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LA CITE FOUDROYEE

La « cité foudroyée » se retrouve fréquemment dans le genre qui nous intéresse. La cité d’aujourd’hui ou future, la mégapole complexe, lieu dystopique dans son inhumanité, ne résistera pas aux coups qui la mettront en pièces. Symbole de la décadence, tirant son sens de la Babylone biblique, elle est destinée à connaître le sort de Sodome et Gomorrhe, et, comme elle, frappée par un destin vengeur.
Elle se transformera en ruines au cours des millénaires et fera la joie des archéologues du futur.
Souvent, la ville déjà minée de l’intérieur, est prise d’assaut lors d’émeutes raciales (« la Toussaint blanche» de Philippe Gautier), de soulèvements populaires (« les Loups dans la ville » de Serge Kancer), de soulèvements prolétariens (« Je brûle Paris » de Bruno Jasinski). Cristallisant les différentes haines, les monuments remarquables sont autant de symboles qu’il importe de détruire : la Tour Eiffel , le Panthéon, Notre-Dame, comme le fut jadis la Bastille.
Alors les gouvernements se démettent ou fuient en des lieux plus hospitaliers même quand toutes les statues de la capitale s’unissent pour renverser les vieilles badernes, comme dans « la Fin de Paris » de Marcel Sauvage.
Parfois la cité, du fait de sa complexité, tombe comme un fruit mûr, sans qu’il soit besoin d’ennemis intérieurs. La faillite de l’électrictié dans « Ravage » de Barjavel provoque un long exode vers les campagnes.
Et que dire des destructions insensées causées par les guerres du futur ?  Les bombes larguées massivement sur la cité forment un classique du genre. « New-York bombardée » par les Prussiens selon Bernard-Walker ou « comment Paris sera détruit en 1936 » par une attaque aérienne anglaise  selon le major Von Helders  ne font jamais qu’anticiper les destructions massives de Dresde et de Bochum à la fin de la deuxième guerre mondiale.
N’oublions pas non plus les menaces atomiques, qui restent d’une actualité brûlante (sans jeux de mots !) L’enfer sur terre, on le trouve dans « H sur Milan » d’Emilio Rossignoli ou dans le « Dernier jour »  d’Alexandre Renaud. Tout aussi radicale mais plus insidieuse est la bombe de poche glissée « sous le tapis » par des terroristes aguerris, comme dans le récent ouvrage « Octobre Noir » d’Ulysse Brandon où Paris désintégré, cessera de jouer un rôle dans l’histoire de notre pays.
Certains romans, par leur minutie documentaire, vont jusqu’au malaise dans l’effet de réel. Ainsi ne sort-on pas indemne de la lecture de « WarDay » de Strieber Whithley et James Kunetha ou des « Minutes de l’heure H » de William Prochnau.
Ayant éliminé les dictateurs de tous poils, les savants fous, les Maîtres du Monde, les mégalomanes, il nous reste encore les invasions, soit naturelles, comme dans « la Terre endormie » d’Arcadius où une bombe végétale couvre tous les monuments de lierre et de feuilles, soit extraterrestres, où, en toute simplicité, les E.T. confisquent nos cités à leur profit, comme dans le « Grand Silence » de Robert Silverberg.
Le thème de « la cité foudroyée », dans notre XXème siècle industrialisé et urbain, est l’exemple même de la faillite de la civilisation. Il aurait été dommage que le roman cataclysmique n’en exprime pas toute l’angoisse.



 
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