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la Captive du temps perdu

les oeuvres > L'ENTROPIE PROGRESSE...

la Captive du temps perdu par Vernor Vinge, l’Atalante éd., 2000, coll. " Livre de poche " N°7228, 1 vol. broché, in-12 ème , 377 pp. couverture illustrée par Manchu. roman d’expression anglaise (USA)
1 ère  parution : 1986   titre original : Marooned in realtime
l’entropie progresse...


Vernor VINGE

(1944-) Ecrivain américain. Professeur d'informatique et de mathématique. Publie ses premiers textes dans "Analog SF" et collabore à divers magazines; oeuvre centrée autour du concept de "Singularité" technologique. Epoux de Joan D. Vinge. Obtient plusieurs fois le prix "Hugo". Se consacre entièrement à l'écriture.

Vers l’an 2300 l’humanité entière a disparu sans que l’on en sache la raison. Cette disparition est appelée "la Singularité". C’est ce dont se rendent compte les rares survivants terriens réunis dans un avenir incroyablement lointain, à cinquante millions d’années de la Singularité : " Même sans E majuscule à Extinction, les derniers hommes s’étaient si profondément enfoncés dans le futur que personne ne se serait attendu à trouver leur espèce encore là. Mais la majorité des néo-techs ne pensent pas qu’il s’agit d’une invasion extraterrestre. Alice Robinson dit que l’humanité s’est éteinte au cours du XXIIIème et qu’on ne trouve aucun signe de violence avant la fin du siècle. En outre, s’il y avait eu une invasion, on pourrait penser que nous aurions vu arriver toutes sortes de réfugiés du XXIIIème. Au lieu de quoi, il n’y a eu personne – à part les derniers d’entre vous, les néo-techs de 2201 à 2202. "
Ils sont cent vingt-trois, tous d’origine différente avec leur motivation particulière, de rares rescapés ayant parcouru l’avenir grâce à la " bulle de stase ", soit un artefact électromagnétique à l’intérieur duquel le temps relativiste peut être programmé selon la volonté de son occupant sur une durée (la " nictation ") de quelques heures à quelques semaines, alors qu’autour d’eux s’écoule le flux temporel en millions d’années.
Les départs en route vers un futur sans retour se sont faits pour diverses raisons. Les uns sont partis pour faire fortune, les autres par obligations, certains, comme le détective Wil Brierson, personnage-clé de ce roman, contre leur gré, "shangaïé " dans le futur par leur ennemi.
Au bout d’un temps assez long de cinq cents millions d’années, l’humanité se retrouve devant son destin : on y dénombre les néo-techs, les plus évolués, qui datent du XXIIIème siècle et qui, grâce à leur technologie et leur interfaçage informatique, rendent la vie possible à tous les autres sur cette terre du futur.
Il y a les paléo-techs, dont fait partie Brierson, les néo-Mex et les tenants de la " Tutelle de la Paix ", fragments des gouvernements d’antan, et puis des êtres d’exception, tels que Léna, revenue d’un voyage de neuf mille ans dans l’espace, ou l’archéologue Chanson, prisonnier au sein du soleil dans sa bulle et récupéré au bout de dix mille ans
L’option qui s’ouvre à  ces gens est entièrement déterminée par Marta, la néo-tech qui désire, à partir de ce qui reste d’humains, établir une nouvelle colonie dans le futur pour réensemencer la terre et y réimplanter l’espèce humaine :
" Eh bien, nous sommes dans une situation plutôt bonne, en ce moment. Mais notre civilisation - souche s’est éteinte. La chute peut être longue… En comptant les Pacifieurs, vous êtes environ trois cents paléo-techs. Avec votre aide, nous devrions pouvoir rallumer le réacteur de l’espèce humaine à un niveau convenable de technologie – celui du XXème ou du XXIème siècle. Si nous y arrivons, nous remonterons rapidement la pente. Sinon, si nous sommes retournés à l’âge préindustriel quand nos automs tomberont en panne… nous serons juste assez primitifs et trop peu nombreux pour survivre. "
Cette option cependant n’est pas partagée par tous. Marta se retrouve " naufragée du temps ", criminellement rejetée hors d’une stase par un adversaire inconnu. Tandis qu’à l’intérieur de la bulle humaine se passent deux semaines, à l’extérieur, pour Marta, se déroulent quarante longues années durant lesquelles elle n’a qu’un seul but : faire connaître à Yelen Korolev, sa sœur-épouse néo-tech,  l’identité de son adversaire.
Elle livre un journal construit à partir de cairns dressés çà et là, observe la nouvelle faune qui se développe sur terre, araignées mutantes et primates évolués, chiens à l’intelligence agrandie. Elle mourra, " captive du temps perdu " sans avoir pu réintégrer la protection de la bulle de stase.
Yelen charge le paléo-tech Brierson de l’enquête. Celui-ci découvre, en compagnie de Della sa collègue extra-terrestre, l’horrible vérité : Marta a été victime d’un complot bicéphale. La première agression a eu pour origine un ancien dictateur d’Eurafrique, Philippe Genet, qui avait décidé dès le début de l’installation de la nouvelle colonie qu’elle ne se construirait que sous son autorité. Trafiquant les systèmes informatiques des néo-techs, infiltrant toutes les défenses de stase, il fit se battre entre eux en une guerre fratricide les diverses fractions d’humanité encore existantes. Plus de la moitié de ces rescapés du temps périt dans le combat qui, grâce à l’apport décisif de Della, joua en faveur de l’orthodoxie. Genet éliminé, sa réserve de zygotes récupérés, une lueur d’espoir subsista à nouveau pour l’espèce humaine.
Le deuxième assassin de Marta était l’archéologue Juan Chanson à l’esprit dérangé, persuadé que la Singularité ne pouvait être que l’oeuvre d’extraterrestres. C’est parce que Marta avait détecté certaines de ses falsifications historiques que Chanson l’abandonna dans le temps. Sa punition fut à la hauteur de son crime : au moment où la dernière colonie humaine se réinstalla en stase pour survivre et fonder l’ultime cité, Chanson, à son tour, dut subir les affres de l’abandon. Il vécut seul, sur une terre devenue étrangère, voire étrange, pendant plus de dix mille ans, avec l’assistance des " automs ", sortes de robots médicaux. L’humanité allait pouvoir relancer son histoire après une parenthèse de cinquante millions d’années sans comprendre cependant ce qu’a pu être cette " Singularité " qui faillit causer sa perte définitive.
Roman sophistiqué basé sur le thème temporel et celui de l’extinction, roman policier se déroulant dans un décor de science-fiction, avec des passions, des crimes, une enquête, des émotions, des revirements. Bref, une réussite qui se lit sans faiblir et avec du plaisir. Par un écrivain dans sa maturité.


couverture du roman "la Captive du temps perdu"
couverture du roman en édition de poche avec une belle illustration de Manchu
 
 
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