l'Odieux tout-puissant - destination-armageddon

Aller au contenu

Menu principal :

l'Odieux tout-puissant

les oeuvres > FINS DU MONDE, FINS DE L'HUMANITE

l’Odieux tout-puissant par Georges Le Gloupier, la Brigandine éd., 1981, 1 vol. broché , in-12 ème , 188 pp. couverture illustrée (photo José Tavera). roman d’expression française
1 ère  parution : 1981
guerres futures 1 –  fins du monde, fins de l'humanité


Georges LE GLOUPIER

(1945-) De son vrai nom Noel GODIN , dit "l'entarteur". Agitateur anarcho-humoristique dont la spécialité est de flanquer des tartes à la crème au visage des personnalités qu'il méprise ou qu'il trouve être "de pompeux cornichons". Incidemment, il a beaucoup voyagé et touché à tous les arts (cinéma, littérature,  peinture...) toujours avec des constantes provocatrices.

Gérard Manvussa  petit truand paresseux et inapte au travail est coincé sur un boulevard à Paris. Il espère rentrer chez lui avant que l’orage n’éclate, bien qu’il n’ait pas un sou en poche. Il pense voler une voiture et se rabat sur un triporteur.
Les cris d’orfraie poussés par une concierge alertent la maréchaussée. C’est la poursuite infernale qui se conclura par une rencontre de calandres avec la voiture d’Emma. Grâce à cette jeune femme, tout aussi anti-conventionnelle que lui, Gérard échappe aux policiers. Il sent qu’Emma ne lui est pas indifférente et lui fixe un rendez-vous pour le lendemain dans son taudis en se rendant chez ses parents qu’il déteste. Comme c’est son anniversaire, ils ne pourront lui refuser quelques billets. Chez eux il apprend de la bouche de sa mère qu’il est né d’un autre père, un bonhomme vieux et curieux qu’elle n’a plus jamais revu mais qui l’a chargé en son temps de révéler à Gérard son origine et son identité.
Goguenard, Gérard se rend chez Simon Cussonnet qui l’attend. L’abominable vieillard connaît tout de lui et lui révèle l’extraordinaire vérité : Cussonnet est Dieu et, par conséquent son fils Gérard, également ; mais c’est un dieu paillard, jouisseur, fatigué des hommes qu’il a crées,  et qui envisage de prendre sa retraite. Se retirant du monde pour se consacrer exclusivement aux femmes, il délègue à Gérard sa toute-puissance.
Celui-ci de retour chez lui  prendra progressivement conscience de son pouvoir lorsque voulant arranger son taudis il lui suffit de le vouloir pour avoir. Ayant rendez-vous avec Emma ce jour même, il embellit son intérieur en y accrochant la Joconde qu’il fait disparaître in petto du musée du Louvre. Leur nuit d’amour est merveilleuse et Gérard ressent un trouble profond : pour la première fois, il est en train de tomber amoureux d’une femme. Lorsqu’il l’annonce à Emma, celle-ci reste très distante : elle ne croit pas à l’amour.
Profondément contrarié, l’Odieux tout-puissant, anarchiste et amoureux transi, se libère de sa mauvaise humeur en perturbant la vie sociale des humains. Après avoir envoyé la Tour Eiffel au sommet du Mont Blanc, il bafoue le président de la République lors d’une interview télévisée et, comme si cela ne suffisait pas, transfère la ville de Paris au bord du lac Titicaca :
" Paris se trouvait désormais au bord du lac Titicaca à cheval sur le Pérou et la Bolivie, à près de 4000 mètres d’altitude. Les banlieusards venant travailler dans la capitale ne découvrirent, à la place de celle-ci, qu’une vaste étendue désertique au bord de laquelle s’interrompaient brusquement routes et voies ferrées. Seule la Seine était toujours là, sans ces ponts. "
De tels bouleversements provoquent les prémices d’une guerre européenne, impossible à mener puisque Gérard transforme et les armes et les hommes :
" Les soldats, n’ayant plus d’officiers pour les commander, auraient alors pu peinardement rentrer chez eux. Ils n’en firent rien, s’associèrent entre ex-ennemis, se mirent à rançonner la population civile et se livrèrent, pour passer le temps, à d’affreux holocaustes sur celle-ci, décimant et détruisant des villages entiers avec d’autant plus d’allégresse qu’ils étaient assurés de ne pas subir de représailles. "
Agacé de voir les religieux évoquer Dieu à tout instant, il envoie sur orbite d’attente toutes les cathédrales, temples, mosquées qui jalonnent le monde, bientôt suivis par le pape lui-même :
" L’instant d’après, le palais papal tout entier, et avec lui tous ses occupants, du pape lui-même au plus insignifiant des gardes pontificaux, prenaient leur essor et décollaient, avec toute la lenteur convenant à la solennité du moment, pour rejoindre dans la stratosphère les temples arrachés au sol français. "

Enfin, il se décide de vivre dans la solitude avec la seule Emma, comme au début des temps, quand on jouait la pièce d’Adam et d’Eve. Alors, de par sa seule volonté, il abolit toute la création en faisant disparaître la totalité de l’espèce humaine, à l’exception d’Emma (et de Berthe on ne sait jamais!), qu’il rend immortelle.
Roman truculent, humoristique, au texte argotique lestement  troussé, " l’Odieux tout-puissant " se greffe sur le genre cataclysmique comme par hasard, et sans vraiment y toucher. Un petit roman très curieux.


couverture du roman "l'Odieux tout-puissant"
Encore un roman que , au vu de la couverture, l'on ne rattacherait certainement pas à notre thème!
 
 
Retourner au contenu | Retourner au menu