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la Dernière bataille

les oeuvres > LES GUERRES FUTURES 1

La Dernière bataille, épopée prophétique de l’année 1909, par Frédéric Stampf, Armand le Chevalier éd., 1873, 1 vol. broché, in –12 ème , 71pp. couverture muette. nouvelle d’expression allemande
1 ère  parution : 1873   titre original :  Die letzte Schlacht.
guerres futures 1menaces idéologiques

Frédéric STAMPF

D'après l'encyclopédie Wikipédia, dont les indications biographiques sont reprises un peu partout, l'auteur de ce court roman serait Edmond Thiaudière, se donnant comme le traducteur de "la Dernière Bataille" et écrivant sous pseudonyme. Or, Thiaudière produit une longue notice biographique concernant Frédéric Stampf, que voici:
"Frédéric Stampf vécut à Düsseldorf et fut secrétaire à l'Académie des Sciences. Soldat et lieutenant en 1870. Avec ses aspirations libérales, il s'éleva contre la volonté de puissance de Guillaume II et conçut son ouvrage après Sedan. Dénoncé au général Von Molkte, il fut accusé de haute trahison, jugé, dégradé et emprisonné pour 15 ans à la forteresse de Spandau dont il s'évada vers la Suisse. Il mourut à Zürich à 35 ans, en laissant son manuscrit à M. Joel Schann",  connaissance d' Edmond Thiaudière, qui termine sa notice: "Quoiqu'il en soit, nous pensons avec M. Joël Schann que le grandiose de l'idée, la rapidité toute dramatique de l'action et l'originalité du cadre sont des qualités assez éminentes pour légitimer la publication du livre posthume de Frédéric Stampf. Et c'est pourquoi nous offrons au lecteur une traduction aussi fidèle que possible, Edmond Thiaudière, mars 1873." Quelle est la bonne version ?

