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la Fin du monde vue par un témoin oculaire

les oeuvres > L'APOCALYPSE REALISEE

La Fin du monde vue par un témoin oculaire  par P.P. Paradis, Imprimerie " Progrès du Saguenay " éd., 1895, fascicule de 22 pages. nouvelle d’expression française (Canada). notice bibliographique in " le Bulletin des Amateurs d’Anticipation Ancienne " N°31, mai 2003
1 ère  parution : 1895
l’apocalypse réalisée

Pierre Paul PARADIS
(1841-1912) Romancier canadien (Québec)

Le poète désire faire partager sa vision de l’apocalypse qui se présente sous les traits communs de l’eschatologie chrétienne. Son tableau est traversé par des images romantiques et modernistes. Comme si cette vision était trop horrible pour être appréciée de près, il est enlevé sur la planète Vénus :
« La distance à Vénus est incommensurable.
Jamais je n’eusse pu voir l’étoile admirable
Sans l’électricité.
Parvenue sur la nue un courant électrique
Donna de tels élans au tourbillon magique
Qu’en l’astre il m’a porté. »

A l’instar de la Terre, Vénus possède des villes, des arbres, des palais mais apparaît déjà condamnée :
« Le temps allait finir sa course séculaire.
La sombre éternité, s’avançait sans mystère, (…)
Déjà la fin des temps, ce spectre au front livide,
S’abattait sur Vénus comme une hyène avide. »

Des guerres sanglantes, des malheurs de toutes sortes se font jour :
« Le soleil obscurci n’éclairait la nature
Que par des jets sanglants rougissant la verdure ;
Des tonnerres affreux, d’horribles tremblements
Faisaient sécher d’effroi tous les êtres vivants. »
Elles contrastent avec les périodes heureuses d’avant où la planète était féconde, où
« Rien ne venait voiler l’éclatant horizon.
Les plaisirs les plus doux doraient chaque saison ;
Tout respirait l’amour sur cette étoile blonde. »
Avec l’apparition du prophète de la mort, l’Antéchrist, qui fascine les foules :
« Son règne s’étendit comme un nuage noir
Quand un sombre ouragan éclate sur le soir
Et déchaîne les vents et l’éclair et la foudre.
»
D’autres désastres suivront comme les blés qui se dessèchent, le soleil qui s’obscurcit, la famine, les désordres sociaux et les crimes, la guerre de tous contre tous. Les éléments naturels ajoutent à ce tableau sinistre : cyclones, ouragans, ciels ensanglantés, grondement des mers :
« Sur le funèbre lit, tombeau des nations
On eût dit le réveil des générations.
Tout annonçait, hélas ! les derniers jours du monde.
Les peuples cependant sur ce volcan qui gronde
Bâtissaient des cités et des chemins de fer,
Essayant de jouir encore en cet enfer.»
Aussi, lorsque les hommes (tiens ! ne sommes-nous donc pas sur Vénus ?) s’obstinent à vivre comme ils le peuvent, le poète, témoin à un mariage digne d’un enterrement, voit venir un messager de la mort, annonciateur de la fin :
« Chacun vers son foyer avec effroi s’élance;
L’écho devient sonore ; un silence imposant
Règne alors dans les airs pendant quelque moment ;
Un poids lourd pèse aussi sur tout ce qui respire ;
Tout se tait, nulle brise au-dehors ne soupire,
Et la nuit est profonde ; une intense chaleur
Se fait sentir et jette une morne stupeur. »

Les signes se multiplient dans le ciel, les bêtes sauvages cherchent un refuge auprès des hommes, des églises et des temples volent en éclats, des cratères bouillonnants s’ouvrent sous les pieds. Au dernier moment, le poète, menacé dans sa chair, est enlevé par un ange et ramené sur notre planète. Depuis, sa vision le hante.
Peu de science-fiction dans ce long poème à but apologétique mais une description de la fin du monde tellement précise et circonstanciée que nous l’avons pensée digne d’être inscrite à notre répertoire
.


couverture du fascicule
voici une planche du dessinateur américain Basil Wolverton montrant la lune qui s'écrase sur la Terre. Du grand art susceptible d'illustrer le récit de P.P. Paradis.
 
 
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