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la Guerre des fées

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 2

La Guerre des fées par G. Le Cordier (scénariste) et J. Pinchon (dessinateur), Librairie Delagrave éd., 1909, 1 vol. cartonné, in-quarto, format à l’italienne, 28 planches couleurs, couverture illustrée par Pinchon, roman illustré d’expression française.
1 ère  parution : 1909
guerres futures 2 (rêvée)


Joseph PINCHON

(1971-1953) Dessinateur français précurseur de la ligne claire. Immortel créateur du personnage de Bécassine. Dessine dans les journaux pour enfants (la Semaine de Suzette, Frimousset, l'Echo de Paris). Après-guerre, dessine pour le journal belge "Wrill" d'autres personnages (Gringalou, Suzel, Olive et Bengali)

Georges LE CORDIER

Auteur de livres pour enfants surtout aux éditions Delagrave. Ecrit aussi pour le journal "Saint-Nicolas"




Le monde d’aujourd’hui rend tristes les « fées-jadis ». Les «fées-maintenant », électricité, vapeur,  ont envahi l’univers entier et s’en prennent à Viviane, aux esprits de l’air et de l’eau :
«Ce fut un beau concert de plaintes, Allez !!!.. Tonitru-le-Tonnerre montra son dos lardé de trous de paratonnerres, Rosa-la-Rose, ses pétales meurtries par le pilon des parfumeurs, Potamos-le-Fleuve sa barbe remplie par les déchets d’égouts, et ainsi de suite pour tous les protégés des fées. Indignée, l’assemblée des fées décida la guerre. Et l’on dépêcha aux hommes Wou-Wou-le vent pour les sommer de renoncer aux fées-maintenant et à leurs algèbre.»
Mais «les ondes hertziennes» ayant donné l’éveil, il dut battre en retraite non sans avoir pris en otage le fils du président de la République universelle, le jeune Plumm-Pudding.Celui-ci put de justesse donner l’alerte à Kodak-le-Furet et Téléscope-le-Borgne.
La guerre débute. Les fées-jadis rangent les arbres de la forêt en ordre de bataille, que les allumettes réduisent en cendres. Pour pallier ce sort funeste, Potamos le Fleuve déverse des tonnes d’eau qui noient villes et villages tandis que dans l’océan les génies des eaux se font tailler en pièces par le cuirassé « Vobiscum ». Plumm-Pudding, entraîné au fond de l’océan dans la ville englouti d’Ys, est sommé de se marier avec la vilaine Carabosse, sous l’œil attentif des fées. Mais son père ne l’entend pas de cette oreille. Avec son sous-marin, il éperonne les murs de la ville détruisant les palais à coup de torpilles. Plumm, gardé par Maelström, à bord d’une baleine, est évacué vers le pôle sud, en Atlantide,  en présence de tous les personnages des contes populaires :
« Et soudain un éblouissement de pierreries et d’arcs en ciel, des coupoles d’aurores boréales, un soleil de minuit enchâssé dans un minaret de cristal… ATLANTIDE !... Tout le monde descend !…»
«Ma Sœur Anne», qui est montée sur la plus haute tour, voit avec tristesse l’artillerie des fées-maintenant «qui flamboie». Elle aperçoit les licornes en déroute face au chemin-de-fer, les griffons, désarçonnés dans leur vol par l’armée des ballons dirigeables, enfin les quatre volcans qui crachent le feu. Ces éruptions, situées dans l’axe du monde, arrachent l’Atlantide de la terre pour la projeter sur Saturne. La bataille semble perdue. Le père de Plumm s’avance victorieusement sur son cheval mécanique afin de recevoir la clé du royaume des fées de la main de Viviane. Les quatre volcans seront circonscrits et le mammouth, qui a servi de monture à Plumm , découpé par la fée-Vivisection.
A Paris, à l’annonce de ces nouvelles, la révolte gronde : les becs de gaz mettent la crosse en l’air, la Bastille est renversée et la colonne de Juillet force les grilles du Pudding- Palace. Pour que la paix règne à nouveau dans la nature,  le jeune Plumm-Pudding consent à épouser Carabosse qui se transforme illico en une adorable jeune fille.Pochade surréaliste et fantastique débridée,  à l’usage des enfants sages du début du siècle, «la Guerre des fées» n’en représente pas moins un témoignage de la modernité présente dans les lettres françaises avec «Zone» par exemple,(«A la fin tu es là de ce monde ancien, Bergère, ô Tour Eiffel
Le troupeau des ponts bêle ce matin») ou dans les tableaux de Delaunay. Tendance qui traduit autant l’ivresse du mécanique, la disparition des mythes antiques, que la toute-puissance de la « fée électricité ».
Un message présent dans la littérature conjecturale de l’époque, avant les inquiétudes liées à celle de 14-18.


couverture de l'album "la Guerre des fées"
couverture de cet album dessiné, rare et cher (en bon état, bien sûr)
 
 
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