En 1909, l’Europe est aux mains des Russes et des Allemands. Le Tsar Nicolas, sa cour, ses féaux les autres princes d’Europe, ont asservi le côté oriental en distribuant des prébendes ou en faisant régner une terreur absolue. L’autre Europe, le côté occidental, gémit sous la botte de l’empereur de Prusse Guillaume III qui tient fermement par ses affidés, les rois et consorts,  la Hollande, la Belgique, la France, l’Espagne, le Portugal, l’Italie :
« Il y a dix ans, deux monarques, l’un russe et l’autre prussien, comme leurs ancêtres moins hardis avaient autrefois assailli la Pologne, se sont rués à l’improviste sur l’Europe terrifiée, et de ses dépouilles ils ont accru leurs empires, qui sont devenus l’empire de l’Est et l’empire de l’Ouest. »
Parce que la princesse Amélie, la fille du roi de France Louis Philippe III, a refusé la main du Tsarevitch, la querelle, envenimée par l’ambassadeur de Guillaume II, déboucha sur une crise politique grave et sur la menace d’un massacre généralisée. Chaque autocrate, actionnant les pays soumis à son autorité, arma ses troupes et les fit marcher les unes contre les autres. Des coups d’éclat eurent lieu de part et d’autre sans que rien de définitif ne pût arrêter la machine infernale avec des morts qui, déjà, se comptaient par millions :
« A côté de ces moyens nouveaux, les guerres d’autrefois semblent dans l’enfance de l’art. Des villes entières, avec tous leurs habitants, sont anéanties sans combat. (…) ici et là les armées en présence, sous le souffle terrible de leurs monstres d’airain, se couchent dans le sang des champs de bataille. A regarder faire les empereurs, on dirait que la Nature elle-même devient méchante. Elle manque devoir tuer tout ce qu’ils ne tuent pas. En Russie, elle déchaîne le typhus ; en Allemagne et en France, la variole ; en Italie et en Turquie, le choléra . En quatre mois, trois millions de soldats ont péri, mais rien de cela n’a fatigué l’espérance et l’orgueil des deux maîtres de l’Europe, entre lesquels la victoire continue d’osciller incertaine. »
Du côté allemand, le relieur Liebell rêve d’un « unionisme » universel et songe à créer les « Etats Unis d’Europe » qui fédéreront tous les peuples de bonne volonté. Ce rêve est partagé par le russe Mikoff, gantier de son état, du côté oriental. Ayant appris à se connaître et à s’estimer, ils élaborèrent une nouvelle Constitution, attendant le moment favorable pour l’appliquer.
Le front s’étant stabilisé vers Vienne, les deux conjurés passèrent à l’action, ayant déjà un appui solide dans les rangs des soldats unionistes des deux armées. Liebel avait réussi à s’infiltrer à un poste-clé du commandement de l’armée prussienne. Il déclencha à l’heure prescrite la «Révolution », dès qu’il sût que son homologue russe avait agi dans le même sens. Comme une traînée de poudre le même mot d’ordre circula : « Halte aux tyrans et aux rois, halte à la guerre ! » Le coup de force dissocia d’abord les généraux des pouvoirs intermédiaires, en les coupant de leur base. Puis Liebel, à la tête d’une troupe nombreuse, captura et emprisonna tous les rois d’Occident dans leurs demeures et châteaux de Vienne, comme Mikoff le fit du côté russe.
Les deux armées, gagnées à la cause révolutionnaire, fraternisèrent, brisant dans l’œuf toute velléité de résistance. La jonction s’opéra à Ragelsbrün et déjà le monde entier suivait avec passion la naissance de cette nouvelle Europe. Mais pour que l’acte fondateur pût être fécond, l’ensemble des sommités royales et bourgeoises inféodées, princes et laquais des monarques, devaient être fusillés selon un rituel précis dans la plaine de Ragelsbrün, un lieu qui se transformera ensuite en symbole éternel de la chute des tyrans :
« Tous ces poteaux improvisés seront rangés en file, mais ceux auxquels on attachera les deux empereurs occuperont le milieu de la plantation sinistre, et, distant l’un de l’autre de neuf mètres, chacun d’eux sera également planté à neuf mètres de ceux destinés aux rois. De chaque côté, six mètres seulement sépareront ceux-ci les uns des autres, ainsi que le dernier d’entre eux des premiers de ceux destinés aux princes, lesquels ne seront respectivement séparés que par un espace de trois mètres. Ainsi jusque dans l’expiation l’on conservera l’étiquette chère aux tyrans.»
La nouvelle Europe des peuples était née, une et indivisible, pacifique et travailleuse, une « Internationale » de tous les hommes de bonne volonté :
« Le libre groupement des nationalités, le divorce des Eglises et des Etats, la suppression des armées, l’absolue gratuité de l’enseignement, la création d’un impôt unique et progressif sur le capital acquis, l’abolition du salariat, tous ces desiderata si profondément justes, réfutés par d’odieux sophistes, ou éludés violemment par des exploiteurs éhontés sont proclamés en principe, et du jour au lendemain réalisés en fait ; et aucun trouble ne se produit, et pas une réclamation n’ose s’élever, car où il n’y a plus de prince la justice peut enfin régner ! »
La « Dernière bataille » , courte et introuvable épopée de Frédéric Stampf, mena son auteur , militaire de carrière, à sa destitution dans l’armée allemande, puis à son emprisonnement sur l’ordre de Bismarck, qui fut interrompue par sa mort précoce, à 35 ans. Le récit est appelé « vision» ou épopée ». Publié en 1873, il montre comment les peuples pourraient avoir l’idée de prendre en mains leurs destins afin de bannir la guerre et d’écarter les rois, seuls criminels de ce monde. Le rêve d’un « Unionisme» encore utopique qui s’appuie sur l’expérience de la Commune de Paris. Une œuvre originale, brève et puissante, mais méconnue.


couverture du roman "la Dernière Bataille"
couverture de ce très rare fascicule
 
 
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