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la Fin du rêve

les oeuvres > POLLUTION GENERALISEE

la Fin du rêve par  Philip Wylie, Librairie Générale Française éd., 1979, 1 vol. broché, in-12ème , 312 pp., coll. " Livre de poche ". photo de couverture par Gérard Ruffin.  roman d’expression anglaise (USA)
1ère parution: 1972    titre original: the end of the dream
pollution généralisée


Philip WYLIE

(1902-1971) Ecrivain américain de science-fiction. Extrêmement prolifique, il a touché à tout et en de nombreux domaines. Etudes à l'Université de Princeton. Plus d'une centaine de nouvelles, des scénarios pour Hollywood. Directeur de la Lerner Mariner Directory. Adaptation du "Choc des Mondes " au cinéma par G. Pal. Ses intérêts le portent vers des thèmes philosophiques, ethniques, à l'étude des relations entre sexes, à la biologie, l'écologie, etc. Il a également produit des nouvelles policières pour divers magazines.

Dans ce récit d’un réalisme terrifiant,  le narrateur nous fait vivre l’agonie de notre planète. La période se situe entre 1970 et 2023. Le texte s’assemble sous forme de rapports et réunit des faits, des enquêtes ainsi que des analyses. Le tout permet de suivre l’évolution désastreuse vers laquelle l’homme amène inexorablement la planète:
" 1975. Date de non-retour. Déjà dans les années précédentes, il y avait eu bien des désastres qui n’étaient que les signes annonciateurs des pires malheurs. A Londres, un "smog" avait durant quatre jours causé plus de mille morts par jour. Un pétrolier, le Torrey Canyon s’était échoué et fracassé, polluant une bonne partie des côtes de la Manche.
Les écoulements des puits de pétrole sous-marins au large de la Californie avaient rapidement atteint Santa Barbara et les alentours. Tous les grands fleuves d’Amérique étaient affreusement pollués. Le lac Erié était " mort ". Les lacs communicants, Michigan, Ontario, Huron étaient "mourants.
"
La technologie galopante, la course à la consommation, entraînent les grandes et petites industries à produire plus et plus vite. La pollution suit le même rythme. Centrales nucléaires, usines chimiques, alimentaires, industries minières, pétrolières, automobiles, militaires, chacun apporte son lot de déchets:
" Dès 1970 on estimait que l’industrie et les activités humaines connexes déversaient dans l’environnement au moins un demi-million de composés chimiques dont beaucoup d’une incroyable complexité, dont des dizaines de milliers étaient connus pour leur effets toxiques sur certaines espèces, ou dont on pouvait prévoir les dangers. Ces additifs aboutissaient à la mer, entraînés par les cours d’eau, le ruissellement des pluies. Et si les quantités étaient faibles pour certains produits, ils se déversaient néanmoins dans la mer par milliers ou par dizaines de milliers de tonnes. En 1980, les mers de la planète charriaient plus d’un million de produits chimiques... "

Les tentatives pour alerter l’opinion restent vaines, ou alors:
" Les gens tournèrent le bouton pour ne plus entendre parler des nouvelles sans cesse plus alarmantes quant aux dangers courus par leur environnement. Ils étaient fatigués, ils en avaient marre... Ce qui advint ensuite, quand on fit un effort pour forcer l’industrie et les villes à mettre un terme à la pollution, fut pire. Une telle entreprise impliquait des pénuries passagères, et  cela, les populations, menées par les syndicats, se refusaient à le supporter. "

Quelque part, une écume verte mutante se développe. Ailleurs, une rivière devenue poubelle, explose à la suite d’une réaction chimique. Il y aura plus de cent mille victimes dans l’agglomération se situant sur ses rives. Ailleurs encore, les habitants d’une grande ville d’Amérique sont fauchés par millions, l’air qu’ils respirent devenant toxique. Un virus qui détruit le riz dans les pays du Tiers Monde, et c’est la fin. La mer charrie des milliards de vers qui attaquent toute vie animale et humaine.
La recherche de nouvelles énergies provoque le cataclysme final. L’Antarctique malmené entre dans une période d’activité volcanique. Les glaciers fondent, le niveau des mers monte. Mers polluées, atmosphère polluée, radioactivité, smog, formes de vie mutantes, climats bouleversés, tremblements de terre, monée du niveau des océans, telle est la situation en 2023. L’homme n’a plus aucun avenir.
La "Fin du rêve" est un roman prémonitoire qui met l’accent sur la généralisation des pollutions en ce fin de siècle. Avec le "Troupeau aveugle" de John Brunner, il constitue l’avertissement le plus net quant à la probabilité d’une vraie catastrophe dans le monde réel du XXème siècle si aucune mesure n’était prise pour minimiser le phénomène. Or ce qui sépare le réel de la fiction est que ces mesures commencent à être prises.
Néanmoins, en 2001, la mer Baltique reste une étendue d’eau polluée par les sous-marins soviétiques en train d’y pourrir, les rejets porcins en Bretagne stérilisent une terre devenue acide, les nappes phréatiques sont régulièrement polluées par les nitrates, les centrales nucléaires en Russie demeurent obsolètes et très dangereuses, la pollution aérienne par jours de grand beau temps au-dessus des villes atteint des pics dangereux. Et là, ce n’est plus de la fiction...



couverture du roman "la Fin du rêve"
couverture du roman en 1ère édiition poche
 
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