la Capitale endormie ou le narcotique N°23 - destination-armageddon

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la Capitale endormie ou le narcotique N°23

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la Capitale endormie ou le narcotique N°23 par Henry Dorac, éd. Paul Duval, sd., 1 vol. broché,  in-8ème 125pp. couverture et illustrations intérieures par pierre Rousseau. roman d'expression française
1ère parution: sd
la cité foudroyée


Henry DORAC

(1912-1991). Pseudonyme de Henri Kubnik (le "y" de Henri est une coquetterie). Parolier. producteur et homme de radio, écrivain français. Débute dans la chanson en 1941, puis s'investit dans la radio comme animateur.  Créateur de jeux radiophoniques dont le célèbre "Jeu des 1000 francs" encore vivant aujourd'hui sur France Inter. Ecrivain intéressé par le roman historique (de nombreux ouvrages) et le roman pour la jeunesse (sous pseudonyme) notamment avec Jean Nohain. Mort accidentelle.

Trois joyeux compagnons reviennent des Etats-Unis en transatlantique jusqu'au Havre. Fontable, reporter parisien de "la Voix", Jacky, un jeune acteur de cinéma et Jim Horder, ex-matelot de la marine américaine désirent se rendre au plus vite dans la capitale française. Pourtant, le mystère naît et s'épaissit lorsqu'ils n'arrivent ni à téléphoner, les lignes étant toutes coupées, ni à prendre un avion, les départs étant annulés, ni à  accéder au train pour les mêmes raisons. En désespoir de cause, ils hèlent un taxi qui les transportera au plus vite jusqu'au siège du journal. Mais une surprise les attend dès leur entrée en ville. Les quatre hommes parcourent rues après rue sans rencontrer âme qui vive, sans croiser d'autres voitures, sans qu'aucune vie urbaine ne se manifeste. Tout Paris semble profondément endormi:
"Après avoir traversé les zones populeuses de la grande banlieue parisienne, plus l'auto qui transportait le journaliste et ses deux compagnons, se rapprochait de Paris, plus elle semblait s'enfoncer dans le désert. Lorsqu'ils eurent franchi les portes de la capitale, les trois amis eurent l'impression de se trouver dans une ville inhabitée, dans une ville morte. Il pouvait être environ midi: il n'y avait pas un passant dans les rues, pas une voiture, pas un chat; toutes les boutiques, tous les cafés étaient fermés, tous les stores baissés, tous les volets poussés... Tout était calme, vide et désolé."
Intrigués, et soupçonnant un événement de taille, même à la rédaction de "la Voix", ils trouvent les collègues de Fontable inertes, hormis Constantin, un vieux garçon de bureau poussé sur la bouteille, qui n'a pu leur expliquer la cause du curieux phénomène. Ils reprennent donc leur périple à travers divers quartiers de la ville jusqu'à apercevoir, dans la rue d'Hauteville, un singulier vieillard, au comportement bizarre, qui, agité et souriant, ausculte certains gisants, leur tapote la poitrine et éclate de rire sporadiquement:
"Glissant le long des murs, il se rapprocha peu à peu de l'homme. Il parvint bientôt à distinguer ses traits: c'était un petit vieillard à barbiche grisonnante, vêtu d'une sorte de redingote, coiffé d'un chapeau noir, et le nez chaussé d'une paire de lorgnons qui tremblaient à chaque pas qu'il faisait. Son costume était élimé, sale, rapiécé, ses souliers étaient éculés, et son pantalon en accordéon. Il portait à la main une paire de gants beurre frais flambants neufs. Il marchait tantôt sur un trottoir, tantôt sur l'autre, et entrait dans chaque maison."
Soudain, une camionnette arrêtée près d'une bijouterie et des hommes qui y chargent diverses caisses font supposer au journaliste d'assister à un vol de grande envergure. Il est aussi témoin de l'enlèvement du vieillard, jeté ligoté au fond de la camionnette. Celle-ci repart, suivie par le taxi, et s'arrête près d'un terrain d'essai à Issy-les-Moulineaux où se trouve un avion prêt à prendre le large. Renvoyant ses amis à Paris pour enquêter sur l'insolite phénomène, Fontable se charge de la surveillance des malandrins.
