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l'Invasion sexuelle de l'Angleterre

les oeuvres > MENACES IDEOLOGIQUES

L’invasion sexuelle de l’Angleterre par Gawin Ewart, pp.46-62 in " Catastrophe, anthologie de nouvelles de SF anglo-saxonne ", Marabout éd., 1977, coll. " Bibliothèque Marabout " N°626, 1 vol. broché , in-12 ème , 182 pp. couverture illustrée. nouvelle d’expression anglaise (GB)
1 ère  parution : 1971   titre original : the sexual invasion of England
menaces idéologiques


Gawin EWART

(1916-1995) Poète anglais dont l'intérêt pour l'érotisme dépasse celui de la science-fiction, purement anecdotique. Né à Londres. Etudes à Cambridge. Attirance vers la poésie (plusieurs volumes parus). Intelligence, virtuosité, érotisme caractérisent celle-ci. De nombreuses anthologies proposent ses oeuvres.

En 2066, tout commença lorsque un commando de révolutionnaires « vénériens » s’empara du Roi et de la Reine d’Angleterre, les soumettant aux derniers outrages :
« Le meneur de jeu se tenait à présent debout sur un petit tabouret devant Sa majesté, tandis que ses deux assistants se trouvaient aussi près que possible de la chaise, sur ses côtés. Chacun des aides prit alors une main de la Reine et la posa avec respect sur son membre dressé et guilleret. Automatiquement, comme mue par une profonde impulsion féminine, avec des gestes de somnambule, les doigts de la reine commencèrent à caresser ses loyaux sujets, les frottant avec une extrême douceur. »
Ils savaient que lorsque l’on balaie un escalier, il vaut mieux commencer par les marches les plus hautes. L’attaque du Palais Royal fut suivie par la « Nuit des Jeunes Epouses », perpétrée par la Cinquième Colonne Phallique. Le 3 septembre de la même année, toutes les chambres à coucher furent prises d’assaut, les Epoux et les Epouses mises en des mains expertes. Pour des millions de jeunes Anglais, récemment mariés ou non, tout fut possible :
« Courbées sur les chaises, elles furent prises par derrière. Elles furent battues avec des brosses à cheveux, des fouets à chien, des chaussures à haut talon, dans une symphonie de sadisme et de masochisme. Elles montèrent sur leurs amants comme des proues de navires ; les léchèrent comme des chiennes ; expérimentèrent les positions les plus incroyables; firent assurément l’amour de plein cœur, donnant libre cours à leurs désirs, les plus secrets, jusqu’ici cachés. »
Le lendemain, tous gardèrent de cette soirée une nostalgie ardente qui se reflétait dans les comportements. Ils étaient prêts à suivre le nouvel Evangile qui venait de faire son apparition chez les libraires appelé « le grand Livre des Perversions». Mais le jour où tout bascula véritablement, fut le jour « F », pour « Fornication ». Les Vénériens s’étaient emparés des médias, augmentant significativement leur audience. Ils organisèrent et planifièrent la plus grande orgie du monde, devant absolument convaincre les classes moyennes anglaises, les plus réactionnaires,  de la justesse de leur point de vue :
« Les hommes de quarante-cinq ans enlacèrent de bon cœur les jeunes filles de dix-sept ans, se jetant dans une forêt blanc et brun de seins et de jambes. Les femmes de quarante et cinquante ans s’enchevêtrèrent avec enthousiasme avec les garçons lascifs et adolescents, éperdus de désir et de joie. Ce fut une magnifique nuit de stupre. Tout y était permis. »
A partir de ce moment-là suivirent les réformes politiques : tout ce qui allait dans le sens d’une diminution du plaisir fut interdit ou contingenté : l’alcool, les cigarettes, le travail excessif. Par contre, on mit en vente libre des pilules aphrodisiaques et des machines à masturber. Même les pièces de théâtre classique, comme Roméo et Juliette, intégrèrent  des scènes sexuellement explicites. La prostitution disparut. La religion elle aussi qui, au départ regardait d’un œil inquiet toutes ces nouveautés, y trouva son compte. Le changement profond des mœurs prouva la réussite irréversible de la Révolution Sexuelle :
« Dans la bonne société, le port de dessous intimes devint même facultatif. Certaines jeunes filles préféraient voiler leurs mystères ; d’autres, au contraire, les arboraient ouvertement. Celles qui désiraient attirer un partenaire hésitant ou provoquer un esclandre viril, teignaient leur toison d’amour en rose, en bleu ou en vert. Ce n’était, bien sûr, que le début, mais c’était déjà pour les clases moyennes britanniques un grand pas en avant. »
Une nouvelle jouissive, ironique, irrévérencieuse. Relève-t-elle du thème cataclysmique ? A chacun d’en juger  selon ses opinions et croyances.



couverture de l'anthologie "Catastrophe", Marabout
couverture de l'anthologie de Jakubowski d'où est extraite notre nouvelle
 
 
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