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la Dernière pluie

les oeuvres > MENACES CLIMATIQUES

la Dernière pluie par Jean-Pierre Andrevon, Nathan éd., 1994, 1vol. broché, in-12ème, 121 pp. couverture illustrée par Walter Lalonde. réédité in « Demain la Terre » , anthologie, Mango éd., 2003). nouvelle d’expression française.
1ère parution: 1994
menaces climatiques


Jean-Pierre ANDREVON

(1937-) Ecrivain. après des études aux Ponts et Chaussées, son service militaire en Algérie, devient enseignant. En 1969, l'écriture sera pour lui une occupation à temps plein.De nombreuses activités: journalisme, scénariste, illustrateur, écriain. Ses premiers textes paraissent dans des fanzines, puis dans la revue "Fiction" . Publie en moyenne quatre ouvrages par an, d'abord au Fleuve Noir ou chez Denoêl.  Plutôt spécialisé dans la SF cataclysmique. Aujourd'hui travaille surtout au profit du thriller et de la littérature pour enfants. De sensibilité écologiste.


Le jeune narrateur, Marchetti, a beaucoup de chances que son papa soit un ingénieur, bricoleur de surcroît, qui ne se laisse pas aller à la morosité ambiante. Depuis quelque temps, une pluie continue transforme la ville (et la terre entière) en un bourbier infâme, à un point tel que, dans le collège, tous les cours sont interrompus:
" Cela doit être difficile d’enseigner l’Histoire quand " son tissu se défait comme un pull-over quand on tire sur une maille " - comme nous le disait la semaine dernière, monsieur Ferniot . Et encore plus vain de faire des cours de géographie quand elle se modifie tous les jours, à mesure que l’eau ronge les côtes. "

La situation se révèle catastrophique, un nouveau déluge, dû à la pollution, noie le paysage:
" Dans les Alpes suisses, les torrents ne cessent de grossir, emportant des villages entiers sur leur passage... Au Bangladesh... mais le Bangladesh n’existe plus, il n’y a plus qu’un trou émietté sur la côte indienne, qui ressemble à un gigantesque fromage mou dans lequel un géant affamé a planté ses dents...  En Italie, Venise achève de s’enfoncer dans la mer. Cette fois, c’est bien la fin d’une des plus belles villes du monde. La mer du Nord déferle vers l’Europe sans cesse gonflée par la fonte des glaciers du pôle. Le Danemark, la Hollande; la Belgique, la Normandie sont amputés chaque jour de dizaines de kilomètres carrés... "(...)
" A force de balancer dans l’atmosphère des millions de tonnes de gaz carbonique et autres cochonneries suite à la combustion forcenée des énergies fossiles, pétrole et charbon en particulier, la température moyenne du globe s’est élevée en l’espace de quelques dizaines d’années. Oh! pas de beaucoup: quatre ou cinq degrés. Mais ça suffit pour accentuer ce que l’on appelle l’effet de serre. Résultat: l’eau des océans a subi une accélération de son évaporation. Des milliards de mètres cubes de vapeur d’eau se sont condensées au-dessus de nos têtes, formant autour de la planète une impénétrable couche de nuages. Et il s’est mis à pleuvoir, cette pluie que nous connaissons bien, que nous subissons sans trêve, cette pluie lourde et grasse, noire de toute la pollution ramassée en chemin. "

Les villes se dépeuplent, les militaires sont sur le pied de guerre, même Claude Dracheline, le meilleur ami de Marchetti, a émigré avec ses parents vers des lieux plus cléments. Seule Aïcha, enfant des ZUP et autres ZAC, jeune fille de harki, ne sait où aller. Fière et abandonnée, elle hante encore des immeubles déjà condamnés par la pluie. Quant à Marchetti, il aide son papa à construire une arche qui les emmènera vers les étoiles, vers une autre terre. Avec sa maman, Chloé, il rapporte toutes sortes d’objets électroniques laissés là, à disposition, dans de rares entrepôts encore approvisionnés:
" De toute façon, ces expéditions étaient le plus souvent inutiles. Les entreprises et entrepôts abandonnés étaient pillés jusqu’à l’os, les autres ne montraient que des présentoirs vides. Il pleuvait, il pleuvait, tout le monde foutait le camp. La plupart des routes traversant le plateau étaient devenues impraticables, les pontons montés par le Génie pour permettre la traversée de la plaine inondée s’effondraient les uns après les autres et n’étaient pas remplacés. Le tissu social continuait de se défaire maille par maille. "
La situation se dégrade nettement lorsqu’une bande de "grands" les attaque, visant plus particulièrement la grange où papa construit son engin. Heureusement, maman les met en fuite. Très motivé par l’urgence, papa accélère l’installation de sa petite famille à bord de l’arche, n’oubliant pas d’emmener, comme il est écrit dans les textes canoniques, un couple de chaque animal domestique encore vivant autour d’eux : chien, chat, mouton, vache, etc., et, pour tenir compagnie à Marchetti, le veinard, sa copine Aïcha,  future promise du narrateur.  L’arche s’élève traversant une épaisse zone nuageuse, témoin de l’universalité de la catastrophe:
" La terre, comme vous le savez, est mal partie. Combien de temps cette pluie tropicale que nous avons nous-mêmes déclenchée va-t-elle durer ? Un an? Dix ans ? Cent ans ? Personne ne peut le dire. En conséquence, de combien de mètres, ou de centaines de mètres, l’eau va-t-elle monter ? Cela non plus personne ne peut le dire. Ce qui va se passer ensuite, par contre, nous pouvons le prévoir: isolée des rayons du soleil par le bouclier de nuages, la terre va se refroidir. Toute cette eau déversée va geler, notre planète connaîtra un nouvel âge glaciaire. "
l’arche débouche à l’air libre sous un ciel constellé d’étoiles, libre de voguer vers une nouvelle terre.
Un petit récit d’Andrevon destiné aux enfants de huit à quatorze ans. Bien que le thème du nouveau déluge soit totalement éculé, le texte n’en est ni naïf, ni pétri de cette fausse sensiblerie si commune à ce type de littérature pour la jeunesse. Au contraire, l’auteur en profite pour y distiller quelques messages qui lui tiennent à coeur, de l’anti-racisme, du danger de l’industrialisation à outrance, en passant par l’écologie et l’amour de la nature.


couverture du roman "la dernière pluie"
couverture de ce roman pour adolescents
 
 
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