Dans la capitale, les gens se réveillent brusquement. La police est sur les dents. Elle vient d'enregistrer plus de cinq cents vols commis dans des banques et bijouteries; c'est le casse du siècle! Elle envisage l'hypothèse d'un endormissement généralisée de la capitale par des gaz somnifères. C'est d'ailleurs la thèse qu'avancera notre vieillard, découvert par Fontable dans une maison abandonnée, proche du terrain d'aviation. Toujours aussi agité et au bord de la crise de nerfs, celui-ci lui révèlera être un savant, du nom de Panowski, inventeur d'un narcotique ultra-puissant, qu'il avait mis au point pour éradiquer la guerres en endormant les belligérants sur le champ de bataille;
"Partout, on ne vous parle que de gaz asphyxiants, de rayons qui tuent, ou de bombes microbiennes. La prochaine guerre, Monsieur (...) sera une guerre scientifique: la guerre chimique, la guerre microbienne. Vous imaginez cette chose atroce; grâce à tous les engins, grâce à tous les appareils qu'on est en train de fabriquer, et de mettre au point, tout le monde sera tué avant de s'en apercevoir... la surface de la terre, Monsieur, sera littéralement nettoyée...."
Il était en proie à une exaltation frénétique. Il avait lâché Fontable et, tout en parlant, il marchait de long en large dans la pièce, en poussant des cris gutturaux et en balayant l'espace de ses deux bras".
De retour à son appartement parisien avec le journaliste, le vieillard délirant s'aperçoit qu'on lui a aussi volé sa formule. Mais Fontable soupçonne que Panowski ne lui a pas dit toute la vérité. Le remettant entre les mains de Jacky et allant enquêter du côté de l'Institut, il y apprend que le professeur Panowski y est un parfait inconnu. Par contre, il tombe sur un entrefilet de "la Voix", qui cite un certain professeur Maiserelle comme l'inventeur de "l'électro- narcose". Il se rend au domicile de Maiserelle qu'il trouve ligoté dans son bureau. Celui-ci lui apprend que c'est son procédé qu'ont employé les malandrins, dont Panowski était le complice, dirigés par un certain monsieur "Lechef". N'ayant pu soudoyer le véritable savant, Lechef l'a capturé et a utilisé sa machine pour endormir Paris. Alors que Maiserelle destinait son invention à soulager les malades, Lechef et sa bande y ont vu le moyen de s'approprier les richesses d'autrui.. Quant au vieillard, il a pensé être à l'origine du phénomène d'endormissement,  en ayant inventé la formule d'un narcotique imaginaire. Les contorsions ultimes de ce dernier fournissent d'ailleurs à Fontable la preuve irréfutable de la folie dont il est frappé:
"Lorsque Fontable, accompagné cette fois du professeur Maiserelle, retourna rue de la Pompe, la crise de désespoir du "professeur" Panowski était complètement et définitivement passée.(...) Il était retombé dans son absurde rêverie. Il divaguait doucement. Il disait qu'il était le roi, l'empereur, le maître tout-puissant des cinq parties du monde. Il voyait l'univers à ses pieds; l'univers lui offrait des fortunes gigantesques, des milliards et des milliards de francs, de dollars et de livres sterling, pour lui acheter son invention; mais lui, insensible à ce mirifiques propositions, repoussait l'univers d'un geste excédé..."
Ainsi, le mystère s'était éclairci. Panowski fut confié aux mains expertes des neuro-psychiatres. De Lechef et de sa bande de brigands, il n'en fut plus question. Fontable, maintenant célèbre, devint rédacteur en chef de son journal. Et le professeur Maiserelle put reprendre ses travaux en tout quiétude. Quant à ses amis... mais pourquoi, diable, avait-il eu besoin d'amis?...
Un roman pour adolescents qui tient beaucoup de la nouvelle. Un papier épais, une double interligne, des lettres en gros caractères, une intrigue linéaire, un savant fou en prime et une fausse piste,  le destinent sans ambiguïté à un public jeune. La seule petite infraction à la morale du roman populaire est que cette fois-ci, le crime a payé: jamais l'on ne retrouvera l'argent du vol! En conclusion, un texte facile, d'un abord agréable, qui devait plaire aux lecteurs de douze ans d'âge.


couverture du roman "la Capitale endormie ou le narcotique N°23"
une couverture colorée pour ce roman pour la jeunesse
 
 
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