". Il reste que l'on s'attache à ces "Enfants de l'hiver" organisées pour la survie  ou à "Hurleville", la ville des loups, c'est-à-dire Paris, pris dans une crépusculaire et déprimante étreinte glacée. Enfin, la description des situations post-glaciaires est elle aussi, palpitante. Le roman de formation de Doris Lessing, Mara et Dann qui raconte l'odyssée d'un couple (frère et soeur) en marche vers le bord de la "mer intérieure" (la Méditerranée asséchée) face au gigantesque mur de glace, le bord de la banquise qui recouvre la totalité de l'Europe, en témoigne.
Totalement différentes sont les glaciations définitives du fait de l'extinction progressive du soleil. La fin des temps n'offre pas d'échappatoire. En un paysage inéluctablement gelé les derniers groupes humains misérables et tremblants, creusent des caches pour se protéger d'un froid mortel (les Derniers hommes de Poudeybat)
Le thème glaciaire permet par conséquent d'intéressantes évocations pour un écrivain qui, prenant le "point de vue de Sirius",  étudie dans le détail les efforts désespérés d'une espèce humaine pour se dégager de l'étreinte mortelle qui la broie.


 
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